L’obligation de porter le masque dans tous les lieux publics intérieurs entrera en vigueur ce samedi.
L’obligation de porter le masque dans tous les lieux publics intérieurs entrera en vigueur ce samedi.

Port du masque obligatoire: les commerçants de la région partagés

TROIS-RIVIÈRES — Bien que certains craignent de recevoir une amende ou de perdre des clients, les commerçants trifluviens semblent pour la plupart se positionner du côté de la Santé publique quant à l’obligation de porter le masque dans tous les lieux publics intérieurs qui entrera en vigueur ce samedi.

Les propriétaires de commerces de la région, qui ont dû passer à travers une énorme période d’adaptation au cours des dernières semaines, semblent majoritairement en accord avec cette mesure qui sera imposée à leurs clients. Selon quelques-uns d’entre eux, ça ne changera presque rien à leur façon de faire actuelle. 

C’est notamment le cas des petits marchés indépendants de Trois-Rivières, pour lesquels il demeure facile d’effectuer la gestion des clients grâce à leur espace plus restreint. «Nous limitons déjà le nombre de clients à l’intérieur de notre établissement et nous assurons qu’ils se lavent tous les mains. Maintenant, il nous faudra simplement jouer un peu plus à la police pour faire en sorte que tout le monde porte le masque en tout temps», a signifié le copropriétaire du marché Notre-Dame de Trois-Rivières, Jean-François Cossette.

Bien qu’ils aient une superficie bien plus immense à gérer, les administrations des centres commerciaux de la région croient elles aussi être en mesure de faire appliquer la nouvelle réglementation sans trop de difficulté. Elles assurent bénéficier de suffisamment de main-d’œuvre pour s’assurer que cette prochaine obligation soit respectée.

«Avant même la réouverture, nous étions non seulement prêts à faire face aux consignes mises en place à ce moment, mais également aux prochaines pouvant être décrétées. Ainsi, nous avons de nombreux agents de sécurité qui patrouillent à l’intérieur de nos centres commerciaux pour vérifier que les gens respectent bien les règles établies. Cette nouvelle mesure ne nous obligera pas à engager plus de personnel», a fait savoir Sandra Lécuyer, vice-présidente, talent et organisation chez Cominar, entreprise détentrice du centre Les Rivières.

Celle-ci croit d’ailleurs que les visiteurs ne donneront pas du tout de fil à retordre aux commerçants de la région.

«Je suis d’avis que la très grande majorité de notre clientèle acceptera de porter le masque. Les gens ont pu, depuis le début de la pandémie, intégrer de nombreuses habitudes qu’ils n’avaient pas auparavant. De plus, cela fait longtemps que le gouvernement recommande de porter le masque et on savait que ça pouvait devenir obligatoire à tout moment. Je me fie donc sur la bonne foi de tous», a-t-elle mentionné.

Certains craintifs de perdre des clients

Si certains commerçants sont d’avis que cette mesure annoncée lundi après-midi ne changera rien en ce qui a trait à leur achalandage, d’autres, comme quelques restaurateurs trifluviens, craignent de voir les visiteurs préférer rester à la maison plutôt que de se rendre dans leur établissement masqués.

Ils contestent alors la pertinence d’une telle directive alors que la Mauricie et le Centre-du-Québec n’ont connu aucune augmentation marquée du nombre de cas de COVID-19 sur leur territoire depuis des semaines.

«Je suis en accord avec cette décision tant qu’elle ne me fait pas perdre de clients. Nous sommes déjà limités à 50 % de notre clientèle et remarquons que les gens ne sont que très peu favorables au port du masque. Un moment donné, c’est beau la santé publique, mais il ne faudrait pas que ça brime la santé de toutes les entreprises», soutient le gérant du Faste Fou de Trois-Rivières, Ghyslain Genest.

Celui-ci ne semble d’ailleurs pas seul de son camp, puisque la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) ainsi que la Chambre de commerce et d’industrie du Haut-St-Maurice (CCIHSM) ont émis un communiqué stipulant qu’ils appréhendent grandement les répercussions que pourrait avoir cette obligation sur les commerces de la province, qui seront les seuls pénalisés en cas de violation de la loi.

«Pour l’instant, les sanctions et amendes annoncées concernent principalement les entreprises. Nous comprenons la nécessité de faire appliquer les décisions de la Santé publique, mais les commerçants ne devraient pas être les uniques responsables du comportement des individus», a ajouté le président-directeur général de la FCCQ, Charles Millard.

Par ailleurs, avec cette nouvelle réglementation, il serait facile de croire que de nombreux visiteurs se feront montrer la porte d’un commerce en cas d’oubli de leur masque. Qu’à cela ne tienne, la plupart des entreprises mettront des équipements de protection faciaux à la disposition des clients, de sorte que personne ne sera contraint de rebrousser chemin.

Salles d’entraînement dans le néant

En ce qui a trait à la façon dont cette loi sera appliquée dans les salles d’entraînement, le mystère plane toujours. Les propriétaires ne savent effectivement toujours pas s’il leur sera possible de permettre à leurs usagers de s’entraîner sans être forcés de porter un équipement de protection facial en tout temps.

«On devrait avoir des informations sous peu à donner à nos abonnés. Nous avons espoir de pouvoir leur offrir la possibilité de retirer leur masque une fois arrivés à une machine, mais nous ne pouvons statuer là-dessus pour le moment», a expliqué la gestionnaire du Énergie Cardio de Trois-Rivières, Viviane Fiset.

Sécurité et plaisir jumelés au musée

Rouverts depuis peu, les musées ne font pas exception à cette nouvelle règle qu’a annoncée François Legault. Ils devront tout mettre en œuvre pour permettre à leurs clients d’admirer les expositions dans le plaisir malgré leur masque de protection.

«On est contents d’avoir une réglementation claire sur le sujet. De plus, 20 à 30 % de nos visiteurs portaient déjà le masque à l’intérieur de notre musée. Ayant en plus limité notre nombre de clients en visite simultanément, nous sommes confiants de pouvoir faire respecter cette mesure chez nous. On espère que les gens n’auront pas peur de venir nous voir», a déclaré la directrice générale du Musée Pop de Trois-Rivières, Valérie Therrien, avant d’ajouter que, depuis sa réouverture, l’endroit a enregistré des résultats satisfaisants comparativement aux autres établissements de ce genre.

Des salons de coiffure contestent la pertinence du masque

Dans les salons de coiffure, le port d’un équipement de protection facial avait déjà été imposé il y a quelques semaines. Or, des coiffeurs et coiffeuses doutent de la nécessité d’une telle obligation alors qu’ils désinfectent sans cesse les lieux.

«Pour moi, qui travaille au-dessus du client, je comprends parfaitement. Par contre, les personnes que je coiffe sont sous moi et ne représentent aucun danger, surtout que tout est toujours propre dans le salon. Personnellement, la seule raison pour laquelle j’adhère à cette décision, c’est pour ne pas écoper d’une amende», a affirmé la coiffeuse au Évasion Coiffure, Fée-Line Jacques.

D’autres salons, comme la Boîte à coupe, imposent le port du masque depuis leur réouverture et soutiennent qu’ils ne sont pas contre la plus récente décision de la Santé publique.