Les femmes médecins sont depuis cette année plus nombreuses que les hommes médecins, chez les médecins actifs au Québec.

Pour la première fois, il y a plus de femmes médecins que d’hommes médecins

MONTRÉAL — Les femmes médecins sont depuis cette année plus nombreuses que les hommes médecins, chez les médecins actifs au Québec.

Cette donnée ressort du bilan annuel de la profession médicale réalisé par le Collège des médecins du Québec.

Le 31 décembre 2017, il y avait ainsi 10 179 femmes médecins, soit 50,1 pour cent du total, et 10 134 hommes, soit 49,9 pour cent.

«Grande nouvelle pour moi: c’est la première fois au Québec, en plus d’avoir autant de médecins, que le nombre de médecins féminins dépasse le nombre de médecins masculins. Le plafond de verre est défoncé», s’est exclamé le docteur Charles Bernard, président-directeur général du Collège des médecins, au cours d’une entrevue lundi.

Les femmes représentaient déjà la majorité des étudiants dans les facultés de médecine, soit 63 pour cent; ce n’était donc qu’une question de temps avant qu’elles deviennent majoritaires chez les médecins actifs. Leur proportion augmente d’environ 1 pour cent par année.

Bien que les femmes médecins doivent parfois prendre des congés de maternité et s’occuper des tâches familiales en plus de travailler durant de longues heures, le docteur Bernard n’y voit pas de problème pour l’accessibilité aux médecins.

«Les maris ont des congés de paternité autant que les femmes ont des congés de maternité. C’est vrai, par contre, que les femmes, peut-être dans un certain nombre de cas, s’impliquent un peu moins ou font un peu moins d’heures, parce qu’elles ont des charges familiales. Mais où je vois qu’il y a une tendance, c’est qu’elles sont moins impliquées dans les activités autres que cliniques, dans les administrations» par exemple, a noté le docteur Bernard.

De façon générale, le Québec compte 261 médecins de plus qu’à pareille date l’an dernier, soit 23 187 médecins inscrits au tableau du Collège - actifs et inactifs réunis.

Régions

Certaines régions ont vu le nombre de médecins croître de façon plus marquée, notamment l’Outaouais, qui en a 36 de plus pour atteindre 702, la Montérégie, qui en a 52 de plus pour atteindre 2749, et Lanaudière, qui en a 40 de plus pour atteindre 834.

Mais il n’y en a pas plus en Estrie, où le nombre est resté stable à 920, et il y en a même cinq de moins à Montréal, avec 6892.

Omnipraticiens-spécialistes

Il n’y a toujours pas autant de médecins généralistes par rapport aux médecins spécialistes que le souhaiterait le Collège des médecins. Le Collège a déjà évoqué le souhait de voir une proportion de 60-40.

Mais selon le dernier relevé, il y avait 47,7 pour cent de médecins généralistes et 51 pour cent de médecins spécialistes. Le 1,3 pour cent qui reste a un permis restrictif ou un permis délivré dans le cadre de l’entente entre le Québec et la France.

Le docteur Bernard souligne que là aussi, la situation semble en voie de changer avec les nouvelles cohortes. «Soixante pour cent des jeunes ont choisi la médecine familiale», a-t-il noté. Il importe de souligner que le Collège des médecins et les facultés de médecine travaillent à redorer le blason de la médecine familiale depuis quelques années.

On dénombrait par exemple 1924 médecins spécialisés en médecine interne, 1238 en psychiatrie, 692 en radiologie diagnostique, 663 en chirurgie générale, 209 en dermatologie, 779 en anesthésiologie et 491 en cardiologie.

Âge

La moyenne d’âge des médecins est de près de 50 ans.

Chez les femmes, c’est dans la catégorie des 30 à 34 ans que l’on retrouve le plus grand nombre de médecins, soit 1666, puis 1569 chez les 35 à 39 ans.

Chez les hommes, c’est dans la catégorie d’âge des 60 à 64 ans que l’on retrouve le plus grand nombre de médecins, soit 1562, puis 1465 dans la catégorie des 55 à 59 ans.