Claudette Carbonneau et Josée Boileau étaient les invitées lundi soir d’une conférence à la SSJB de la Mauricie. On reconnaît entre les deux femmes Chantal Trottier de la SSJB.

Quel avenir pour le mouvement souverainiste?

TROIS-RIVIÈRES — Le recul marqué du Parti québécois lors des dernières élections provinciales a porté un dur coup au mouvement souverainiste. Même si Québec solidaire a fait des gains, les deux partis qui prônent l’indépendance du Québec n’ont fait élire que 20 députés sur les 125 de l’Assemblée nationale.

C’est dans ce contexte que la Société Saint-Jean-Baptiste de la Mauricie tenait lundi une rencontre avec deux des auteures de l’ouvrage collectif Un Québec-pays, le Oui des femmes, publié aux Éditions du Remue-Ménage. Près de 70 personnes s’étaient donc déplacées pour assister à la conférence de Claudette Carbonneau, ancienne présidente de la CSN, ainsi que la journaliste et chroniqueuse Josée Boileau. La prémisse de départ de cette rencontre était la place des femmes dans le projet souverainiste.

Josée Boileau a d’abord abordé l’état de la langue française. L’ancienne rédactrice en chef du Devoir a écrit le chapitre Le français comme point de ralliement dans le collectif Un Québec-pays, le Oui des femmes. Elle a dressé un portrait plutôt pessimiste de la situation du français au Québec. Plusieurs exemples à l’appui, elle a affirmé que la défense de la langue française n’est plus d’actualité pour les politiciens.

Josée Boileau a aussi mis en garde contre la banalisation par les élus du caractère bilingue de Montréal. Cela se traduit notamment par la volonté de politiciens, comme François Legault, de prêter serment en français et en anglais. «Personne ne pensait il y a 100 ans que la foi ne serait plus si importante au Québec en 2018», a affirmé Mme Boileau en voulant démontrer l’importance de défendre la langue française.

La journaliste et chroniqueuse a aussi affirmé que la culture québécoise francophone a été oubliée dans les écoles et est absente des productions télévisuelles. «Le symbole de la vendeuse anglaise chez Eaton existe encore. C’est aujourd’hui Netflix», estime Josée Boileau.

Tout cela envoie le message aux immigrants, dit-elle, qu’il est possible de travailler et de vivre en anglais à Montréal, ce qui contribue au recul de la langue française.

De son côté, Claudette Carbonneau est l’auteure des chapitres De certains blocages engendrés par le régime fédéral dans les programmes essentiels et Une démarche constituante pour dessiner les contours du pays.

L’ancienne syndicaliste a exposé les torts que le fédéralisme canadien cause aux Québécoises dans de nombreux domaines, dont l’équité salariale, le droit du travail, la culture ou les services de garde.

La présentation de certains thèmes abordés dans le livre a été suivie d’une période de questions. Guy Rousseau, directeur général de la SSJB Mauricie, souligne que les personnes présentes ont clairement manifesté des inquiétudes à l’égard de l’avenir du mouvement souverainiste et de la langue française. «La crainte de se faire assimiler est encore bien présente», note-t-il en précisant que la SSJB a une position favorable à l’indépendance, mais n’appuie aucun parti politique.

De plus, la division du vote souverainiste a bien sûr été évoquée lors de la période de questions. «Les gens essaient de s’encourager en disant que les partis qui sont pour l’indépendance du Québec ont recueilli 33 % des votes. «Le mouvement souverainiste n’a pas de problème, c’est le véhicule qui a un problème. [...] Il y a toutefois une énorme réflexion à faire, c’est évident.»