Le programme Papas bienveillants est implanté à Trois-Rivières. On voit sur la photo, Nathalie Grenier, de Papas bienveillants, et Robert Ayotte, de l’Accord Mauricie.

Pour briser le cycle de la violence

Trois-Rivières — L’Accord Mauricie est en train de faire l’essai d’un tout nouvel outil pour contrer la violence faite aux enfants. Le programme Papas bienveillants pourrait éventuellement être étendu à l’ensemble de la province étant donné qu’il obtient des résultats que l’organisme qualifie d’exceptionnels.

«Les résultats sont très positifs. À l’heure actuelle, on a des listes d’attente. Il va peut-être falloir penser à faire un deuxième groupe, et peut-être ultérieurement un troisième groupe, parce que la demande est là», mentionne Robert Ayotte, directeur général de l’Accord Mauricie, un centre d’aide pour conjoints à comportements violents ou contrôlants.

Papas bienveillants est un programme d’intervention de groupe destiné aux hommes qui maltraitent leurs enfants en contexte de violence conjugale. «Il est basé sur le bien-être et la sécurité de l’enfant», précise Nathalie Grenier, formatrice pour Papas bienveillants.

«Ça enlève l’isolement du papa, donc les risques de récidive, et ça l’empêche aussi de se promener d’une famille à l’autre et de continuer le cycle de la violence. On essaie d’enrayer ou d’arrêter ce cycle de violence dans lequel se trouvent des hommes parce qu’il n’y a aucun support ou très peu», ajoute-t-elle.

Les ressources dédiées aux hommes concernant cette problématique sont en effet très rares ou inexistantes. «On a mis en place ce type de programme là parce qu’il y a un besoin criant pour les hommes qui ont des difficultés en lien avec leur parentalité et leurs enfants», indique M. Ayotte.

Ce dernier mentionne que ces hommes ont parfois énormément de mal à s’exprimer sur leur relation avec leurs enfants en raison de la honte et de la culpabilité qu’ils ressentent. Le programme responsabilise le participant concernant son attitude violente et son comportement contrôlant. «Ça l’amène à prendre conscience de ses choix, de ses actions et de ses responsabilités tout en lui faisant comprendre quels sont les enjeux pour qu’il soit un bon papa», explique Mme Grenier.

Le programme est de deux heures par semaine pendant 17 semaines. Il a été créé en Ontario et a, par la suite, été implanté dans divers pays dont les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie. Il est dédié aux hommes à faible ou à moyen risque. Oui, ça concerne la violence physique, mais ça peut aussi toucher la violence émotive, mentale ou même financière. L’aspect de la violence conjugale est aussi abordé. «Le programme est centré sur l’enfant, mais ce qu’on veut, c’est vraiment de garder les enfants et la maman plus en sécurité», note Mme Grenier.

Plusieurs intervenants de divers secteurs d’activités étaient réunis, jeudi, à l’île Saint-Quentin, pour prendre connaissance du programme Papas bienveillants. L’objectif est de l’étendre dans le reste de la Mauricie et de la province. «On est vraiment à l’état embryonnaire au niveau des discussions et c’est une des raisons pour lesquelles on a une journée aujourd’hui [jeudi]. On veut amener les gens à réfléchir sur les besoins et sur la façon dont on pourrait le faire», explique Mme Grenier. «Graduellement, si on l’implante partout, on vient d’avancer à l’égard de cette problématique-là, mais aussi sur le fait d’avoir un regard sur ce que les enfants peuvent vivre, parce que l’objectif qui est visé c’est le bien-être des enfants», conclut M. Ayotte.