Interrogé sur le tapis rouge du gala de l'ADISQ, dimanche soir, Justin Trudeau (ici avec le ministre du Patrimoine Pablo Rodriguez) a assuré qu'il était à l'écoute de l'ADISQ.

Trudeau dit avoir entendu le cri du coeur de l'ADISQ

MONTRÉAL — Le premier ministre du Canada Justin Trudeau dit avoir entendu le cri du coeur des anciens présidents de l'ADISQ, qui ont interpellé le gouvernement fédéral cette semaine pour qu'il protège les artisans d'ici dans leur virage numérique.

«On les entend», a assuré M. Trudeau, en entrevue sur le tapis rouge du gala de l'ADISQ, dimanche soir.

Le premier ministre a dit qu'il était à l'écoute du regroupement artistique, qui demande notamment de revoir la rémunération des artisans sur les plateformes d'écoute en ligne, dont Spotify et Apple Music.

En ce moment, l'ADISQ juge que les redevances des artistes sur ces applications sont beaucoup trop modestes.

L'ADISQ recommande également de taxer les fournisseurs de service Internet, qui diffusent beaucoup de produits culturels.

M. Trudeau a rappelé que son gouvernement était en train de réviser les Lois sur la radiodiffusion et les télécommunications, ainsi que la Loi sur le droit d'auteur.

«Le virage numérique dans lequel on est en train d'embarquer en tant que société a besoin de gouvernements qui sont là pour réfléchir avec les artistes, avec les producteurs, avec le milieu culturel sur comment on va s'assurer qu'on continue à créer des oeuvres magnifiques et que le public, pas juste au Québec, à travers le monde, l'apprécie», a expliqué M. Trudeau en entrevue.

Les dirigeants de l'ADISQ, passés et actuel, ont appelé politiciens cette semaine à avoir le «courage» de négocier avec les géants du numérique, afin de s'assurer que la culture québécoise ait sa place sur la toile et que les artistes québécois reçoivent leur juste part.

Dans une lettre ouverte publiée mardi à l'occasion des 40 ans de l'Association québécoise de l'industrie du disque, du spectacle et de la vidéo (ADISQ), 14 anciens présidents et le président actuel, Philippe Archambault, ont plaidé qu'il était «essentiel» de permettre aux artisans d'ici «de revenir à un marché équilibré et équitable».