Le gouvernement provincial de l’Alberta a annoncé que Mme Notley s’adresserait aux journalistes dimanche, en soirée, au sujet des prochaines mesures à prendre pour s’assurer que les Albertains obtiennent le meilleur prix possible pour leurs ressources énergétiques.

Rachel Notley évoque une restriction de la production de pétrole en Alberta

EDMONTON - La première ministre Rachel Notley évoque la nécessité d’imposer des baisses de production à l’ensemble de l’industrie pétrolière dans une lettre adressée aux Albertains en prévision d’une conférence de presse prévue dimanche soir.

Le gouvernement provincial de l’Alberta a annoncé que Mme Notley s’adresserait aux journalistes dimanche, en soirée, au sujet des prochaines mesures à prendre pour s’assurer que les Albertains obtiennent le meilleur prix possible pour leurs ressources énergétiques.

La première ministre a également publié une lettre d’opinion dans laquelle elle affirme que la province doit agir maintenant pour régler son problème de surplus croissants de pétrole qu’elle impute à la capacité de transport trop faible des oléoducs.

Rachel Notley mentionne dans sa lettre qu’il existe deux points de vue opposés pour régler le problème à court terme: laisser le marché se débrouiller tout seul et risquer des pertes d’emplois et des fermetures d’entreprises, ou intervenir et restreindre temporairement la production de pétrole.

La première ministre a été interrogée sur l’éventualité d’une restriction de la production à la suite d’un discours prononcé devant la chambre de commerce de Toronto, jeudi, mais elle n’a pas précisé si elle était pour ou contre cette idée.

Sa lettre d’opinion annonce que la décision de son gouvernement sera dévoilée dimanche.

«Bien qu’un consensus semble se dégager parmi certains dirigeants politiques, aucun consensus n’existe au sein de l’industrie. À ce stade, on ne s’attend à aucun consensus de l’industrie», peut-on lire dans la missive de Mme Notley.

«Alors, Alberta, on en arrive à ce qu’il y a de mieux pour nous, pour les 4,3 millions d’entre nous, propriétaires de nos ressources pétrolières. En tant que propriétaires, nous avons l’obligation d’obtenir la meilleure valeur possible.»

D’après la lettre, 35 millions de barils de pétrole albertains sont entreposés. Par conséquent, le prix du pétrole brut se maintient autour de 10 dollars le baril, ce qui, selon Mme Notley, ne représente qu’une fraction de ce que les autres producteurs mondiaux obtiennent. Elle affirme que l’Alberta perd 80 millions de dollars par jour.

La première ministre a déjà annoncé que la province va acheter jusqu’à 80 locomotives et 7000 wagons-citernes, un investissement qui se chiffre en centaines de millions de dollars, afin d’acheminer les surplus de pétrole vers les marchés. Les premières livraisons sont attendues à la fin de 2019.

Elle prévient cependant que les wagons, les nouveaux oléoducs et l’augmentation de la capacité nationale de raffinage ne régleront pas le problème assez rapidement.

«Nous devons faire plus et le faire maintenant», écrit Mme Notley. «Ni l’un ni l’autre des choix ne vient sans inconvénient.»

Cenovus Energy a soumis l’idée d’une réduction de la production le mois dernier et la proposition a été appuyée par les politiciens de l’opposition en Alberta, dont le chef du Parti conservateur uni, Jason Kenney.

Cependant, Imperial et Husky ont réitéré vendredi leur opposition à toute baisse de production imposée, mais les deux entreprises sont favorables aux investissements ferroviaires, qui pourraient contribuer à améliorer l’accès au marché.