Le directeur général d’IDE Trois-Rivières, Mario De Tilly, et le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche.

Prêt au décollage pour l’aérogare: appui de la population et bruit acceptable

Trois-Rivières — Avec le projet d’une nouvelle aérogare de 12 millions de dollars pour remplacer la construction actuelle qui date de 1963, la Ville et Innovation et Développement économique (IDE) Trois-Rivières peuvent compter sur l’appui de la population et des études d’impacts sonores rassurantes pour aller de l’avant.

À la lumière d’un sondage mené par la firme ST Marketing au cours de l’automne, une grande majorité des quelque 700 répondants trouvent avantageux qu’une ville comme Trois-Rivières ait un aéroport (87 %) et se disent en faveur de son développement s’il permet le déplacement de travailleurs (88,4 %).

Les gens appuient également les dessertes vers une ville comme Toronto (84,3 %) et 81,6 % des citoyens sont favorables à des vols vers des destinations soleil (81,6 %). Or, dans tous les cas, le taux d’approbation est encore plus fort chez les répondants résidant à proximité, ce qui se comprend «quand on n’est pas loin d’un départ pour Cuba», souligne le maire Jean Lamarche.

Chez IDE Trois-Rivières, on veut non seulement consolider la fonction industrielle du parc industriel aéroportuaire, mais aussi offrir des vols passagers pour le nord du Québec et vers les grands centres urbains comme Toronto.

Parallèlement au sondage d’acceptabilité sociale, IDE Trois-Rivières a mandaté la firme d’ingénierie WSP de mener une étude sur les impacts sonores des activités aéroportuaires dans le voisinage immédiat.

Durant quatre jours, en juillet dernier, des mesures ont été réalisées à cinq endroits différents, soit sur le site du Club de golf Les vieilles forges, où un projet de développement domiciliaire est prévu, et dans le secteur Pointe-du-Lac. L’objectif était d’évaluer les courbes de niveau de bruit NEF (Noise Exposure Forecast) des activités actuelles et projetées.

Selon le rapport de la firme d’ingénierie, la contribution sonore des aéronefs est inférieure au bruit résiduel, comme la circulation routière, les activités humaines et la faune.

Alors que Transports Canada déconseille la construction d’habitations dans les zones supérieures à NEF25, l’étude confirme qu’aucune résidence autour de l’aéroport ne dépasse cette limite. Et puisque le futur développement sur le site du terrain de golf se trouvera dans la zone NEF10 à NEF15, aucune disposition spéciale n’est donc nécessaire.

Le 26 octobre dernier, près de 5000 personnes ont visité l’aéroport lors d’une journée portes ouvertes, à la grande satisfaction des autorités municipales et économiques. En plus d’explorer le côté piste, un accès habituellement interdit, les visiteurs ont pu rencontrer une douzaine d’entreprises et d’organismes de l’aéroport, en plus de jeter un coup d’œil à l’intérieur d’un hangar d’AAR, services d’aéronefs, le plus important MRO (maintenance, repair and overhaul) en Amérique. Une vingtaine de personnes ont également été les heureux gagnants de tours d’avion.

«Le parc aéroportuaire, c’est 500 travailleurs et des retombées économiques de 92 millions de dollars», a fièrement indiqué le directeur général d’IDE Trois-Rivières, Mario De Tilly.

Par ailleurs, celui-ci a expliqué que l’aérogare actuelle doit absolument subir d’importants travaux pour être maintenue en état. En ce sens, son organisme travaille depuis plusieurs années sur un projet d’agrandissement, qui permettrait d’accueillir les services de l’Administration canadienne de la sûreté du transport aérien et d’offrir des vols passagers. Évaluée à 12 millions de dollars, la nouvelle aérogare serait certifiée LEED, avec une faible empreinte carbone.

D’ailleurs, l’enjeu environnemental sera une priorité à toutes les étapes du projet, assure-t-il. «Prendre l’avion est une activité qui génère beaucoup d’émissions de gaz à effet de serre et nous en sommes bien conscients. Mais considérant que les citoyens prendront probablement l’avion d’une manière ou d’une autre, comment pouvons-nous diminuer cette empreinte environnementale ? Nous travaillons actuellement sur un projet de fonds vert qui visera justement à réduire l’impact de ces activités», a fait savoir M. De Tilly.

Pour sa part, le maire Jean Lamarche se dit confiant de donner la première pelletée de terre pour le projet de nouvelle aérogare d’ici la fin de l’année 2020.

«Ce rapport envoie le message clair que le parc aéroportuaire bénéficie de l’acceptabilité sociale nécessaire à son développement. L’importance de cette infrastructure est indéniable et l’appui des gouvernements est essentiel», soutient celui qui s’attend à l’appui des gouvernements fédéral et provincial alors que la Ville a réservé trois millions de dollars au projet dans son Plan triennal d’immobilisations, dont un million de dollars en 2020.