Possible cas de maltraitance dans une résidence pour aînés

SHAWINIGAN — Les personnes âgées vivant à la résidence Chaîné du secteur Grand-Mère à Shawinigan auraient vécu un véritable enfer pendant des années alors qu’ils auraient été victimes de maltraitance de la part de l’ancien propriétaire de l’endroit.

L’individu en question, Stéphane Chaîné, a d’ailleurs récemment été arrêté relativement à ces allégations. Il a par la suite été libéré sous promesse de comparaître et les accusations auxquelles il pourrait faire face ne sont pas encore connues. D’ici là, il ne peut pas retourner à la résidence et entrer en contact avec ses présumées victimes.

Selon la nouvelle propriétaire de l’endroit, Hélène Gosselin, les résidents sont vraiment soulagés depuis qu’elle a pris possession des lieux le 21 juillet dernier. À la lumière de ce qu’elle a constaté lors de sa première semaine en poste, au cours de laquelle M. Chaîné était présent afin d’assurer la passation des pouvoirs, il régnait un véritable régime de terreur dans la résidence de la 5e Avenue.

«Quand je suis venue visiter la résidence avec M. Chaîné, les résidents avaient peur et ils me disaient qu’ils étaient bien. Mais une fois sur le plancher, je me suis bien rendu compte que c’était différent. Je me demandais pourquoi ils allaient directement dans leur chambre après le souper. Ils m’ont alors dit qu’ils étaient obligés de la faire. Je leur ai alors fait comprendre que c’était leur maison ici. Ils peuvent veiller jusqu’à l’heure qu’ils veulent! Maintenant, on sort à l’extérieur et on fait plein d’activités. Ils ne cessent de me dire qu’ils sont bien et ça se voit sur leurs visages», a raconté Mme Gosselin.

Une employée de l’endroit, Andrée Mailhot, a été témoin pendant un bon moment des agissements et du comportement de son ancien patron. Elle avoue qu’elle en avait aussi très peur.

«Il y en a beaucoup [des résidents] qui ont eu de la violence verbale, psychologique. Et pour une des résidentes, de la violence physique. Je n’étais plus capable d’accepter ça [...] J’avais peur de monsieur. Il était très, très violent. Il m’a fait pleurer plusieurs fois. Mais je me suis toujours accrochée pour les résidents. Pour qu’ils aient quelqu’un pour les consoler, les écouter», a-t-elle confié à TVA Trois-Rivières.

Lacunes alimentaires
À son arrivée, Mme Gosselin a également remarqué que la nourriture qui était servie aux 14 résidents n’était pas adéquate pour des personnes de cet âge et dans leur condition.

«Ils sont émerveillés de se faire servir autre chose que des pogos et des hot dogs. Ils étaient notamment en carence de fer», a-t-elle précisé.