Marie-Christine Tessier, chargée de projet à la CDEC de Trois-Rivières, Geneviève Boivin, directrice générale, et Annabelle Caron, membre du comité Frigo Free Go, posent devant l'Auberge Internationale.

Pour contrer le gaspillage alimentaire

Le but premier est de contrer le gaspillage alimentaire. Mais le projet de frigo libre-service chapeauté par la Corporation de développement économique communautaire (CDEC) de Trois-Rivières permettra l'atteinte de plusieurs autres objectifs au bénéfice des partenaires impliqués et des citoyens qui en profiteront.
Ce concept de frigo communautaire s'inscrit dans la philosophie de l'économie durable, et le projet à coût zéro est axé sur une structure de partenariats. Inspiré par une initiative de la CDEC de Sherbrooke, le premier Frigo Free Go de Trois-Rivières sera installé à l'Auberge Internationale, rue Radisson, à la fin d'octobre.
Comme l'explique Marie-Christine Tessier, chargée de projets à la CDEC, le projet a pris son envol l'hiver dernier, quand un groupe jeunesse du Comité de solidarité Trois-Rivières a partagé l'idée de mettre sur pied un frigo communautaire, comme il en existe dans d'autres villes. La CDEC y avait aussi songé, et une visite à Sherbrooke a constitué une sorte de bougie d'allumage à l'amorce du projet à Trois-Rivières. 
«À Sherbrooke, ils ont élaboré quelque chose d'unique, un beau partenariat qui a créé tout un engouement dans la communauté. On s'est dit qu'on pourrait importer le concept à Trois-Rivières», raconte Mme Tessier.
«Le but est de lutter contre le gaspillage alimentaire, et que la population s'approprie le frigo. En même temps, ça provoque des rencontres entre des gens qui ne se côtoient pas toujours naturellement, par exemple le monde des affaires et celui des organismes sans but lucratif», observe-t-elle également.
Comment ça fonctionne?
Dès la fin d'octobre, le frigo communautaire s'emplira des surplus des inventaires de restaurateurs, boulangers, traiteurs et autres commerçants ou producteurs accrédités par le MAPAQ (ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec). Des citoyens pourront aussi y laisser leurs fruits, légumes, pain et dérivés du pain.
«C'est une structure basée sur l'échange de partenariats. Il n'y a aucune transaction financière. C'est à coût zéro», insiste Marie-Christine Tessier. Cet idéal se concrétise aussi dans tout ce qui entoure l'aménagement et l'entretien du frigo.
«Une entreprise de Bécancour nous fournit des frigos. Un partenaire va les transporter. Un autre partenaire va fournir le bois pour construire les abris», énumère-t-elle en espérant que le nombre de réfrigérateurs se multiplie dans d'autres secteurs de la ville.
Pour commencer, il s'agira d'un projet pilote de trois mois où on n'offrira que des fruits et légumes, du pain et des dérivés du pain. «Il n'y aura pas de produits transformés. Après, nos écopartenaires s'engageront à nous donner leurs invendus et leurs surplus qui comprendront des produits transformés», précise Mme Tessier.
De son inauguration jusqu'au printemps, le premier frigo sera installé à l'intérieur de l'Auberge Internationale. Il sera par la suite transporté à l'extérieur de l'auberge et placé sous un abri. «Le frigo sera ouvert à tous. Nos partenaires vont y mettre leurs produits invendus, et nous aurons un système de calendrier pour gérer le tout», détaille Marie-Christine Tessier.
«On sait que gaspiller, ça fait mal au coeur à la plupart des restaurateurs. Avec le frigo libre-service, ils pourront partager les invendus. Ça leur donnera aussi un espace de visibilité», conclut Mme Tessier en évoquant notamment la valorisation des entreprises partenaires sur la page Facebook du Frigo Free Go de Trois-Rivières.