La tradition se poursuivait pour les Dudaronak. Depuis déjà plusieurs années, la famille russe se rassemble au village de pêche sur glace.

Populaire, le poulamon!

Les pêcheurs de poulamons des quatre coins du Québec et du globe sont nombreux à se rendre à Sainte-Anne-de-la-Pérade durant la période hivernale. La saison de pêche aux petits poissons des chenaux bat son plein et promet d'être satisfaisante pour les pourvoyeurs de la rivière Sainte-Anne.
<p>La famille Luyin profite de la pêche aux petits poissons des chenaux pour apprendre aux jeunes à pêcher.</p>
<p>La pêche a été bonne pour les Kljuvic, qui en étaient à leur première expérience à Sainte-Anne-de-la-Pérade.</p>
«La saison se passe très bien. Le couvert de glace est rendu au-dessus de 24 pouces. Il y a beaucoup de monde sur la rivière et la température est aussi de notre côté. Jusqu'à maintenant, c'est un grand succès», mentionnait d'entrée de jeu Steve Massicotte, le président de l'Association des pourvoyeurs de pêche aux petits poissons des chenaux.
Les Asiatiques, qui se présentent en grand nombre chaque année, sont encore une fois au rendez-vous. D'ailleurs ils sont arrivés tôt cette saison, comme quoi la popularité du poulamon est bien loin de s'estomper auprès des Chinois. «Ils sont très présents et très tôt en saison. Déjà le 26 décembre, ils étaient nombreux sur la rivière», confirme M. Massicotte.
«Le fait de marcher sur la rivière à la base, c'est impressionnant pour eux. Ils aiment également beaucoup l'ambiance des chalets illuminés le soir. Ça les impressionne aussi de pouvoir pêcher dans un chalet où il y a table, chaises, divan...», expliquait le président.
Il faut dire que l'Association des pourvoyeurs de pêche aux petits poissons des chenaux fait beaucoup de publicité dans la grande région de Montréal, qui représente près de 60 % de la clientèle. «Dans les journaux chinois, on est très présent. Certains pourvoyeurs font également de la publicité directement», soulignait Steve Massicotte.
Un panneau de 14 pieds par 48 pieds qui fait la promotion de la pêche aux poissons des chenaux de Sainte-Anne-de-la-Pérade a également été installé aux abords de l'autoroute 13 et, déjà, les dirigeants estiment voir les retombées de cette nouvelle publicité.
Il n'y a pas que les Chinois qui se déplacent, les Français, les Russes, les Roumains, les Américains et des Australiens font aussi le détour pour taquiner le poisson.
«Il y en a qui viennent vraiment pour le poisson, d'autres pour l'expérience. Contrairement à ce que certains croient, c'est loin d'être difficile à pêcher, tout est dans la technique», soulignait Lucille Brazeau, propriétaire d'un centre de pêche.
D'ailleurs, pas très loin de leur chalet d'accueil, se trouvait une famille originaire de la Bosnie qui semblait bien contrôler cette technique. Après 15 ans au Québec, il s'agissait de leur première visite à Sainte-de-la-Pérade.
«Nous avions le goût de vivre cette aventure. Même si on ne venait pas pour le poisson, il faut dire qu'on n'en a jamais pêché autant et aussi facilement!», a fait remarquer Sedika Kljuvic.
Déjà en milieu de journée, après quelques heures sur la rivière, les Kljuvic parlaient de revenir l'an prochain. «Nous allons ramener le poisson, on n'y a jamais goûté! La prochaine fois, si c'est possible, on va amener de la famille de la Bosnie. C'est vraiment agréable», ajoutait la dame.
Pour les Luyin, des habitués, c'est principalement le poisson qui les attire. La famille asiatique cuisinait d'ailleurs ses prises sur place. Pour eux, c'est l'occasion idéale d'apprendre aux enfants à pêcher.
Même son de cloche pour une famille russe qui, chaque année, se retrouve sur la glace, au plus grand plaisir des enfants. Ces derniers parlaient même d'une véritable tradition.
Les adeptes québécois sont eux aussi fidèles au poste. Que ce soit pour l'ambiance, la pêche, les activités, tous y trouvent leur compte. «J'ai des gens qui viennent de Parent à des centaines de kilomètres d'ici. Ils viennent vraiment pour le poisson. Ils s'en servent pour nourrir leur chien de traîneau. Eux autres, marée haute ou marée basse, ils en sortent sans arrêt. Tellement qu'on dirait qu'ils dansent avec les lignes», racontait Mme Brazeau.
Il est vrai que les pêcheurs sont au rendez-vous, mais fort heureusement pour eux, le poulamon de l'atlantique l'est également.
«Ça va vraiment bien aussi pour la pêche. Le poisson est vraiment présent dans la rivière. Nous avons des pêches qui varient entre 50 et 500 poissons, et c'est vraiment très bien pour un début de saison», a terminé Steve Massicotte.