«L’entrée en vigueur du fichier d’immatriculation des armes à feu n’a rien à voir avec cette commémoration [de la tuerie à la Grande Mosquée], qui doit avoir toute l’attention qui lui est due», signale Martin Coiteux.

Registre des armes: l’entrée en vigueur pas liée à la tuerie de la Grande Mosquée

RIMOUSKI — Le ministre Martin Coiteux assure que la date de l’entrée en vigueur du registre québécois des armes à feu, prévue lundi, n’a aucun lien avec le premier anniversaire de la tuerie de la Grande Mosquée de Québec. Selon lui, il s’agit d’une pure coïncidence.

En tournée à Rimouski, jeudi, le ministre de la Sécurité publique souligne qu’une commémoration aura lieu pour se souvenir du triste événement. «On va commémorer l’attentat de la Grande Mosquée», précise M. Coiteux. «C’est un événement tragique, qui a coûté la vie à six personnes et qui a causé des blessures graves à d’autres personnes. C’est un moment de notre histoire qui est triste, qui doit être condamné et on va le commémorer lui-même, pour ce qu’il représente pour les Québécois. L’entrée en vigueur du fichier d’immatriculation des armes à feu n’a rien à voir avec cette commémoration, qui doit avoir toute l’attention qui lui est due.»

Guy Morin, président de Tous contre un registre Québécois des armes à feu, a indiqué au Soleil que le collectif citoyen n’a pas l’intention d’organiser de manifestation ou de sortie publique pour s’opposer à l’entrée en vigueur, lundi, du registre québécois des armes à feu. «On serait encore vus comme des méchants là-dedans», déplore-t-il, étant donné qu’il s’agit du jour de commémoration de l’attentat à la Grande Mosquée de Québec.

«On trouve ça un peu dommage que le gouvernement ait choisi cette date-là pour faire ça», ajoute M. Morin, qui croit à de la «récupération politique» de cet enjeu par le gouvernement libéral.

Rappelons que le collectif avait choisi, en novembre, de tenir une manifestation au lieu commémoratif des victimes de la tuerie de Polytechnique à Montréal. Devant le tollé suscité par cette décision, le collectif a changé de lieu et a finalement tenu son rassemblement dans une cabane à sucre de Portneuf. 

Le ministre Coiteux croit que Guy Morin et les sympathisants du lobby contre le registre des armes à feu n’ont rien compris. «On va doter notamment nos corps policiers d’un instrument additionnel pour prévenir la violence et des décès, explique-t-il. C’est important pour la communauté policière, pour les maisons d’hébergement qui s’occupent des femmes victimes de violence conjugale, pour la prévention du suicide, pour assurer la sécurité dans notre société. Il y a des gens qui s’opposent à ça. Je respecte leur opposition. Mais, je crois que la société québécoise pense, dans son ensemble, que c’est un fichier d’immatriculation qui est nécessaire pour des fins de sécurité. En même temps, on a des chasseurs sur tout le territoire et leur activité est tout à fait légitime. On veut que ce soit simple, non intrusif, gratuit pour les chasseurs et c’est comme ça que ça va entrer en vigueur.»

Guy Morin estime que ce nouveau registre est «une façon de donner un faux sentiment de sécurité à la population», étant donné que lorsque le registre canadien était en vigueur, de 1995 à 2012, une minorité de propriétaires d’armes s’enregistraient. «Ça va finir par tomber, comme le registre canadien. Ils vont se rendre compte que la loi n’est pas applicable», croit M. Morin. 

Pas de comparaison à faire avec le fédéral

Pour le ministre de la Sécurité publique, il n’y a aucune comparaison à faire. «Ne faites pas de parallèle avec ce qui s’est passé avec le fichier fédéral sur les armes à feu, prévient M. Coiteux. On ne parle pas du tout de la même chose. On ajoute quelques armes supplémentaires à un fichier qui va être basé sur ce qui existait déjà, c’est-à-dire la base d’information du directeur de l’état civil. Je tiens à rassurer l’ensemble des contribuables québécois : les coûts sont sous contrôle.»

En décembre, le gouvernement du Québec a annoncé que les propriétaires d’armes à feu et les entreprises qui les vendent auront un an, à partir du 29 janvier, pour immatriculer leurs armes auprès du Service d’immatriculation des armes à feu (SIAF). Il s’agit d’un service en ligne, qui est sans frais pour les propriétaires d’armes. Ceux-ci n’auront pas non plus à faire buriner leurs engins.

Le gouvernement estime à 1,6 million le nombre d’armes à feu sans restrictions qui sont présentes sur le territoire québécois et qui devront devenir conformes à la loi d’ici un an. Avec Patricia Cloutier