Quinze voitures de patrouille de la police de Trois-Rivières seront munies d’un défibrillateur externe automatisé. On voit sur la photo Michèle Loranger, agente aux relations communautaires et aux relations publiques à la DPTR.

Pour sauver encore plus de vies

TROIS-RIVIÈRES — Chaque minute compte lors d’un arrêt cardiorespiratoire. Toute la chaîne des intervenants médicaux préhospitaliers peut en témoigner. Un maillon vient s’y ajouter à Trois-Rivières dans l’espoir encore une fois de réduire ces minutes, ces secondes avant que de l’aide soit prodiguée, et ultimement, de sauver encore plus de vies.

Ainsi, 15 défibrillateurs externes automatisés (DEA) seront installés dans autant de voitures de patrouille de la Direction de la police de Trois-Rivières (DPTR). Un 16e est situé à proximité du bloc cellulaire au quartier général. Un déploiement suffisant pour couvrir l’ensemble du territoire.

«Dans le cadre de leurs fonctions, les policiers se retrouvent fréquemment comme premiers intervenants sur des événements impliquant des causes médicales. Ainsi, lorsqu’une situation le nécessitera, et s’ils arrivent sur place avant les techniciens ambulanciers ou les premiers répondants, les policiers pourront utiliser un DEA lors d’une réanimation cardiorespiratoire. Cet outil supplémentaire permettra de réduire encore davantage les délais de réponse à certaines occasions et ainsi augmenter les chances de survie auprès de la population», a expliqué René Martin, directeur de la police de Trois-Rivières.

Ce déploiement de DEA est rendu possible grâce à une entente de partenariat entre la DPTR et le Centre intégré universitaire de la santé et des services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ).

Le but de cette implantation n’est pas de remplacer les ambulanciers mais d’être complémentaires, précise M. Martin. «Compte tenu que les patrouilleurs sillonnent l’ensemble du territoire de la Ville de Trois-Rivières, ceux-ci représentent une valeur ajoutée à la chaîne d’intervention préhospitalière dans une situation où une personne se retrouve en arrêt cardiorespiratoire.»

La police de Trois-Rivières et le CIUSSS MCQ étaient heureux d’annoncer la conclusion d’une entente qui permet le déploiement de défibrillateurs dans les autopatrouilles. Sur la photo, le Dr François Parent, codirecteur médical régional des services préhospitaliers d’urgence du CIUSSS MCQ, Jean-François Lupien, coordonnateur des services préhospitaliers d’urgence à la direction des services ambulatoires et des soins critiques du CIUSSS MCQ et René Martin, directeur de la police de Trois-Rivières.

Cette entente suscite l’enthousiasme autant du côté de la DPTR que du CIUSSS. «Je peux affirmer avec peu de doute que cette initiative va avoir des bénéfices positifs. Au Québec, les arrêts cardiorespiratoires sont une des premières causes de mortalité. Plus de 85 % de ces situations surviennent en dehors d’un hôpital, d’où la nécessité d’intervenir à l’extérieur», explique le Dr François Parent, codirecteur médical régional des services préhospitaliers d’urgence du CIUSSS MCQ.

Le RCR combiné à l’utilisation du défibrillateur augmente jusqu’à 65 % les chances de survie d’une victime d’arrêt cardiaque qui présente les caractéristiques propices aux conditions de réanimation, ajoute-t-il.

«Chaque année, en Mauricie-Centre-du-Québec, l’efficacité et la rapidité d’intervention de notre réseau actuel préhospitalier permettent de sauver près de 40 vies, la majorité sans séquelles», précise le Dr Parent.

Les policiers tentent aussi constamment d’améliorer ce bilan. D’ailleurs, le DEA est déjà présent dans les autopatrouilles de certains postes de la Sûreté du Québec. Depuis leur implantation, neuf victimes d’un arrêt cardiorespiratoire ont été sauvées dans la région grâce à l’intervention d’un policier au cours des dernières années. «Les programmes de formation en réanimation destinés aux policiers se multiplient et confirment leur apport», note le Dr Parent.

«Motivés par ces succès, on est maintenant emballé de munir les policiers de Trois-Rivières des mêmes outils et compétences. Ils pourront contribuer à améliorer davantage la rapidité des interventions auprès des victimes d’arrêt cardiaque pour la population de Trois-Rivières. Ils ajouteront un maillon important et essentiel à la chaîne préhospitalière, en collaboration avec les premiers répondants, les techniciens ambulanciers et le personnel hospitalier. Nous sommes fort heureux de ce partenariat dont l’objectif est de travailler ensemble pour la sécurité de la population», ajoute-t-il.

Près de 170 policiers de la DPTR recevront progressivement la formation spécifique de huit heures afin d’être en mesure d’utiliser adéquatement les DEA. Une recertification des connaissances et des compétences des policiers est prévue aux trois ans. «Pour le CIUSSS MCQ, cette initiative permettra assurément d’améliorer la réponse aux situations d’urgence, et par le fait même l’expérience des soins et services pour tous les citoyens de Trois-Rivières», a expliqué Jean-François Lupien, coordonnateur des services préhospitaliers d’urgence à la direction des services ambulatoires et des soins critiques du CIUSSS MCQ.

Le CIUSSS MCQ a reçu un financement de 40 000 $ du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) pour l’achat des appareils et pour la formation.