Le ministre de l’Agriculture André Lamontagne planche sur un registre des aliments québécois. Le projet permettra de recenser l’ensemble des produits cultivés au Québec.

Vers un registre des aliments québécois

Si on veut mettre des aliments du Québec dans son assiette, il faut d’abord être bien informé. Le ministre de l’Agriculture André Lamontagne planche sur un registre des aliments québécois, que tous pourront consulter en ligne.

«Ça a été une grande surprise quand on est arrivés, de constater que ça n’existe pas», commente M. Lamontagne en entrevue au Soleil. Le projet de recenser l’ensemble des produits cultivés au Québec a déjà été évoqué au ministère de l’Agriculture, mais n’a jamais été réalisé. «J’ai demandé au ministère de mettre les bouchées doubles là-dessus», indique M. Lamontagne.

Selon lui, il s’agit de la première étape à franchir pour ensuite inciter les organismes publics, comme les écoles, les hôpitaux et les prisons, à s’approvisionner en produits québécois. M. Lamontagne souhaite que ce registre ou répertoire bioalimentaire se réalise dans «les délais les plus rapides possible».

Une fois que ce sera fait, le ministre a l’intention d’imposer «des cibles» aux organismes publics afin qu’ils achètent des produits québécois.

Des milliers de produits portent déjà l’étiquette «Aliments du Québec», mais l’initiative du ministre Lamontagne vise à aller plus loin et à répertorier l’ensemble de ce qui est produit dans la province.

Grande marche

Des milliers d’agriculteurs québécois sont attendus à Montréal dimanche pour la grande marche «Garde-manger en danger», organisée par l’Union des producteurs agricoles (UPA). Ce rassemblement vise à mettre de la pression sur les gouvernements fédéral et provincial afin qu’ils reconnaissent que les produits agricoles québécois ne rivalisent pas à armes égales avec les produits étrangers.

«Il y a de la concurrence déloyale sur nos tablettes d’épicerie», juge Patrice Juneau, porte-parole de l’UPA. Selon lui, les producteurs agricoles québécois doivent respecter de nombreuses règles pour protéger l’environnement et le bien-être animal, alors que ces mêmes règles ne sont pas appliquées aux produits étrangers.

À l’heure actuelle, l’assiette des Québécois est composée en moyenne de 33 % de denrées agricoles québécoises.

Le ministre Lamontagne juge que cette proportion doit augmenter. Il voit la marche «Garde-manger en danger» non pas comme de la pression sur ses épaules, mais comme «du soutien» à ce que propose la Coalition avenir Québec. «On se rassemble et on se passe tous le même message. Que ça a de nombreux bénéfices de manger québécois.» Lors de la dernière campagne électorale, la CAQ s’est notamment engagée à doubler la culture en serre au Québec.