Joaquim Blanchette

Pour aider les autres à devenir meilleurs

Du haut de ses 33 ans, Joaquim Blanchette a déjà une feuille de route bien garnie. C’est que le jeune homme avait une longueur d’avance, ayant un peu grandi dans le parc industriel de Bécancour. L’entreprise qu’a fondée son père, Hydrexcel, c’était un peu son terrain de jeu. C’est là qu’il développe son goût pour la mécanique. Et le sentiment qu’une entreprise, c’est un peu comme une famille.

Son intérêt pour la mécanique et les machines oriente son choix de carrière. Il fait une technique en mécanique. Puis obtient un baccalauréat en ingénierie, à l’UQTR.

Joaquim fait aussi du sport. «Une question d’équilibre», soutient-il. Football ou hockey, quand il est question d’équipe, c’est souvent lui le capitaine. Il y a également le karting, qui évoluera en engouement pour la course automobile. Une passion qu’il partage avec son père.

Fraîchement diplômé, il sent le besoin d’aller voir ailleurs, de voler de ses propres ailes. Il passera trois ans chez Alcoa, puis ira travailler chez Marmen, pendant deux autres années.

Son désir d’élargir ses horizons rassasié, c’est le retour au bercail. Il vient épauler son père, dans l’optique de prendre la relève. Joaquim croit toutefois qu’il importe de continuer à s’outiller. Il fait un séjour à l’École d’entrepreneurship de Beauce. Il y trouve là une communauté d’affaires tissée serrée. Il se rend compte que les entreprises de sa région gagneraient à davantage concerter leurs efforts.

Il s’engagera ainsi sur plusieurs fronts. La visée est toujours la même: fédérer les forces vives, tisser des liens. Il a le sentiment que les bons coups, tout comme les coups durs — deux réalités entrepreneuriales, souligne-t-il —, ça se partage.

On retrouve donc Joaquim à la présidence du comité exécutif du Créneau Accord de la région. Le groupe est dédié à faire de cette dernière un pôle d’excellence en conception et fabrication de machines.

Chez les Manufacturiers de la Mauricie et du Centre-du-Québec, on se concerte et on tente de dynamiser le secteur manufacturier de la région. On vise à «fabriquer la réussite». Joaquim siège sur le conseil d’administration.

Groupé est une autre organisation vouée à l’élaboration de projets structurants pour les entreprises de différents secteurs, dans un esprit de collaboration. Joaquim Blanchette participe à sa création et son entreprise en demeure un important partenaire.

L’entrepreneur s’implique récemment à la création de DÉBI — Développement économique Bécancour Inc.

Comme si ce n’était pas assez, le Bécancourois est également ambassadeur de la Ruche Mauricie, un organisme qui accompagne des projets émergents.

Tout ce réseautage a pour but de tisser des liens dans la communauté entrepreneuriale et de passer d’une logique de compétition à une logique de coopération. Or, quand le lock-out frappe à l’usine d’ABI, un important client d’Hydrexcel, Joaquim prendra la pleine mesure de tous ces liens qu’il a patiemment tissés.

Son père étant en voie de pleinement lui céder les rênes de l’entreprise, c’est lui qui doit trouver des solutions pour combler le trou qui vient de s’inviter dans le carnet de commandes. Le jeune patron est conscient que les yeux de la trentaine d’employés de la maison — certains y sont depuis des dizaines d’années — sont tournés vers lui. Sa famille, c’est aussi la trentaine de familles dont dépendent les activités de l’usine.

Le leader se retrousse les manches. Il met des lignes à l’eau, fait des appels. Les résultats ne tardent pas à venir. De nouveaux contrats sont conclus. Les employés se serrent les coudes pour s’ajuster aux demandes d’une clientèle renouvelée. Si quelques-uns sont temporairement mis à pied, tous seront bientôt rappelés. Le navire traverse la tempête.

«J’aime beaucoup aider les autres et aider les autres à devenir meilleurs», résume l’entrepreneur, pour expliquer son engagement et son style de gestion. La mission de son entreprise, indique-t-il, «est d’aider nos clients à prospérer, en leur fournissant des équipements industriels».

Aider les uns, aider les autres. On conviendra que Joaquim Blanchette ne manque pas de cohérence dans sa démarche.