La députée de Laviolette et ministre responsable de la Mauricie, Julie Boulet, entourée de ses collègues Marc H. Plante (Maskinongé), Jean-Denis Girard (Trois-Rivières) et Pierre Giguère (Saint-Maurice).

Un comté de moins en Mauricie

Le poids politique de la Mauricie au Québec est réduit de 20 % à la suite de la décision rendue, jeudi matin, par la Commission de la représentation électorale.
Les anciens territoires des circonscriptions sont délimités par les traits foncés alors que ceux de la nouvelle carte électorale sont ombragés.
Sans surprise, les comtés de Saint-Maurice et de Laviolette seront fusionnés pour contrebalancer l'effet démographique négatif, à la grande déception des députés de la région. Au prochain scrutin prévu le 1er octobre 2018, la Mauricie ne comptera plus que quatre comtés, un de moins que les cinq actuels.
La CRÉ ne s'est pas non plus ralliée aux positions exprimées par les maires de la MRC de Mékinac, outrés d'apprendre, lors du dépôt du deuxième rapport le 7 février, que leur territoire serait dorénavant partagé entre deux circonscriptions.
Les municipalités de Trois-Rives, Saint-Roch-de-Mékinac et Grandes-Piles demeureront dans le nouveau comté de Laviolette - Saint-Maurice, tandis que les sept autres communautés de la MRC de Mékinac basculeront dans Champlain.
Par contre, la forte résistance sur le projet de joindre le secteur Saint-Louis-de-France et Notre-Dame-du-Mont-Carmel à la circonscription de Trois-Rivières a porté ses fruits. La municipalité restera finalement dans Laviolette - Saint-Maurice. Le statu quo est aussi conservé pour Saint-Louis-de-France, qui demeure dans Champlain.
À l'unanimité, les cinq députés libéraux dénoncent vigoureusement la perte d'un comté en Mauricie, même si la CRÉ n'a jamais laissé entrevoir un possible revirement de situation sur ce plan depuis le dépôt de son premier rapport, en mars 2015. Saint-Maurice et Laviolette se retrouvant en situation d'exception parce que leur nombre d'électeurs se situait à plus de 25 % sous la moyenne provinciale, la froide réalité démographique rendait le combat difficile.
Toujours attristée de perdre une grande partie de la MRC de Mékinac, notamment Saint-Tite, la députée de Laviolette et ministre responsable de la région, Julie Boulet, considère que les critères pour établir la carte électorale doivent être élargis.
«Dans toutes les régions du Québec, on plaide qu'avec les territoires à couvrir, les défis, les enjeux comme la décroissance démographique et la pauvreté très présente, il devrait y avoir d'autres considérations que le nombre (d'électeurs) dans un comté», suggère-t-elle.
«On devrait tenir compte d'autres éléments qui font qu'en région, le travail d'un député n'est pas le même qu'en milieu urbain. Dans mon comté, ça prend huit heures pour aller d'un point à l'autre. À Montréal, ils ont trois ou quatre coins de rues à faire.»
Le député de Saint-Maurice, Pierre Giguère, encaissait le coup, bien qu'il s'était fait à l'idée depuis longtemps que sur la base d'un calcul mathématique, la Mauricie perdrait inévitablement un comté.
«Je n'avais aucun espoir. Je regardais les chiffres et les critères sur lesquels ils se basaient et on n'était pas capable de virer ça de bord.»
À Montréal jeudi, la députée de Québec solidaire, Manon Massé, célébrait le maintien de la circonscription de Sainte-Marie - Saint-Jacques. M. Giguère considère qu'il s'agit d'un contexte fort différent.
«Notre gros problème, c'est le nombre d'électeurs», réitère-t-il. «On avait deux prises contre nous. Notre courbe démographique ne suit pas le reste du Québec. On était mal pris en partant! Manon Massé a fait des revendications, mais le nombre d'électeurs est là.»
Personne de trop
Dans la circonscription de Maskinongé, le député Marc H. Plante accueillera Saint-Mathieu-du-Parc et Saint-Boniface, deux municipalités présentement attachées au comté de Saint-Maurice, mais appartenant à la MRC de Maskinongé.
«Je suis peut-être le seul pour qui le redécoupage a plus de sens», fait-il remarquer. «Mais on est extrêmement déçu de perdre une voix. Malheureusement, on n'a fait que le débat des chiffres et on ne pouvait pas jouer là-dedans.»
Également déçu de la perte d'un représentant pour la région, le député de Champlain, Pierre Michel Auger, se retrouve maintenant avec le plus important comté de la Mauricie en terme d'électeurs, avec l'ajout d'une grande partie de la MRC de Mékinac. Il se dit prêt à travailler avec ce nouveau groupe d'élus.
«Je double géographiquement le comté de Champlain, avec près de 60 000 électeurs», précise-t-il. «Je m'attends à travailler avec tout le monde, mais je comprends la déception. Les gens ont été pendant 15 ans avec Julie et elle a fait un très bon travail dans son comté.»
Du côté de Trois-Rivières, Jean-Denis Girard hérite d'une petite partie de l'actuel comté de Maskinongé, à l'est de l'autoroute de l'Énergie. Une décision plus logique que la proposition controversée du deuxième rapport, se réjouit-il.
«Mais je veux revenir sur le fait que nous avions cinq députés en Mauricie et que ce n'était pas trop», pointe-t-il. «On va continuer à travailler ensemble. Même à quatre députés, soyez assurés qu'à Québec, la Mauricie continuera à être très bien représentée.»