Au Québec, le Parti libéral de Justin Trudeau demeure largement en tête avec 40,2 % des intentions de vote, une légère hausse de 0,3 % et un meilleur score que lors de l’élection de 2015 où il avait récolté 35,5 % des voix dans la Belle Province.

Sondage Recherche Mainstreet: l’Est aux libéraux, l’Ouest aux conservateurs

Selon le dernier sondage Recherche Mainstreet réalisé entre le 19 et le 25 mars, les conservateurs d’Andrew Scheer (37,4 %) et les libéraux de Justin Trudeau (35 %) sont toujours nez à nez dans les intentions de vote, mais le Parti libéral du Canada (PLC) remporte la faveur populaire en Ontario, au Québec et dans les Maritimes alors que le Parti conservateur (PC) est en tête en Alberta, dans les Prairies et en Colombie-Britannique.

«Oui, c’est un peu comme si le Canada était divisé en deux. Le Parti conservateur a une avance très marquée en Alberta et dans les Prairies, mais ça ne lui donne pas un siège de plus étant donné qu’il a déjà beaucoup d’élus dans ce secteur. Il y a également peu de mouvement en Colombie-Britannique. Le Parti conservateur améliore son score de 2,3 % au niveau national alors que le PLC enregistre un recul de 2,2 %», indique Luc Fortin, président de Recherche Mainstreet pour la division du Québec. «Une chose est certaine, si des élections avaient lieu demain, le gouvernement serait minoritaire. C’est cependant une course trop serrée pour dire si ce serait un gouvernement libéral ou conservateur», poursuit-il.

Le Nouveau parti démocratique (NPD) demeure stable à 11,6 % alors que le Parti vert progresse de 0,7 % à 7,7 % des intentions de vote et que le Bloc québécois récolte 3,1% des intentions de vote, à peine quelques dixièmes derrière le Parti populaire de Maxime Bernier, qui ne lève pas beaucoup à 3,8 %, 0,4 % de moins que lors du dernier sondage. «Le Parti populaire perd des appuis partout sauf en Colombie-Britannique, où il progresse. On peut dire que la montée conservatrice nuit à Maxime Bernier puisque les gens plus à droite semblent voter conservateur pour avoir la chance d’avoir un parti au pouvoir», analyse M. Fortin.

Au Québec

Au Québec, le Parti libéral demeure largement en tête avec 40,2 % des intentions de vote, une légère hausse de 0,3 % et un meilleur score que lors de l’élection de 2015 où il avait récolté 35,5 % des voix dans la Belle Province. «Justin Trudeau peut donc encore espérer faire des gains au Québec. Le Parti conservateur est loin derrière, mais il progresse de 20% à 24,9 % par rapport au dernier sondage et fait donc lui aussi mieux que ses 16,7 % de 2015 au Québec.». Le PC réaliserait ces gains aux dépens du Bloc québécois, qui recule de 17,2% à 13,3 % par rapport au dernier coup de sonde en février. «L’effet de l’élection du chef Yves-François Blanchet a été de courte durée, anéanti par la montée conservatrice. Le Bloc revient à son niveau de janvier avant l’élection de M. Blanchet. Le Bloc avait remporté 10 sièges avec 19,4 % des voix en 2015, alors à 13,3 % des voix, on peut s’attendre à ce qu’il en ait moins qu’à la dernière élection», analyse Luc Fortin.

Un autre parti qui risque d’être perdant au Québec est le NPD, qui n’obtient la faveur que de 8,7 % des électeurs et est même chauffé par le Parti vert (7,3 %). «On anticipe beaucoup de pertes de sièges pour le NPD au Québec. Quant aux chiffres du Parti vert, ils ne sont pas étonnants puisque le parti a obtenu un bon score lors de l’élection partielle dans Outremont [une troisième place avec 12,9 % des voix]», poursuit M. Fortin.

Âge et sexe

Les 18-34 ans sont le seul groupe d’âge où les libéraux sont en avance, avec 35,4 % des intentions de vote contre 28,7 % pour les conservateurs, qui mènent dans toutes les autres tranches d’âge. Les libéraux continuent d’avoir la faveur des femmes (37,7 % contre 31% pour les conservateurs) alors que c’est le contraire chez les hommes, qui voteraient à 44 % pour les conservateurs contre 32,3 % pour les libéraux.

«Traditionnellement, les femmes ont des opinions plus progressistes et apprécient le style politique de Justin Trudeau, davantage marqué par l’empathie et la sensibilité, alors que les hommes sont généralement plus à droite et plus tentés par le Parti conservateur. Et même si ce n’est pas dans le programme de leur parti, le Parti conservateur est toujours demeuré suspect auprès de certaines femmes sur des dossiers comme l’avortement», explique Luc Fortin.

Pour ce qui est de l’effet de l’affaire SNC-Lavalin, M. Fortin estime qu’il a causé davantage de tort aux libéraux à l’extérieur du Québec. «La perception de ce dossier au Québec est différente de celle du reste du Canada puisque SNC-Lavalin est une entreprise québécoise. De plus, au Québec, le PLC fait mieux qu’en 2015 même s’il a perdu certains appuis. Il n’a certainement pas été mis K.O.», conclut le sondeur.

* Méthodologie: le sondage a été réalisé par téléphone (lignes terrestres et téléphones cellulaires) du 19 au 25 mars auprès de 8501 adultes de 18 ans et plus résidant au Canada. L’échantillon a été choisi à partir de l’annuaire téléphonique national compilé par Recherche Mainstreet à partir de différentes sources disponibles commercialement et via la composition téléphonique aléatoire. La marge d’erreur de ce sondage est de plus ou moins 1,06 % et la marge d’erreur pour le Québec se situe à plus ou moins 3,2 %. 

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Les Québécois, les plus optimistes au pays

Selon le dernier sondage Recherche Mainstreet, les Québécois seraient les plus optimistes au pays, tant à propos de l’économie canadienne que de leurs finances personnelles pour le reste de l’année. 

Au total, ce sont 58 % des Québécois qui se sont dits plutôt optimistes ou très optimistes au sujet de l’économie canadienne, devant les résidents des Maritimes (54,1 %), de la Colombie-Britannique (49,7 %) et de l’Ontario (49,6 %). Fortement touchés par la baisse des prix du pétrole, les Albertains (31,4 %) sont les moins optimistes, suivis des résidents des Prairies (41,2 %). La moyenne canadienne se situe à 49,4 %.

La tendance est la même concernant l’optimisme envers les finances personnelles. Les Québécois sont à 70,3 % optimistes vis-à-vis cet aspect, suivi des habitants des provinces atlantiques (63,5 %), des résidents de Colombie-Britannique (63%) et des Ontariens (62,9 %). Le pourcentage chute à 59,1 % dans les Prairies et à 49,2% en Alberta.

Sans surprise, c’est donc en Alberta que l’on retrouve le plus de Canadiens (79,2 %) qui estiment qu’il est temps de changer de gouvernement. Le pourcentage est aussi élevé dans les Prairies (74,6 %) et en Colombie-Britannique (66,7 %). De l’autre côté du spectre, les Ontariens sont les moins nombreux à souhaiter un changement de gouvernement (59 %), suivis des Québécois (59,1 %) et des répondants des Maritimes (60,5 %) alors que la moyenne nationale est de 63,5 %.