La santé publique étudie actuellement la possibilité de rendre obligatoire le port du masque dans les endroits publics fermés du Québec.
La santé publique étudie actuellement la possibilité de rendre obligatoire le port du masque dans les endroits publics fermés du Québec.

Port du masque obligatoire: des opinions diverses

TROIS-RIVIÈRES — Le doute que laisse planer le gouvernement du Québec quant à l’obligation du port du masque dans les endroits publics fermés intrigue les différentes instances de la région.

La plus récente hausse de 137 nouveaux cas enregistrés au Québec inquiète la santé publique puisque pour une première fois, en dix jours, les nouvelles infections à la COVID-19 dépassent la centaine.

«On a peu de temps, je regarde les chiffres et ça m’inquiète. Je veux être certain qu’il n’y ait pas une deuxième vague. On recommande déjà fortement le port du masque dans les lieux publics fermés et on n’exclut pas de le rendre obligatoire», a mentionné le premier ministre, François Legault, lors de son point de presse.

De son côté, le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche, est conscient des différents contextes auxquels fait face le Québec et demeure sensible aux consignes de la Santé publique.

«On a vu les mesures prises par la mairesse Valérie Plante de Montréal et on comprend que le contexte et la situation diffèrent des nôtres. Par contre, on n’a jamais considéré ce scénario, d’ailleurs on n’a jamais pensé qu’on serait légitimé de poser une telle action d’un point de vue municipal. On ne l’a jamais souhaité, mais on va évidemment suivre le processus et les consignes.»

Advenant une telle annonce, ce seront des règlements supplémentaires à faire respecter par la sécurité publique.

«On va poursuivre la sensibilisation des gens. Reste à voir ce qui serait appliqué et les conséquences qui en découleraient. Il faut savoir que nos policiers ont déjà des tâches bien remplies, ce serait un défi de faire appliquer les règles aux récalcitrants», toujours selon M. Lamarche.

Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale ainsi que député de Trois-Rivières, Jean Boulet, estime que la priorité est d’atténuer les incidences négatives d’une possible deuxième vague, de contrôler la propagation du virus et d’éviter le reconfinement avec les désavantages économiques.

«Il faut faire une application intelligente de ses normes sanitaires. Je crois qu’on a trouvé un juste équilibre et qu’il faudra le maintenir, indépendamment des décisions qui seront prises et annoncées.»

Des avis partagés

«Personnellement, je trouve que les gens se touchent plus le visage avec le port du masque, en l’enlevant et le remettant. Une chose qui me fait peur c’est de devoir jouer à la police comme on l’a vu avec l’histoire des adresses aux tables. Ça ne me tente pas que l’on réprimande les restaurateurs pour les récalcitrants, personnellement je perds déjà 20 000 $ par semaine», aux dires de la copropriétaire du Mondo resto-bar, Amy Oakley.

Pour sa part, le propriétaire du Manoir du Spaghetti, Pierre Plante, n’entrevoit pas de conséquences par rapport à l’achalandage de sa clientèle dans le cas où l’obligation de se couvrir le visage entrerait en vigueur.

«Si c’est obligatoire, ça le sera partout. On va écouter la Santé publique. C’est simple, si ça passe et qu’une personne se présente sans masque, je vais simplement lui en offrir un. Le but est de faire en sorte que la clientèle soit à l’aise et en confiance.»

Si le scénario se concrétise, les adeptes des salles d’entraînement se verront à nouveau, dans l’obligation d’adapter leur routine.

«Ça ne serait pas confortable, mais si on doit le faire, on le fera. Pour le type d’entraînement que nous proposons, ça va être assez atroce. C’est de l’entraînement très intense, très cardio-vasculaire, jumelé au port d’un masque, ça va être quelque chose. Je ne mettrais pas ma main au feu, mais je crois que ça va en pousser certains à prendre une pause», a conclu le propriétaire du centre d’entraînement Synergy Performance, Raphaël Gauthier.