La candidature de l’humoriste Guy Nantel à la direction du Parti québécois (PQ) est accueillie de façon partagée par les jeunes péquistes, même si tous défendent sa pertinence et ses qualités.

Pour ou contre Guy Nantel comme chef? Les jeunes péquistes s’expriment

MONTRÉAL — «Je resterais quand même dans le parti s’il était élu, mais ce n’est pas mon choix numéro un, on a quand même une notoriété à conserver.»

La candidature de l’humoriste Guy Nantel à la direction du Parti québécois (PQ) est accueillie de façon partagée par les jeunes péquistes, même si tous défendent sa pertinence et ses qualités.

Aucun n’a formulé de doute quant à sa capacité d’évoluer dans l’arène politique, et éventuellement de battre un premier ministre sortant comme François Legault et une nouvelle figure libérale comme Dominique Anglade ou Alexandre Cusson en 2022.

À la veille d’un congrès important à Montréal, quelques dizaines de militants de l’aile jeunesse étaient réunis vendredi soir dans un bar du centre-ville pour une activité sociale.

Un seul des cinq candidats déclarés à la direction du PQ, le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, est là pour les rencontrer et leur serrer la main. Le favori pressenti dans la course, selon un récent sondage, est absent : Guy Nantel. Il sera toutefois présent au congrès samedi avec les autres candidats.

Un des jeunes militants, Jacques Martin, de la circonscription de Mercier, soutient qu’il n’a «pas encore de parti-pris» dans la course.

Dans une entrevue avec La Presse canadienne, il dit qu’elle finira peut-être par un «duel entre Guy Nantel» et soit M. Gaudreault, ou encore l’ancien candidat à la course de 2016, Paul St-Pierre Plamondon.

M. Martin convient que M. Nantel a sa notoriété et ajoute qu’«il ne faut pas le rabaisser parce qu’il est humoriste, il faut écouter ce qu’il a à dire». Il évoque notamment l’exemple de l’acteur Ronald Reagan qui devient président des États-Unis.

Mais est-ce que M. Nantel est son premier choix? «Pas pour moi», tranche-t-il toutefois.

«Je resterais quand même dans le parti s’il était élu, mais ce n’est pas mon choix numéro un, on a quand même une notoriété à conserver», renchérit pour sa part Vincent Vallée, un autre jeune péquiste de Montréal.

Il dit tenir à la lignée des grandes «figures intellectuelles» qui ont dirigé le PQ, les Lévesque, Parizeau, etc.

Cependant, il ne pense pas que c’est une mauvaise candidature et estime qu’«il a de bonnes idées à amener».

Le président de l’exécutif régional du PQ de l’Outaouais, Marc-Antoine Carrière, constate pour sa part qu’il y a beaucoup d’indécis et est ouvert à servir un chef qui est un ancien humoriste.

«Pourquoi pas? S’il était élu, la démocratie parle. Moi je ne suis pas contre ça.»

Une militante de Chapleau, Gabrielle Desjardins, manifeste aussi de l’ouverture. Selon elle, il n’y a «pas de mauvais métier pour se lancer en politique» et diriger un parti.

Couronner Guy Nantel au scrutin du 19 juin, «ça peut être très envisageable», a-t-elle conclu.

Outre MM. Gaudreault, Nantel et St-Pierre Plamondon, l’historien Frédéric Bastien est sur les rangs également pour briguer les suffrages péquistes, de même qu’un nouveau venu, l’homme d’affaires Laurent Vézina, qui a manifesté ses intentions cette semaine.

Pour la première fois dans une course à la direction du PQ, non seulement les membres, mais des sympathisants pourront voter pour élire le futur chef.