Jean-Frédéric Bourassa, coordonnateur du service de développement économique et du territoire de la MRC de Maskinongé.
Jean-Frédéric Bourassa, coordonnateur du service de développement économique et du territoire de la MRC de Maskinongé.

Portrait de la circonscription Berthier-Maskinongé: besoin de fibre et de bras

Martin Lafrenière
Martin Lafrenière
Le Nouvelliste
Louiseville — À l’instar des entreprises d’autres circonscriptions électorales, celles de Berthier-Maskinongé doivent faire des pieds et des mains pour recruter du personnel en cette période de rareté de la main-d’œuvre. Mais cet enjeu à caractère économique est loin d’être le seul à retenir l’attention durant cette campagne électorale. L’accès à un service internet haute vitesse et les préoccupations du secteur agricole, notamment en ce qui concerne les impacts des accords commerciaux sur les producteurs concernés par le système de gestion de l’offre, arrivent aussi en tête de liste des dossiers prioritaires.

Regroupant un peu plus de 100 000 citoyens répartis principalement sur les territoires des MRC d’Autray et de Maskinongé, Berthier-Maskinongé a besoin de travailleurs et peine à en trouver. Un refrain connu depuis un certain temps, rappelle Jean-Frédéric Bourassa, coordonnateur du service de développement économique et du territoire de la MRC de Maskinongé.

«La rareté de la main-d’œuvre est un enjeu majeur de l’actuelle campagne. La situation est réelle. Il y a un manque et pour nous, c’est de la main-d’œuvre ouvrière. C’est autant pour la transformation alimentaire que le manufacturier ou le secteur touristique.»

Le manque de bras touche aussi l’agriculture. Le secteur agricole représente une des forces économiques de ce comté et les entreprises ont besoin, année après année, de la main-d’œuvre étrangère pour combler leurs besoins en la matière.

«La main-d’œuvre est de plus en plus rare, constate Martin Marcouiller, président du conseil d’administration de l’UPA de Maskinongé. La main-d’œuvre étrangère est bonne, sauf que les normes pour demander des travailleurs étrangers sont vraiment élevées. Ce qui serait intéressant est qu’un travailleur étranger qui vient ici depuis sept ou huit ans amène sa famille. Je ne vois pas d’inconvénient à ça. Pourquoi il ne devient pas résident permanent? Il faudrait de l’ouverture du gouvernement pour ça. Et il faudrait alléger les demandes administratives pour avoir des travailleurs étrangers. Pour avoir des gens l’an prochain, il faut commencer à remplir de la paperasse actuellement, mais on est en pleine période de récoltes.»

Jean-Frédéric Bourassa propose différentes idées pour faciliter le recrutement de personnel. La simplification du processus administratif pour l’embauche de travailleurs étrangers en fait assurément partie. Le rehaussement à 20 % du nombre de travailleurs étrangers temporaires dans une entreprise en fait aussi partie, de même que les heures supplémentaires de travail libres d’impôt et la fin des pénalités sur les rentes de retraités qui retournent au travail.

Robert Lalonde, préfet de la MRC de Maskinongé et président de Maskicom.

«Il faut aussi tenir compte de la réalité locale. C’est la ligne directrice de nos demandes. Les programmes nationaux répondent aux besoins de l’Alberta comme du Québec, mais il faut aussi respecter les spécificités locales. Il faudrait être capable de moduler les programmes en conséquence», propose M. Bourassa, en affirmant avoir eu peu de discussions sur ces sujets avec les candidats.

La mise en place de mesures facilitant le transfert d’entreprises agricoles est vue d’un bon œil par Martin Marcouiller afin de favoriser la pérennité des fermes familiales. S’il conteste toujours les brèches dans la gestion de l’offre causées par différents accords commerciaux signés par le fédéral, il affirme qu’un système de réciprocité des normes au niveau international permettrait aux producteurs canadiens de se battre à armes égales.

«La réciprocité des normes est un enjeu. Nous, on a des normes pour l’environnement, pour le bien-être animal. D’autres pays n’ont pas ça. On importe leurs produits et c’est pas grave! Pour la gestion de l’offre, on est tanné que ce soit une monnaie d’échange lors d’accords internationaux. Au débat électoral de Maskinongé, le poil m’a levé sur les bras quand la candidate libérale disait que la brèche était minime. C’est faux. Pour une entreprise laitière moyenne, c’est comme si tu travaillais pendant un mois pour rien. Tu perds 1/12 de ton revenu.»

Internet haute vitesse

Berthier-Maskinongé est composée de secteurs urbains, mais aussi de plusieurs zones rurales. Le défi d’offrir à tous les citoyens un accès internet haute vitesse demeure bien vivant.

Dans le secteur de la MRC de Maskinongé, Maskicom a le mandat de fournir ce service dans les parties rurales, non desservies par les géants des télécommunications. Il serait temps que le fédéral fasse de ce dossier une priorité, croit Robert Lalonde, préfet de la MRC de Maskinongé et président de Maskicom.

Selon M. Lalonde, le gouvernement fédéral doit indiquer aux grandes entreprises de télécommunications de faire preuve de collaboration pour accorder à des OBNL comme Maskicom le permis d’utiliser leurs poteaux afin de déployer leur réseau.

Martin Marcouiller, président du conseil d’administration de l’UPA de Maskinongé.

«Internet haute vitesse, c’est une nécessité aujourd’hui. Ça comprend le développement économique, la qualité de vie, l’utilisation par les travailleurs autonomes. Toutes les MRC rurales ont des problèmes majeurs avec ça. On a reçu des subventions il y a deux ans. Mais les délais pour obtenir les permis de passage sur les poteaux, c’est quelque chose. Le gouvernement devrait dire aux géants des télécommunications: ‘‘J’ai donné l’argent à nos citoyens, laissez-les passer et après, vous compétitionnere’’. Je ne demande pas d’empêcher la concurrence. On veut travailler, on est prêt, mais donnez-nous les moyens d’exécuter le travail pour lequel on a reçu une subvention», insiste M. Lalonde.