«Mon nom, c’est Rizqy, donc je prends les risques et oui, j’assume mes propos», a soutenu la nouvelle députée à la sortie de la première journée du caucus libéral.

Rizqy se range, le PLQ ne s'excusera pas pour l'austérité

La députée libérale Marwah Rizqy reconnaît avoir voulu pousser son parti à s’excuser pour les années d’austérité du gouvernement Couillard, mais elle s’est finalement rangée à l’opinion majoritaire de ses collègues : pas d’excuses pour les Québécois.

«Mon nom, c’est Rizqy, donc je prends les risques et oui, j’assume mes propos», a soutenu la nouvelle députée à la sortie de la première journée du caucus libéral.

Sans avoir signé de lettre, elle reconnaît avoir «initié une certaine discussion» sur le fait que le parti a voulu aller trop loin et trop rapidement pour revenir à l’équilibre budgétaire. Des propos qui se sont retrouvés dans un article du Journal de Québec. 

Son initiative a beaucoup fait jaser au sein du caucus jeudi, ayant été mal accueillie par certains collègues. «On est capables de brasser beaucoup d’idées chez nous et c’est sain», a soutenu Mme Rizqy, qui reconnaît avoir causé «un petit tumulte» chez les libéraux. Mais rien pour briser la relation avec ses collègues. «Je veux vous rassurer, on va bien.»

La députée, qui est toujours «en réflexion» à savoir si elle briguera la chefferie du Parti libéral du Québec (PLQ) explique qu’elle se range maintenant à la position du chef intérimaire Pierre Arcand. 

Plus tôt en journée, le chef Arcand a nié que son caucus puisse être divisé. «Je n’appelle pas ça de la division, j’appelle ça une ouverture à discuter les choses et à faire les débats sereinement au sein de notre parti», a expliqué M. Arcand. 

S’il a commencé par dire qu’une «enquête interne» avait été menée sur cet incident, le chef a par la suite ajouté «qu’il n’y a rien de grave là-dedans» et que «les gens ont le droit de s’exprimer à l’intérieur de notre parti». «Ce qui est important comme parti politique, c’est que tout le monde ait la discipline pour se rallier à la fin.»

Sébastien Proulx, Christine St-Pierre et André Fortin ont martelé au cours de la journée qu’il n’était pas question de s’excuser pour les années d’austérité. L’ex-ministre des Finances Carlos Leitão s’est dit prêt à défendre les raisons pour lesquelles son gouvernement a agi ainsi. 

«Quand on s’est engagés en campagne électorale en 2018, tout le monde savait exactement quelle était, quelle avait été notre orientation gouvernementale. Si quelqu’un n’était pas à l’aise avec ça, c’est un peu tard maintenant de le déclarer», a-t-il lancé. 

Ménage fait

Les libéraux croient d’ailleurs avoir déjà fait «le ménage» dans les dépenses et que la Coalition avenir Québec (CAQ) ne doit pas chercher à faire de nouvelles compressions dans les ministères. «On l’a fait. Et je dis qu’à partir du moment où on l’a fait, on ne peut pas aller plus loin», a soutenu le député Gaétan Barrette. Selon lui, il serait malvenu de faire des coupes alors que le Québec peut s’appuyer sur des surplus budgétaires. «Ça ne tient pas la route et moralement, ça ne se justifie pas.»

Gaétan Barrette s’est d’ailleurs attaqué aux «principes variables» de la Coalition avenir Québec, en pointant son manque de jugement depuis quelques semaines. Par exemple, le député a dénoncé le dénombrement «illégal» que la CAQ souhaitait faire des personnes en autorités qui portent actuellement des signes religieux et la tolérance dont le parti fait preuve à l’égard des propriétaires d’armes à feu qui ne sont pas encore inscrits au registre. 

Gaétan Barrette juge que la CAQ envoie aussi un «mauvais message» à la population en tolérant qu’un fonctionnaire lanceur d’alerte du ministère de l’Agriculture ait été congédié au cours des derniers jours. «Ou bien, ils ont des problèmes de principe, ou bien ils ont des problèmes de jugement, ou bien ce sont des amateurs, ou tout en même temps.»