L'Alliance de la fonction publique du Canada a lancé une action concertée d'occupation de bureaux de ministres fédéraux pour obtenir et exige un engagement écrit quant au dédommagement qu’ils revendiquent à cause des ratés du système de paie Phénix.

Phénix: le syndicat dit avoir eu des engagements écrits après l’occupation de bureaux

MONTRÉAL - Près de 300 fonctionnaires fédéraux membres de l’Alliance de la fonction publique du Canada ont occupé des bureaux de députés et ministres fédéraux du Québec, mercredi, dont celui du premier ministre Justin Trudeau à Montréal.

Dix-sept bureaux de députés de tous les partis fédéraux, incluant certains de ministres libéraux, ont été visités.

Les manifestants avaient l’intention de ne pas en sortir avant d’avoir obtenu un engagement écrit quant au dédommagement qu’ils revendiquent à cause des ratés du système de paie Phénix.

Le mouvement, qui s’était mis en branle vers 15h, a pris fin mercredi soir. En fin de soirée, l’Alliance de la fonction publique du Canada soutenait avoir obtenu «plusieurs lettres d’engagements signées».

«Tout près d’une dizaine de députés ont signé la lettre telle quelle et d’autres ont apporté des changements», a précisé jeudi matin Yvon Barrière, vice-président exécutif pour la région du Québec à l’Alliance de la fonction publique.

Au bureau du premier ministre Trudeau à Montréal, les fonctionnaires étaient entassés, petit drapeau du Canada à la main, en fin d’après-midi. Plusieurs policiers ont été dépêchés sur les lieux. Aucun incident n’a été signalé. Ils ont finalement négocié pour que quatre d’entre eux puissent s’entretenir directement avec une adjointe du bureau de M. Trudeau. Ce dernier ne se trouvait pas à son bureau.

Selon l’Alliance, les manifestants auraient aussi réussi à entrer dans les bureaux des ministres Marc Garneau et Mélanie Joly, à Montréal.

M. Barrière dit avoir obtenu du bureau du premier ministre des engagements non écrits pour la tenue prochaine de rencontres avec certains ministres.

Phénix est ce système de paie, conçu par IBM, qui a multiplié les erreurs, en trop-payés, sous-payés, voire pas payés pendant un certain temps. À l’origine, il devait permettre d’économiser 70 millions $ par année «mais en 2019 on va dépasser le cap du 2 milliards $ que ça va avoir coûté», a déploré M. Barrière. Encore lors du dernier budget Morneau, on a annoncé qu’on allait devoir engloutir un autre demi-milliard de dollars sur cinq ans pour tenter de résoudre les problèmes.

Les occupations de mercredi avaient été organisées à Matane, Sept-Îles, Drummondville, Sherbrooke, Laval, Boisbriand, Sainte-Agathe-des-Monts, Louiseville, Trois-Rivières, Saint-Jean-sur-Richelieu, Brossard, Vaudreuil, Québec (au bureau du ministre Jean-Yves Duclos) et Saguenay. À Montréal, ils ont occupé les bureaux de Justin Trudeau, Marc Garneau, Mélanie Joly et David Lametti.

M. Barrière a évoqué encore 270 000 cas problématiques à l’heure actuelle: des cas de congés de maladie pour dépression, épuisement professionnel, des pertes de maison, d’automobile, des dossiers de crédit entachés.

«On veut une indemnisation à la hauteur des préjudices subis par les fonctionnaires», avait-il plaidé mercredi.

Et au dédommagement pour Phénix se greffe maintenant une autre revendication: celle des négociations qui ont cours avec le Conseil du trésor pour le renouvellement des conventions collectives. Quelque 125 000 fonctionnaires sont touchés; les contrats sont échus depuis juin 2018.