Transparence des dépenses des députés: oui, mais à la prochaine législature

Les parlementaires de l’Assemblée nationale continuent de rivaliser pour rendre leurs dépenses plus «transparentes». Une volonté pourtant presque inexistante jusqu’à la semaine dernière.

Ce désir tombe bien, puisque nous sommes à la fin d’une législature et que les éventuelles nouvelles règles s’appliqueront aux parlementaires de la prochaine, a exprimé jeudi le président de l’Assemblée nationale.

«C'est d'autant plus facile qu'on est à la fin d'une législature», a répondu Jacques Chagnon aux nouvelles suggestions qui lui étaient faites à cet égard.

La semaine dernière, les députés avaient déjà voté à l’unanimité une résolution présentée par Québec solidaire réclamant plus de transparence en ce qui a trait à leurs dépenses lors des missions qu’ils mènent à l’étranger. Ce à quoi avait acquiescé le président Chagnon, tout en invitant les partis politiques à s’entendre sur les modalités de cette transparence.

Ce jeudi, le député péquiste Sylvain Gaudreault a proposé d’élargir cet engagement à d’autres dépenses que celles encourues lors des missions à l’étranger. Il a cité les frais de logement des députés, les dépenses liées au fonctionnement de leur bureau de circonscription, ainsi que l’allocation annuelle de 17 300 $ qu’ils reçoivent pour des frais de représentation et autres.

Il en va de la confiance des citoyens envers les institutions politiques, a plaidé le député de Jonquière.

Le président Jacques Chagnon s’est tout de suite dit d’accord. «Bâtissons pour les gens qui vont suivre», ceux de la prochaine législature, celle qui naîtra des prochaines élections du 1er octobre.

Le caquiste Donald Martel s’est réjoui de ces avancées à venir. Il a toutefois rappelé qu’il a lui-même réclamé plus de transparence plusieurs fois ces dernières années sans que qui que ce soit ne réagisse.

Ailleurs au Canada

Comme ses collègues et le président de l’Assemblée nationale, le caquiste juge utiles les missions des parlementaires à l’étranger. Au-delà de la transparence, il précise qu’il aimerait tout de même la tenue d’un plus grand questionnement quant à la pertinence réelle des unes et des autres. On ne parle pas ici des missions que mènent le premier ministre du Québec et ses ministres, mais bien celles des députés.

Le solidaire Gabriel Nadeau-Dubois a noté que le Québec accuse un vrai retard en ces matières par rapport aux autres provinces canadiennes et par rapport aux élus de la Chambre des communes, à Ottawa. Le péquiste Sylvain Gaudreault croit d’ailleurs que le Québec pourrait s’inspirer de ce qui se fait à Ottawa.

Cet échange s’est déroulé lors de l’exercice dit de «l’étude des crédits budgétaires» de l’Assemblée nationale, crédits qui s’élèvent désormais à 142,5 millions $ par année pour cette institution.

Le président Jacques Chagnon, qui ne sollicitera pas d’autre mandat électoral, a souligné que la construction du nouveau pavillon du Parlement respecte le calendrier, ainsi que le budget de 60,5 millions $. Il sera prêt en 2019.

Une fois ces travaux terminés, il estime qu’il faudra rénover le Salon bleu. Une opération qui, si elle est menée, devrait durer 18 mois. Les parlementaires devraient siéger au Salon rouge durant cette période.