Ann Carbonneau, secrétaire de la Coopérative hygiénistes dentaires Québec, France Lavoie, vice-présidente et responsable du projet Sourire mobile Mauricie, France Charland, bénévole, ainsi que Sylvie Tardif, coordonnatrice de COMSEP.

Pour des soins abordables

Trois-Rivières — Afin de permettre aux clientèles plus défavorisées d’avoir un meilleur accès à des soins d’hygiène dentaire, La Coopérative hygiénistes dentaires Québec lance un nouveau projet en collaboration avec l’organisme d’alphabétisation et de lutte à la pauvreté COMSEP. La clinique Sourire mobile Mauricie voit donc le jour et vise à rejoindre pas moins de 300 personnes par année dans la région.

Déjà, le projet pilote «Moi aussi je veux sourire» a été lancé afin de réunir une clientèle de 50 personnes qui seront suivies gratuitement pendant six mois, à raison de trois à cinq rendez-vous durant cette période, afin de les aider à améliorer leur hygiène dentaire. À la suite de ce projet pilote, la coopérative souhaite pouvoir joindre le plus de gens possible afin de devenir membre de cette coop et de pouvoir bénéficier de soins d’hygiène dentaire à très faibles coûts.

«On agit ici vraiment dans un objectif de prévention. On sait que les clientèles plus vulnérables, âgées ou en situation de pauvreté ont bien souvent moins facilement accès aux soins dentaires. On espère que par notre initiative, on puisse permettre une meilleure prévention pour ces personnes en les accompagnant et en leur offrant des services et des conseils qui amélioreront leur santé bucco-dentaire et leur santé en général», résume France Lavoie, vice-présidente de la coopérative et instigatrice du projet Sourire mobile Mauricie.

Selon Mme Lavoie, en plus de l’aspect esthétique des soins d’hygiène dentaire, comme la propreté des dents et une bonne haleine, la prévention en soins d’hygiène dentaire permet aussi de prévenir la prolifération de bactéries dans la bouche et, implicitement dans tout le corps, des bactéries qui peuvent aller jusqu’à causer des problèmes au niveau du cœur, des poumons, du cerveau et qui peuvent même parfois provoquer des accouchements prématurés.

La clinique Sourire mobile Mauricie s’installe donc dans un local à l’intérieur de la bâtisse de COMSEP, sur la rue Saint-François-Xavier à Trois-Rivières, où elle pourra recevoir un nombre important de patients. Toutefois, la clinique dispose également d’appareils portatifs et souhaite aller le plus possible à la rencontre des personnes qui n’ont pas la possibilité de se déplacer, soit par des visites à domicile, en CHSLD et dans des résidences privées.

La clinique proposera aussi des conseils pour différents problèmes que peuvent vivre les patients et proposer des produits alternatifs lorsque les produits normalement utilisés ne conviennent plus. Par ailleurs, les personnes qui craignent tout simplement les visites chez le dentiste pourraient aussi bénéficier d’un service d’accompagnement afin d’être rassurées sur le processus.

Pour la coordonnatrice de COMSEP, Sylvie Tardif, il allait de soi pour son organisme de s’associer à cette initiative, de par la mission des deux organismes visant à faire de l’éducation. «On considère que la prévention et l’éducation populaire sont importantes. Plusieurs initiatives chez COMSEP font déjà la promotion des saines habitudes de vie, comme le Communo-Gym, la venue d’un marchand de lunettes à bas prix, des ateliers sur l’alimentation à petit budget et même la visite d’étudiants en médecine. On souhaite que cette initiative se consolide et prenne de l’ampleur», constate Sylvie Tardif, qui rappelle que depuis que la Ville de Trois-Rivières a cessé la fluoration de l’eau potable, il faut trouver de nouvelles alternatives pour faire de la prévention, spécialement chez les enfants.

D’ailleurs, l’ancienne conseillère municipale s’était toujours prononcée en faveur de la fluoration parce qu’elle profitait surtout à la population plus défavorisée. La coopérative estime également que la fluoration était une bonne mesure de santé publique, mais conçoit que l’acceptabilité sociale n’était pas au rendez-vous. «C’est un élément positif important dans une optique préventive de soins dentaires. Maintenant, nous comprenons aussi qu’il y avait un questionnement dans la population, surtout environnemental, et c’est correct aussi. Il faut donc trouver d’autres moyens de faire de la prévention et c’est ce qu’on fait en ce moment», fait remarquer France Lavoie.