Luc Bellemare, journaliste et animateur à RDS, est le président d’honneur de la campagne 2017 du Ruban blanc contre la violence faite aux femmes et aux filles du centre d’hébergement la Séjournelle.

Pour en finir avec la violence faite aux femmes

SHAWINIGAN — Lutter contre la violence faite aux femmes devrait être une priorité pour l’ensemble de l’humanité. C’est dans cette optique que la campagne du Ruban blanc a été créée pour que les hommes et les femmes puissent dénoncer ensemble toutes formes de violence faites aux femmes et aux filles. Dans la région, le centre d’hébergement pour victimes de violence conjugale la Séjournelle met sur pied une campagne de sensibilisation avec la participation de Luc Bellemare, un journaliste à RDS originaire de Shawinigan.

«Lorsqu’on m’a approché, ça m’a tout de suite touché», affirme d’emblée en entrevue Luc Bellemare. «J’ai une petite fille de six ans et je suis avec la même femme depuis vingt ans. Pour moi, la violence conjugale est quelque chose qui n’a pas sa place. Dans mon quotidien, c’est tellement loin de moi.»

L’animateur de Sports 30 Le Magazine sur RDS Info avoue avoir été fortement ébranlé lorsque Jean-François Daneault, intervenant jeunesse à la Séjournelle, lui a dressé un portrait de la violence conjugale en 2017. Jamais il ne s’attendait à ce qu’autant de femmes soient ainsi victimes de violence. 

«On parle beaucoup d’agressions sexuelles et d’intimidation, mais la violence conjugale est encore très taboue. Lorsqu’il m’a donné les statistiques et qu’on m’a dit que la Séjournelle est toujours occupée à 100 %, je n’en revenais pas», avoue M. Bellemare. «Comme homme dans un milieu d’hommes, c’est encore plus valorisant de faire connaître la campagne du Ruban blanc.»

De nombreux reportages dans les médias ces derniers mois démontrent tristement, selon Luc Bellemare, toute la pertinence de la campagne du Ruban blanc. 

«Ça démontre qu’il y a encore beaucoup de chemin et de la sensibilisation à faire. Avant d’en arriver à poser des gestes, il y a beaucoup de travail d’éducation à faire», croit le président d’honneur et porte-parole de la campagne du Ruban blanc de la Séjournelle. «J’ai aussi deux garçons de 12 et 9 ans. Il y a un travail d’éducation à faire avec eux et d’autres gars pour leur dire qu’avec les filles, c’est toujours le respect qui prône. Ça commence jeune cette éducation. Je veux donner l’exemple d’une belle relation saine avec ma conjointe pour que lorsque mes garçons seront en couple, ils vont savoir bien se comporter. Et ma fille va savoir que c’est l’égalité qui prime. Il n’y a pas de sexe fort et sexe faible. Nous sommes égaux.»

Ces valeurs d’égalité et de respect sont chères à Luc Bellemare, si bien qu’il ne pouvait refuser de s’impliquer auprès de la campagne du Ruban blanc. 

Cette campagne est d’ailleurs présente dans plus de 150 pays un peu partout sur la planète. Au Québec, elle a lieu du 25 novembre, Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, au 6 décembre, Journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes ainsi que le jour de la tuerie de l’École polytechnique de Montréal où 14 femmes ont été assassinées. Or, malgré le drame qui a marqué le Québec en 1989, la campagne du Ruban blanc n’est pas très connue. Pourtant, elle devrait être plus connue du public, estime Jean-François Daneault. C’est d’ailleurs ce que tente l’intervenant jeunesse de la Séjournelle en demandant à Luc Bellemare, une personnalité bien en vue du journaliste sportif, de participer à cette campagne annuelle. 

Cette implication de Luc Bellemare se traduit notamment avec la réalisation d’une vidéo où le journaliste prend la parole. «Si tout le Québec en parle, on va être heureux», soutient M. Daneault qui précise qu’une conférence de sensibilisation sera offerte aux élèves de cinquième secondaire de l’école Paul-Le Jeune de Saint-Tite. «Le Ruban blanc est un courant qui est parti d’hommes Canada, mais au Québec c’est les femmes qui font la promotion du Ruban blanc. C’est correct, sauf que ce mouvement vient d’hommes qui se sont mobilisés contre la violence faite aux femmes.»

Un voyage en Belgique a démontré à Jean-François Daneault que cette campagne profite de beaucoup plus de visibilité ailleurs sur la planète. «C’était incroyable. Il y avait de gros panneaux publicitaires du meilleur joueur de soccer belge qui était porte-parole du Ruban blanc», se souvient-il. «En 2017, il est temps pour nous les gars de se mobiliser contre la violence faite aux femmes et aux filles. Ce n’est pas parce qu’on est un gars qu’on est violent.»