Robert Aubin

Pyrrhotite et train à grande fréquence: Robert Aubin ne lâche pas

En 2017, le député fédéral de Trois-Rivières, Robert Aubin, entend bien continuer à talonner le gouvernement de Justin Trudeau dans deux dossiers particuliers à son comté, soit le train à grande fréquence et la pyrrhotite.
En 2016, il dit avoir maintenu la pression sur le ministre des Transports afin qu'il s'engage face au financement du projet de train à grande fréquence de Via Rail Canada. «C'est une question que j'ai posée à M. Garneau au moins cinq fois dans la dernière année en chambre et en comité. Le pdg de Via Rail attend une réponse, car ils sont prêts à aller de l'avant», a-t-il confié au Nouvelliste.
Or, on lui répond toujours que le gouvernement a investi pour une étude et qu'il en attend les résultats pour «prendre les décisions les plus avisées». «Mais là, ça fait plus d'un an que l'étude existe. Habituellement, quand on commande une étude, il y a une date de tombée pour la remettre et on ne veut même pas me donner cette date-là», déplore M. Aubin.
Pourtant, dit-il, l'intérêt général du projet semble reconnu de tous et «ce serait étonnant que les libéraux ne veuillent pas aller dans le sens de ce projet». «Cependant, j'ai l'impression qu'ils mettent la pédale sur le frein présentement pour être capable de financer éventuellement ce projet à même la banque d'infrastructures qu'ils veulent créer, ce qui est pour moi catastrophique car on va payer cinq fois plus cher le même projet que si on le finançait avec un emprunt public», croit-il.
Pour le porte-parole néo-démocrate en matière de Transports, «c'est l'un des dossiers forts de la prochaine année qui va continuer parce qu'à chaque mois qui est perdu, c'est le délai du premier train à Trois-Rivières qui est retardé».
D'autant plus, fait-il remarquer, que des discussions seront nécessaires avec le gouvernement du Québec et le maire de Montréal pour arrimer le projet du train à grande fréquence avec celui du REM à Montréal «parce que dans ce corridor Québec-Windsor, initialement, le projet de Via Rail passait par le même tunnel en-dessous du Mont-Royal où présentement le REM réclame l'exclusivité du tunnel».
«J'ai eu une conversation avec le directeur général de Via Rail qui me disait qu'il y a des solutions. Il était loin de lancer la serviette. Il y a des négociations à faire, il y a des solutions dans les cartons. Pour lui, ce n'était pas nécessairement un embêtement qui allait faire tomber le projet», assure M. Aubin. 
À son avis, il ne fait aucun doute que «ce projet nous ferait entrer dans le 21e siècle en réduisant nos gaz à effet de serre et en transformant le visage et l'économie de Trois-Rivières». «D'ailleurs, dès mon retour en Chambre, je poursuivrai la bataille pour obtenir un échéancier clair», a-t-il promis.
Par ailleurs, en 2016, celui-ci aura martelé une fois de plus la question de la pyrrhotite, dans l'espoir que les libéraux se décident «enfin» à modifier la norme sur la qualité des agrégats du béton et, ainsi, «éviter le déclenchement d'une autre crise au Canada».
«La réponse qu'ils nous donnent est exactement la même que les conservateurs nous donnaient avant, et qui ne tient pas la route. Tout à fait comme les conservateurs, ils nient toute responsabilité du gouvernement fédéral dans cette catastrophe. Or, il n'en est rien, on le sait», affirme M. Aubin.
S'il est vrai, avoue-t-il, que le code du bâtiment relève du provincial, la plupart des normes sont édictées par le fédéral «que les provinces choisissent de prendre ou non». «Il n'en demeure pas moins que tant et aussi longtemps qu'on ne modifie pas la norme à Ottawa de façon claire, on a un problème et la plus grosse problématique, c'est qu'habituellement, les normes sont revues à peu près à tous les cinq ans par des organismes indépendants», explique-t-il.
Ce dernier considère que «si le gouvernement fédéral n'investit pas dans une étude pour faire en sorte qu'on ait des données scientifiques probantes qui nous permettent de fixer la norme, dans cinq ans, on va être au même point».
Demande-t-il de l'argent additionnel pour les victimes de la pyrrhotite? «Je le réclame subtilement en disant chaque fois que j'ai l'occasion que ce 30 millions-là n'a pas réglé le problème. Il a soulagé quelques dizaines de familles, on le prend et on l'accepte. Mais ça ne règle pas la situation. Mais clairement, ils ont fait leur nid. Ils ne veulent pas mettre un sou de plus d'ici la prochaine campagne. Et la chose que je trouve la plus aberrante, c'est qu'on va être rendu à la troisième campagne fédérale en 2019 où on va encore parler de la question de la pyrrhotite plutôt que de régler le problème», a-t-il conclu.