Du 13 au 16 août, les ministres du PLQ ont participé à 37 annonces, qui totalisent des investissements de 1,4 milliard $, a calculé Le Soleil.

Rafale d’annonces: une stratégie dénoncée

«Le PLQ prend les Québécois pour des idiots et tente d’acheter leur vote», critique Diane Lavallée, candidate du Parti québécois dans Taschereau.

Tous les partis d’opposition ont vivement critiqué vendredi le fait que les ministres du gouvernement de Philippe Couillard se livrent à une rafale d’annonces gouvernementales, à une semaine du déclenchement de la campagne électorale. Du 13 au 16 août, les ministres ont participé à 37 annonces, qui totalisent des investissements de 1,4 milliard $, a calculé Le Soleil.

Pour le Parti québécois, cette stratégie est une preuve supplémentaire que l’austérité du Parti libéral a servi à amasser une cagnotte préélectorale. «Avec les libéraux, ça a été trois ans de compressions, un an de bonbons et on déclenche des élections», déplore Mme Lavallée. 

Même si d’anciens gouvernements péquistes, comme ceux de Lucien Bouchard ou de Pauline Marois, ont aussi fait des annonces préélectorales, Mme Lavallée croit que la situation actuelle est exceptionnelle. «Les montants élevés et le nombre d’annonces, c’est du jamais vu. Les gouvernements n’ont jamais fait des coupures à ce point pour se garder une cagnotte», croit-elle. 

S’il est porté au pouvoir, le Parti québécois ne se livrerait pas à ce type de stratégie. «On fera pas des accroires aux gens. Les gens veulent avoir l’heure juste et nous, on leur donne. On est sérieux», plaide Mme Lavallée. 

François Bonnardel, député de la Coalition avenir Québec, déplore aussi que le Québec ait droit à ce «buffet d’annonces à gauche et à droite». «Il n’y a plus aucune gêne. C’est de la petite politique. C’est la recette d’un parti qui est usé qui cherche par tous les moyens de se faire réélire.»

M. Bonnardel dénonce la méthode des libéraux, qui ont coupé dans les services, avant de réinvestir à la fin de leur mandat. Un gouvernement de la CAQ assurerait une «prévisibilité» des dépenses des gros ministères, comme ceux de la santé et de l’éducation. «Le système de santé, le système d’éducation, ils peuvent pas fonctionner comme ça. Il faut assurer une croissance égale des dépenses. C’est extrêmement malsain la façon dont ça a fonctionné.»

Questionné à ce sujet vendredi, le premier ministre Philippe Couillard a défendu les annonces «importantes» faites par son gouvernement ces jours-ci. «On le fait pourquoi? Parce qu’on a retrouvé nos moyens. Si on n’avait pas remis le Québec sur les rails, redonné la liberté de faire des choix, avec des finances publiques saines et une dette qui diminue, on pourrait pas faire ça.»

Catherine Dorion, candidate de Québec solidaire dans Taschereau, trouve aberrant que les libéraux «mentent en pleine face du monde», en niant qu’il s’agit d’une stratégie. «C’est évident, c’est gros comme le bras, mais ils ne le reconnaissent pas. Ils ne s’assument pas», déplore-t-elle. 

Ce type de comportement a tout pour alimenter le cynisme, croit Mme Dorion. «Les gens sont pas cons. Je pense qu’ils sont écoeurés de ce genre de manipulation-là.»