Les critiques avaient été nombreuses à l’encontre de la CAQ à la suite d’entorses à son engagement d’être le gouvernement de la transparence, comme l’avait énoncé la vice-première ministre Geneviève Guilbault.

Transparence: le gouvernement caquiste cède aux pressions de l’opposition

Le gouvernement Legault cède aux pressions de l’opposition : il divulguera à l’avance l’emploi du temps de ses ministres, a appris La Presse canadienne.

La Coalition avenir Québec (CAQ) entend ressusciter «le plus tôt possible» le site transparence.gouv.qc.ca. Le gouvernement s’engage ainsi à diffuser les informations sur les activités publiques avant leur tenue, sauf «en cas de circonstances exceptionnelles».

Le site transparence.gouv.qc.ca avait été mis sur pied par le gouvernement Couillard pour diffuser notamment l’agenda public des membres du cabinet, mais il n’est plus mis à jour depuis l’élection des caquistes.

Les ministres peuvent ainsi tenir toutes leurs rencontres comme bon leur semble, à l’insu des médias et de la population, à l’abri des regards et des caméras.

L’opposition officielle avait accusé à quelques reprises la CAQ d’agir en catimini et d’être le gouvernement de la «transparence zéro».

«On comprend qu’il y a de la pression pour qu’on publie nos agendas», a admis Nicky Cayer, la porte-parole de la ministre responsable de l’Accès à l’information, Sonia LeBel.

Au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne, elle a justifié les délais dans la diffusion des agendas des ministres au grand public.

«Nombreuses lacunes»

Elle a fait valoir que l’outil mis en ligne par le gouvernement libéral précédent comportait de «nombreuses lacunes» que la CAQ voulait résoudre, avec davantage d’uniformité et de cohérence.

«Deux ministres [libéraux] participaient à la même rencontre et l’information n’était pas entrée de la même façon, donc ça portait peut-être à confusion», a-t-elle donné en exemple.

«C’est bien beau que l’opposition nous accuse de ne rien faire, mais on veut aller de l’avant.»

Mme Cayer n’a pas pu indiquer précisément quand les changements entreraient en vigueur, mais a indiqué que ce sera le plus tôt possible. «On a été mis sous les projecteurs. Notre intention est de le faire dans les meilleurs délais.»

L’opposition officielle avait d’ailleurs exigé un échéancier précis et de connaître les modalités de mise en œuvre.

Le gouvernement caquiste s’engage en outre à divulguer les rencontres non sollicitées auxquelles participent les ministres, dans un délai de 90 jours, comme cela se faisait auparavant.

Les critiques avaient été nombreuses à l’encontre de la CAQ à la suite d’entorses à son engagement d’être le gouvernement de la transparence, comme l’avait énoncé la vice-première ministre Geneviève Guilbault.

Par exemple, la semaine dernière, le premier ministre François Legault rencontrait le chef du grand conseil des Cris, à l’insu de tous, sans aucun préavis ni annonce officielle. Ce n’était pourtant pas une rencontre privée, puisqu’il s’est empressé d’en faire mention ensuite sur son compte Twitter.

Toujours la semaine dernière, on apprenait par Twitter que la ministre des Relations internationales, Nadine Girault, entamait une mission en France et rencontrait le ministre de l’Éducation. Or même la veille, dans l’avis public des activités des ministres pour le lundi, aucune mention n’était faite de sa mission.

La Presse canadienne avait fait de nombreuses démarches depuis la fin d’octobre auprès des responsables des communications du gouvernement, afin de savoir ce qu’il adviendrait du site Internet transparence.gouv.qc.c­a, mais en vain.