Un homme de 46 ans a perdu la vie dans un accident qui serait survenu au cours d’une poursuite policière, samedi, sur l’autoroute 40 à la hauteur de Maskinongé.

Poursuite policière mortelle à Maskinongé: «C’est une bonne pratique»

TROIS-RIVIÈRES — Au lendemain du décès d’un homme suicidaire dans une poursuite policière sur l’autoroute 40, samedi, à Maskinongé, les questions sont nombreuses. Plusieurs internautes se sont notamment interrogés sur la pertinence d’avoir laissé cet homme être hébergé par un proche après avoir obtenu son congé de l’hôpital vendredi. Or, cette pratique n’est pas mauvaise en soi, selon un intervenant.

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Patrice Larin, directeur général du Centre de prévention du suicide Accalmie (CPSA), précise ne pas pouvoir commenter le triste événement survenu samedi. Il lui semble toutefois prématuré de pointer du doigt le centre hospitalier pour ne pas avoir gardé l’individu entre ses murs.

«D’amener une personne chez un proche, c’est une bonne pratique, soutient-il. Au CPSA, on favorise le rétablissement des gens dans la communauté.»

Il rappelle également que les hôpitaux ne peuvent généralement pas garder un patient contre son gré. «Les gens sont libres de recevoir des soins ou non», précise M. Larin. De plus, chaque cas est unique et il n’existe pas de recette miracle pour empêcher quelqu’un de passer à l’acte, ajoute-t-il. «Des personnes suicidaires, on en retrouve dans toutes les strates de la population. C’est difficile de dire qu’il faudrait uniformiser à une seule pratique.»

Précisons cependant que si, d’après la police, l’homme de 46 ans décédé samedi avait tenu des propos suicidaires la veille, son décès n’est peut-être pas le résultat d’un geste volontaire. En effet, dans un communiqué, le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) indique qu’une fois la poursuite policière entamée, «un tapis clouté aurait alors été déployé et l’automobiliste fuyard aurait, à ce moment, perdu le contrôle de son véhicule».

S’il ne peut guère commenter ce qui s’est produit samedi, Patrice Larin rappelle l’existence et l’importance du numéro 1-866-APPELLE, qui ne s’adresse pas qu’aux personnes suicidaires. «Ça s’adresse aussi aux proches de personnes suicidaires et aux personnes endeuillées. C’est un numéro qu’on peut appeler en toutes circonstances», assure-t-il.

«C’est aussi important d’aller chercher le soutien de son entourage. D’en parler ouvertement, ça envoie le message à l’autre personne: tu es importante pour moi et je m’intéresse à toi», ajoute-t-il.

Enquête du BEI

Rappelons que samedi avant-midi, la Sûreté du Québec aurait été appelée pour localiser un homme de 46 ans, auprès duquel des policiers seraient intervenus la veille puisqu’il tenait des propos suicidaires, à Louiseville. Selon un communiqué du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI), il aurait été hébergé par un membre de sa famille à sa sortie de l’hôpital, mais le quadragénaire aurait quitté les lieux en voiture, le lendemain. Il aurait été localisé par une policière, mais au moment de l’intercepter, l’homme aurait pris la fuite, roulant à très haute vitesse sur l’autoroute 40 en direction ouest. Un tapis clouté aurait été déployé et l’homme aurait alors perdu le contrôle de son véhicule, percutant le terre-plein de l’autoroute. Son décès a été constaté à l’hôpital.

Puisque ce décès est survenu dans le cadre d’une intervention policière, le BEI a été chargé de mener une enquête sur les circonstances de l’accident. Huit enquêteurs ont été envoyés sur place et devaient arriver en après-midi, samedi. Deux experts en reconstitution de collision du Service de police de la Ville de Montréal doivent travailler sous leur supervision.

Le BEI demande aux gens qui auraient été témoins de cet événement de communiquer avec lui via son site internet, www.bei.gouv.qc.ca.

En raison de l’accident et de l’enquête, l’autoroute 40 a été complètement fermée en direction ouest, à la hauteur du rang de la Rivière Sud-Est, pendant plusieurs heures, samedi.

Les automobilistes ont dû emprunter la route 138, de la sortie 166 à la sortie 155, un détour d’une heure en raison de la densité de la circulation.