Mélanie Mongrain, intervenante à la résidence Entre-Deux, Claude McKinnon, organisateur et Sarah Milot, résidente, ont mis la main à la pâte afin d’organiser une soirée d’humour qui servira à amasser des fonds qui serviront à améliorer la qualité de vie des résidents de l’endroit.

Pour une meilleure qualité de vie

Trois-Rivières — Après avoir traversé une période trouble l’automne dernier en raison de problèmes financiers, un vent de positivisme souffle présentement sur la résidence pour personnes handicapées Entre-Deux de Trois-Rivières. La tenue d’une soirée d’humour, le dimanche 8 avril à la bâtisse industrielle, afin d’amasser des fonds qui serviront à mettre en place des moyens pour offrir une meilleure qualité de vie aux résidents n’est pas étrangère à ce revirement de situation.

C’est une des intervenantes faisant partie de l’équipe de cette résidence depuis une dizaine d’années, Mélanie Mongrain, ainsi que son conjoint, Claude McKinnon, qui ont eu l’idée de mettre sur pied cette initiative. Désireux que les résidents puissent bénéficier d’infrastructures ou de moyens afin de passer du bon temps entre eux, le couple a sondé l’intérêt des résidents, de leurs proches ainsi que des collègues de Mme Mongrain afin de connaître leur intérêt à s’impliquer dans le projet.

«Nous voulions faire quelque chose, mais nous ne voulions pas être seuls là-dedans», indiquent-ils avant de préciser que la réponse des personnes approchées a été très positive. Certains parents de résidents ont d’ailleurs déjà vendu plus d’une trentaine de billets. Jusqu’à maintenant, environ 200 personnes ont acheté leur laissez-passer pour assister au spectacle qui mettra notamment en vedette Christopher Williams, Mathieu Gratton et Jean-François Bélanger.

L’une des résidentes approchées, Sarah Milot, était tout particulièrement intéressée par la proposition de celle qu’elle appelle affectueusement «Mom». Étudiante en Technique de loisir au Collège Laflèche, la jeune femme de 23 ans aux prises avec une paralysie cérébrale qui la force à se déplacer en fauteuil roulant depuis sa tendre enfance tenait à mettre à profit les connaissances qu’elle a acquises ainsi que sa passion pour ce domaine. D’autant plus qu’elle est bien au fait des besoins à l’intérieur de la résidence qu’elle habite depuis deux ans.

«Nous sommes comme une famille ici. Ça serait bien de pouvoir avoir des moyens pour faire des activités ou un endroit pour pouvoir passer du temps ensemble. Je suis sensible à nos besoins», explique celle qui s’est notamment occupée de la promotion de l’événement. À la blague, elle lance que ses collègues de classe devaient la trouver un peu agaçante depuis quelques semaines. Par ailleurs, plusieurs d’entre eux seront présents dimanche soir et d’autres ont même décidé de s’impliquer bénévolement dans l’organisation.

Lorsque la situation est devenue problématique l’automne dernier et qu’il a même été question de fermeture, Sarah avoue qu’elle et ses voisins étaient très nerveux et avaient peur pour la suite des choses. Pour certains d’entre eux, ce milieu constitue le seul moyen d’avoir une vie normale. Pour Sarah, il ne serait pas possible de pouvoir étudier dans le champ d’études qui la passionne. Vivant à La Tuque avec sa famille depuis qu’elle est âgée de trois ans, elle n’avait pas le choix de quitter le foyer familial pour poursuivre son parcours académique.

«Ce n’est déjà pas facile pour une personne qui n’est pas en fauteuil roulant de déménager en appartement, imaginez pour une personne dans mon état», lance-t-elle avec aplomb.

De plus, tous les résidents de l’endroit assisteront au spectacle. Cette soirée constituera donc une belle occasion de passer du temps ensemble à l’extérieur des murs de la résidence.

Une fois que la cagnotte que la soirée aura permis d’amasser sera comptabilisée, un comité, sur lequel siégeront notamment Mme Mongrain, M. McKinnon ainsi que Sarah, décidera à quoi servira cet argent.

Une belle implication du milieu
En plus des humoristes qui ont accepté de réduire considérablement leur cachet, plusieurs acteurs du milieu trifluvien ont contribué afin de diminuer les coûts reliés à la tenue du spectacle. Ayant déjà réservé la grande salle de la bâtisse industrielle tout le week-end en raison de la tenue des Gants de bronze, le Club de boxe Performance permettra aux organisateurs d’utiliser l’endroit ainsi que leurs installations après la tenue de la compétition. Plusieurs commerçants ont également offert divers cadeaux qui seront vendus dans le cadre d’un encan. Il est d’ailleurs déjà possible de miser sur certains items en se rendant sur la page Facebook de la grande famille des résidents Entre-Deux. Ces nombreux dons permettent aux organisateurs d’espérer amasser une somme importante. Ces derniers envisagent également d’organiser d’autres événements du genre dans le futur.

Il est toujours possible de se procurer des billets au coût de 20 $ en prévente auprès d’un résident ou d’un membre du personnel ou 25 $ à la porte le soir du spectacle qui débutera sur le coup de 19 h.