Patrick Lupien, coordonnateur de la Filière mycologique de la Mauricie et François de Grandpré, professeur à l’UQTR.

Premier sommet sur le mycotourisme

TROIS-RIVIÈRES — Le préfet de la MRC de Kamouraska, Yvon Soucy, aime les champignons, du moins, il les a en haute estime. C’est qu’une nouvelle forme de tourisme forestier, le mycotourisme, contribue de façon importante à revitaliser le secteur du Parc régional du Haut-Pays, chez lui, qui regroupe des municipalités à vocation surtout forestière. «C’est un créneau porteur d’avenir», constate-t-il.

M. Soucy était de passage à l’Université du Québec à Trois-Rivières, mardi, afin d’annoncer, en compagnie de Patrick Lupien, coordonnateur de la Filière mycologique de la Mauricie et de François de Grandpré, professeur à l’UQTR, la tenue du tout premier Sommet du mycotourisme au Québec, le jeudi 28 février, sur le campus de l’université trifluvienne.

M. Soucy, qui est également président du Regroupement des communautés forestières de la Fédération québécoise des municipalités, souligne que «l’on voit les nouvelles économies de la forêt comme étant des possibilités pour nos communautés de diversifier leur économie et de pouvoir continuer à se développer.»

«Au Québec, actuellement, il y a environ 220 communautés qui dépendent exclusivement de la forêt», dit-il.

L’an dernier, un premier forum d’économie forestière a donné lieu à une étude qui a démontré «que toutes les nouvelles économies de la forêt représentent 2 milliards $ dans l’économie du Québec», souligne le préfet de Kamouraska.

À la suite d’un voyage exploratoire en Espagne, l’automne dernier, au cours duquel des personnes et organismes de la filière mycologique du Québec ont pu explorer le tourisme mycologique qui se pratique dans ce pays, un partenariat est né entre la Filière mycologique de la Mauricie, BioTerra (Saguenay-Lac-Saint-Jean), Adapterre (Lanaudière), l’Association pour la commercialisation des produits forestiers non ligneux (Joliette), la région du Kamouraska, ainsi que l’UQTR et tout particulièrement le professeur de Grandpré du département d’études en loisir, culture et tourisme.

C’est de ce partenariat que découle, donc, le tout premier Sommet du mycotourisme.

Comme l’explique Patrick Lupien, le sommet gravitera autour de trois thèmes.

«On va toucher entre autres à tout ce qui est profil de la clientèle, à qui on s’adresse et qui vient visiter. Par exemple, en Mauricie, on a plus de 50 activités par année et il y a différentes clientèles. Ça se fait en famille, en couple ou entre amis. On veut aussi voir si les gens sont prêts à faire une grande distance pour ça et s’ils séjournent en plus», dit-il.

Le sommet va également examiner la question de la sécurité du public parce que tous les champignons forestiers ne sont pas comestibles. «On va parler de qualification des intervenants», précise M. Lupien. Le troisième thème, lui, visera «à structurer le mycotourisme au Québec à la fois à même une région et aussi entre les régions pour éventuellement permettre d’avoir des forfaits touristiques un peu partout», résume le coordonnateur.

Il y a quelques mois, un recensement révélait qu’il existe plus de 120 organisations, dans toutes les régions du Québec, qui font du mycotourisme. Le sommet sera donc une occasion de les regrouper afin de créer des échanges.

«Accoler les mots champignons et tourisme pour voir quelle forme ça peut prendre, c’est le genre de discussion qu’on va avoir lors de cette rencontre», résume le professeur François de Grandpré.

«C’est un chapeau qui est très large», fait-il valoir. Écotourisme, tourisme d’apprentissage, agrotourisme, tourisme gourmand, tourisme d’aventure, plusieurs mots, peut-être tous, pourront peut-être définir ce tourisme émergent ou s’y accoler.

«Au Québec, plus de la moitié des séjours qui sont faits par des Québécois au Québec incluent la présence de parents et d’amis pendant le séjour», indique le professeur de Grandpré. «À la question: ‘‘Qu’est-ce qu’on fait en fin de semaine avec la visite?’’, le mycotourisme pourrait être une réponse», suggère le chercheur.

Il s’agit, dit-il, «d’un marché qui est très peu connu et qui mérite d’être exploré.»

Le Kamouraska, pour un, est bien parti. La région compte déjà une cinquantaine d’intervenants en mycologie et tiendra, en septembre, la cinquième édition de son Festival des champignons forestiers du Kamouraska.