Marylène Ménard est la travailleuse sociale qui sera intégrée dès la mi-septembre à la Direction de la police de Trois-Rivières.

Pour une meilleure intervention en santé mentale à la police de Trois-Rivières

Trois-Rivières — La Direction de la police de Trois-Rivières pourra compter dès la mi-septembre sur une nouvelle ressource au sein de son équipe. En collaboration avec le CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec, le corps policier intégrera une travailleuse sociale dans le cadre d’un projet pilote de deux ans, afin de soutenir le corps policier au niveau des interventions auprès d’une clientèle ayant des problématiques en santé mentale ou encore en situation de vulnérabilité.

Selon le chef de police, René Martin, les appels en lien avec des problématiques de santé mentale sont en constante augmentation depuis 2014, tant à Trois-Rivières que partout au Québec. En 2018, ce sont plus de 800 appels auxquels les policiers ont dû répondre et qui touchaient une clientèle présentant des troubles de santé mentale ou alors en situation de crise ou de vulnérabilité.

En intégrant à ses services une travailleuse sociale, la Direction de la police de Trois-Rivières espère pouvoir arrimer les compétences de son corps policier à celles de cette spécialiste du milieu de la santé pour soutenir les policiers dans leurs interventions auprès de la clientèle en santé mentale. Du même coup, on espère orienter ces personnes vers l’offre de services du CIUSSS-MCQ afin d’éviter, lorsque c’est possible, d’en arriver à la judiciarisation de ces personnes pour qui une intervention différente permettrait un dénouement plus positif et pacifique.

Depuis les dernières années, la police de Trois-Rivières a mis en place différentes mesures pour ses interventions en santé mentale. En plus d’améliorer ses protocoles de transmission vers le milieu de la santé et la formation des agents du 911 pour évaluer les cas nécessitant d’être référés au service Info-Social, tous les policiers du corps de police ont reçu la formation en désescalade fournie par l’École nationale de police du Québec à Nicolet. Finalement, le corps policier peut également avoir recours à l’arme à impulsion électrique depuis 2018.

«Une intervention liée à la santé mentale ou à une personne en situation de crise représente, en général, une intervention moyenne de 1h40 par policier. Ces policiers sont toujours deux à intervenir dans de pareils cas. C’est beaucoup de temps, et c’est du temps que les policiers ne passent pas à patrouiller les rues de la ville ou à répondre à d’autres appels», constate René Martin, qui se dit convaincu que le projet pilote sera bénéfique pour les deux organisations.

Pour sa part, la travailleuse sociale Marylène Ménard s’est dite fébrile et impatiente de débuter sa nouvelle mission, afin d’outiller les policiers dans leurs interventions mais aussi d’intervenir sur le terrain auprès de la population à la suite d’interventions policières. Malgré l’ampleur de la tâche, la spécialiste se dit confiante d’arriver à des résultats intéressants.

«Tout le monde a la volonté de voir ce projet-là réussir. Chaque petit pas est important, et chaque petit changement qu’on va faire, c’est ce qui va faire une grande différence à la fin de ce projet pilote-là», croit-elle.

Ses interventions, indique Mme Ménard, permettront également de joindre une clientèle qui est parfois plus difficile à identifier pour le CIUSSS-MCQ. «D’avoir quelqu’un directement sur le terrain va permettre un repérage d’une clientèle qu’on a plus de difficulté à évaluer, à arrimer dans nos services et à maintenir dans nos services. Ça sera de s’assurer qu’il y ait une continuité et une cohérence avec l’offre de services», ajoute-t-elle.

Le projet sera réévalué dans deux ans. Si les résultats s’avèrent concluants, la présence de cette ressource pourrait bien devenir permanente à la police de Trois-Rivières, qui en assume les coûts à part égale avec le CIUSSS-MCQ.