Le nouveau chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet.

Yves-François Blanchet couronné au Bloc: un air de renouveau

Trois-Rivières — Depuis minuit jeudi, Yves-François Blanchet est le nouveau chef du Bloc québécois. Très heureux que le pari qu’il a fait il y a quelques semaines en renonçant à tous ses engagements dans le monde médiatique pour retourner en politique active ait été le bon, le Shawiniganais d’adoption rejette par contre l’étiquette de messie que lui accolent certains militants de son parti.

Bien qu’il reconnaisse que les difficultés qu’a dû traverser la formation indépendantiste au cours des dernières années sont chose du passé et qu’un enthousiasme palpable habite dorénavant ses troupes, le nouveau chef ne croit pas que son arrivée dans l’équation ainsi que son récent couronnement soient les uniques causes de ce renouveau.

«Il n’y a plus personne qui dit que le Bloc est un parti moribond et déchiré. Il est maintenant en mesure de présenter une offre politique comme à ses meilleures années. Mais je n’en prends pas le mérite. Un chef est le canal de l’enthousiasme des gens plutôt que la cause de cet enthousiasme. Les gens se disent qu’ils ont un bon véhicule pour porter leurs idées dans les médias et auprès de la population. Ça, ça devient ma job. Mais le Bloc québécois s’est déjà rassemblé, tant du côté des circonscriptions que de l’organisation. Je n’ai pas de mérite là-dedans», a-t-il mentionné lors d’un entretien avec Le Nouvelliste.

Alors que des militants d’un peu partout au Québec aimeraient bien que leur nouveau leader se présente dans leur circonscription lors des élections qui auront lieu l’automne prochain, notamment ceux de Trois-Rivières, le principal intéressé indique qu’il n’a pas encore pris sa décision. Il écarte cependant la possibilité de le faire dans une circonscription de la Mauricie ou du Centre-du-Québec. Selon lui, la région sera très bien nantie avec Pierre Jolivet [le fils de l’ancien député péquiste de Laviolette, Jean-Pierre Jolivet] dans Saint-Mauricie – Champlain, Yves Perron dans Berthier-Maskinongé ainsi que Louis Plamondon dans Bécancour-Nicolet-Saurel et une des personnes de qualité qui ont été approchées pour Trois-Rivières. Il croit qu’il est donc plus probable que son nom se retrouve sur les bulletins de vote d’une circonscription de la rive sud de Montréal ou de la Montérégie.

«Sans être candidat ici, je serai extrêmement présent. Je prendrai Trois-Rivières comme base média dans beaucoup de situations et je demeure à Shawinigan. J’y serai donc forcément beaucoup également. Je vais utiliser la notoriété d’un chef pour aller travailler une région où je pourrai faire une différence dans plusieurs comtés en plus de la Mauricie», explique-t-il. Il semble d’ailleurs que des associations régionales aient adopté des résolutions ayant comme objectif de l’attirer comme candidat.

D’ailleurs, le caucus du Bloc québécois tiendra la semaine prochaine à Shawinigan une rencontre présessionnelle.

Financement

En ce qui concerne le financement nécessaire afin de mener une campagne de qualité, le politicien reconnaît que le Parti libéral et le Parti conservateur ont une bonne longueur d’avance. Il rappelle cependant que les campagnes de ces deux partis couvriront l’ensemble du Canada, alors que celle du Bloc se concentrera encore une fois au Québec. Les besoins financiers sont donc moindres. Il ajoute par contre qu’il a fait de gros efforts depuis qu’il a annoncé qu’il briguait la chefferie afin de trouver du financement et qu’ils ont porté fruits.

«Le mois de décembre a été le meilleur depuis de nombreuses années au Bloc québécois», reconnaît-il.

Positivisme et Plaisir

Sur une note plus légère, mais qu’il considère tout aussi importante que les questions financières, le nouveau chef veut que l’ambiance demeure positive et qu’il soit plaisant de travailler au sein du Bloc québécois sous son règne.

«Il ne faut pas qu’on vive dans une atmosphère de tension. Jusqu’à maintenant, ça marche. Les messages que j’échange avec les collègues et les députés depuis ce matin (jeudi) sont des blagues, des sourires et des trucs comme ça. Je trouve que c’est crucial car ça se sent», raconte-t-il avant de poursuivre en indiquant que l’étiquette de «goon» qui lui colle à la peau depuis son premier passage en politique n’est pas le reflet de la réalité.

«On dirait que certains médias font des efforts considérables pour passer des photos sur lesquelles j’ai l’air de vouloir assassiner quelqu’un alors que dans la vie, je ne suis pas un gars très sérieux», lance-t-il.