Le premier ministre réélu, Justin Trudeau, n’a pas l’intention de former une coalition formelle ou informelle.

Trudeau a entendu le message des Québécois... mais tient le même discours [VIDÉO]

OTTAWA — Tard lundi soir, il disait aux Québécois avoir entendu leurs messages. Après une journée de réflexion, Justin Trudeau est apparu mercredi après-midi servant le même discours qui l’a conduit à un gouvernement minoritaire.

Sa réponse aux demandes du premier ministre François Legault — déclaration de revenus unique, contrôle de l’immigration, loi 101 appliquée aux entreprises sous juridiction fédérale, non-contestation de la loi sur la laïcité — c’est encore non.

«Oui, il y a des enjeux sur lesquels on n’est pas tout à fait alignés, mais je me suis toujours engagé à travailler avec le gouvernement du Québec pour essayer de répondre de la bonne façon aux préoccupations des Québécois et on va continuer de le faire», a dit M. Trudeau à sa première conférence de presse depuis l’élection de lundi.

Les deux premiers ministres se sont parlé mardi.

Loi 21

Si M. Legault a vu dans l’envoi de 32 bloquistes à Ottawa la preuve que les Québécois veulent le respect de sa loi sur la laïcité, Justin Trudeau y lit plutôt un message sur la lutte contre les changements climatiques.

«C’était un enjeu dans la campagne électorale», a-t-il dit à propos de la loi sur la laïcité, après avoir répété qu’il pourrait intervenir dans la contestation de la loi s’il le juge nécessaire.

«Mais j’ai été moi-même avec 500 000 gens dans les rues de ma ville, à Montréal, qui disaient que la priorité c’est d’avoir un gouvernement qui va lutter contre les changements climatiques», a-t-il enchaîné.

Trans Mountain

Ce qui ne veut pas dire qu’il abandonnera son projet d’agrandissement de pipeline dans l’Ouest canadien.

«Nous avons pris la décision d’aller de l’avant avec l’agrandissement de l’oléoduc Trans Mountain parce que c’était dans l’intérêt du Canada de le faire, parce que l’environnement et l’économie doivent aller de pair. Nous allons continuer l’agrandissement du pipeline Trans Mountain», a-t-il confirmé, reprenant mot pour mot son discours d’avant la campagne électorale.

Compromis en vue?

«Ce n’est pas du tout dans nos plans de former une quelconque coalition formelle ou informelle», a assuré M. Trudeau.

Pour ce qui est de la manière dont il pourra faire survivre son fragile gouvernement minoritaire, il va y penser.

«Le message que les Canadiens ont envoyé lundi soir m’a donné beaucoup de matière à réflexion et je m’engage à réfléchir de façon attentive et de façon profonde, en consultant beaucoup de gens sur la meilleure façon de procéder», a-t-il promis.

«On va avoir évidemment plus à dire au fil qu’évoluent ces réflexions», a-t-il ajouté.

Des plans et des dates

Le nouveau conseil des ministres sera assermenté le 20 novembre. Il n’y a pas encore de date prévue pour le retour à la Chambre des communes. Son premier geste sera de «baisser les impôts de la classe moyenne».

Et il promet de garder les canaux de communication ouverts avec tous les premiers ministres provinciaux avec lesquels il était en guerre ouverte ces derniers mois.

«J’ai déjà eu de bonnes conversations avec plusieurs des premiers ministres conservateurs à travers le pays, dont Doug Ford avec qui on a eu une conversation très cordiale», a-t-il rapporté.