Sylvie René et Yves Blais souhaitent de tout cœur savoir ce qu'il est advenu de Mélissa Blais.

«Pourquoi elle?»

YAMACHICHE — Un an après la disparition de Mélissa Blais, la douleur est toujours aussi vive chez ses proches. En plus d’endurer une grande peine, ils sont rongés par des questionnements incessants sur ce qui a bien pu lui arriver. L’incompréhension la plus totale règne.

«Ça fait un an et c’est encore l’incompréhension et la peine. C’est encore le pourquoi. Pourquoi elle? Pourquoi ce soir-là? Pour quel motif? On ne le sait pas. On ne sait pas pourquoi. On en est là et on n’avance pas. Et l’enquête a l’air de tourner en rond», déplore Manon St-Pierre, la demi-sœur de Mélissa. «Après qu’elle soit sortie des 2 dés [un bar à Louiseville, NDLR], il n’y a plus rien. Plus de son, plus d’image. À part un dernier signal cellulaire près de la Petite rivière du Loup. Après ça, plus rien», mentionne Yves Blais, son frère.

L’anniversaire de sa disparition vient raviver toute cette douleur. «Un an plus tard, c’est aussi vif et même un peu plus. C’est un an d’attente et pas de réponse. C’est difficile de réaliser que ça fait un an et qu’on n’a toujours rien. Pas un indice. Rien du tout», soupire Sylvie René, belle-sœur de Mélissa.

Pour sa famille, il est clair que la jeune femme, âgée de 34 ans au moment de sa disparition, a été victime d’un acte criminel. «On se dit que si on ne trouve rien, c’est parce que quelqu’un a quelque chose à cacher. Si cela avait été un accident, le véhicule aurait déjà été trouvé», croit M. Blais.

La famille espère que quelqu’un va finir par parler. «Après un an, pour moi, c’est autant difficile. Au début, c’est l’inquiétude. On veut la retrouver, c’est l’adrénaline. Mais après le temps passe, c’est tout le reste des émotions qui remontent. Il y a la peine qui va toujours rester là, mais il y a aussi la colère et la rage parce qu’il y a quelqu’un, quelque part qui sait quelque chose, et cette personne-là ne parle pas. Plus le temps avance, plus la rage est grande», lance Mme St-Pierre. «Ce qui me fâche c’est qu’on ne trouve rien. On n’a pas d’indice. Yamachiche et Louiseville, ce n’est pas très grand. Beaucoup de personnes se connaissent. Et il n’y a personne qui a quelque chose à dire? À 2 h 15, il n’y avait plus personne dans la rue à Louiseville?», se questionne Mme René.

La famille a entrepris des recherches dans l’espoir de la trouver, mais en vain. «On a presque fait la Mauricie au complet et une partie de la région de Lanaudière aussi. Un moment donné, on ne sait plus», déplore Mme René.

Chaque fois qu’un corps est trouvé dans la région, leur cœur s’arrête. Ce fut le cas lorsque Ophélie Martin-Cyr a été retrouvée dans un champ de Yamachiche. «C’est comme une grosse vague qui t’emporte. C’est un gros stress. Ç’a l’air sans cœur ce que je vais dire, mais tu espères que ce soit elle pour pouvoir tourner la page, mais en même temps, tu es tellement soulagée quand tu apprends que ce n’est pas elle, parce que tu ne veux pas qu’elle soit décédée, tu ne veux pas que ce drame soit arrivé dans sa vie», explique Mme René.

Après tout ce temps, la famille est consciente que la possibilité que Mélissa soit retrouvée vivante s’amenuise chaque jour. «Je n’aime pas m’entendre dire ça. Mais si on y va avec la logique, ça fait un an... Elle est quelque part, mais la retrouver vivante, pour moi, c’est presque nul. Mais au moins la retrouver...», plaide Mme St-Pierre. «Un an plus tard, on ne s’attend pas de retrouver quelqu’un de vivant, mais la retrouver oui, pour qu’on puisse faire notre deuil, et avoir une réponse à toutes les questions qui nous envahissent chaque jour depuis un an», espère Mme René.

Dans ces circonstances, difficile de faire un deuil. «C’est impossible de faire un deuil. Le deuil ne se fera jamais tant et aussi longtemps qu’on n’aura pas retrouvé Mélissa. Je n’arrêterai jamais de la chercher parce que je pense qu’aucun être humain ne mérite ça. Pour la famille, pour ses enfants, on a le droit d’avoir des réponses. Le deuil non. Jamais», lance Mme St-Pierre. Elle est toutefois consciente que des familles n’ont jamais retrouvé leur proche. «Je sais que ça peut arriver qu’on ne la retrouve jamais. Mais je n’arrêterai pas de la chercher. Je n’arrêterai pas de parler d’elle. Je ne peux pas laisser Mélissa dans l’oubli.»

L’année a évidemment été très pénible. Chaque réunion familiale ravive la plaie. Chaque jour sans elle met en relief son absence. «C’est une femme de famille. C’est une amie qui va toujours me manquer, souligne, en pleurs, Mme René. Sa joie de vivre me manque.»

Rappelons que Mélissa Blais a quitté sa maison de Yamachiche vers 19 h, le 1er novembre 2017. Elle s’est d’abord rendue au bar La Terrasse, sur le boulevard Saint-Laurent Est, à Louiseville. Par la suite, elle est allée à la Brassette L’Ami, sur l’avenue Saint-Laurent. Elle a terminé la soirée au bar Les 2 dés, aussi sur l’avenue Saint-Laurent. Elle aurait quitté les lieux vers 2 h 10. Un dernier client est parti peu de temps avant elle. Mais il a un alibi. Il a pris un taxi. Le véhicule de Mélissa était stationné sur l’avenue Saint-Laurent, non loin du bar Les 2 dés. Il n’a jamais été trouvé. Un dernier signal cellulaire a été capté à 2 h 14 près de la Petite rivière du Loup, vis-à-vis le pont.

Mélissa Blais, 34 ans au moment de sa disparition, a été vue pour la dernière fois dans la nuit du 1er au 2 novembre, à Louiseville.

Taille : 1, 70 m (5 pi 7 po)

Poids : 66 kg (145 lbs)

Cheveux : bruns

Yeux : verts

Sa voiture est de marque Toyota, modèle Corolla, année 2011 de couleur noire, quatre portes, immatriculée : Y70 FAD. 

Toute information peut être communiquée au 1 800 659-4264.