Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet
Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet

Yves-François Blanchet n'exclut toujours pas de poursuivre «Hyènes en jupons»

OTTAWA - Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, n'exclut toujours pas de poursuivre les auteurs d'une page Facebook qui avait publié des allégations anonymes à son endroit.

La page «Hyènes en jupons» était temporairement indisponible lundi soir et les nombreux témoignages - dont celui qui mentionnait M. Blanchet - n'étaient plus publics. Un communiqué de presse non signé et diffusé par le groupe disait avoir suspendu la page à la suite de «menaces violentes» à l'endroit du collectif et de ses membres.

Mardi matin, la page Facebook est réapparue et, avec elle, le témoignage anonyme à l'endroit de M. Blanchet. Mais ce retour sera de courte durée, puisqu'un message diffusé par le groupe avertit que la page serait bientôt suspendue de nouveau.

Lors d'une conférence de presse à Ottawa, M. Blanchet a dit que le fait que ces allégations ne soient plus publiques, même momentanément, était déjà un «progrès significatif» et une «démonstration claire que ceci n'aurait jamais dû exister».

A-t-il l'intention d'intenter une poursuite contre le groupe «Hyènes en jupons», comme il l'a laissé entendre dimanche? «Pas nécessairement, mais si nécessaire», a répondu le chef du Bloc, flanqué de deux de ses députés qui n'ont pas pris la parole.

«J'ai l'impression, non quantifiée, que l'opinion publique a déjà largement disposé de ces allégations-là. Je sens moins la nécessité (d'intenter une poursuite), mais si une nécessité devait se manifester, je serai prêt», a ajouté M. Blanchet.

Il dit qu'il ira devant les tribunaux s'il estime qu'il y a un dommage à sa réputation, mais a exprimé le souhait qu'il pourra mettre cette histoire derrière lui.

Selon le récit anonyme diffusé par «Hyènes en jupons», M. Blanchet aurait embrassé une personne de force et tenté d'obtenir une relation sexuelle avec elle en échange de cocaïne. Les faits présumés se seraient déroulés dans un bar montréalais à la fin des années 1990, alors qu'il était gérant du chanteur Éric Lapointe.

M. Blanchet a toujours nié ces allégations, qu'il considère être de la pure «fabulation».

Pour la troisième journée consécutive, il n'a pas voulu non plus dire s'il avait consommé de la cocaïne à l'époque. Il dit qu'il réserve ses commentaires dans l'éventualité d'une poursuite.

«Je ne suis pas convaincu que beaucoup de Québécois se posent la question. (...) Cependant, ça ferait partie du dossier d'une poursuite que je pourrais intenter, alors évidemment, je réserve tous mes recours et je ne réponds à rien de ce genre glauque», a-t-il dit.

Le chef bloquiste s'est par ailleurs défendu de ralentir le mouvement de dénonciations au Québec avec ses déclarations des derniers jours.

«N'étant pas l'initiateur de quoi que ce soit dans cette pitoyable histoire, je ne prends aucune responsabilité de quoi que ce soit sauf de préserver mon honneur et ma réputation», a affirmé M. Blanchet.