Les députés caquistes conviennent de l’importance d’étudier les impacts des pesticides sur la santé et l’environnement, mais ont de la difficulté à s’entendre avec l’opposition sur la définition du mandat de la commission parlementaire chargée de faire la lumière sur la question.

Pesticides: la CAQ pour l'étude des impacts

Si la Coalition avenir Québec refuse de voir l’agronome Louis Robert défiler devant les parlementaires, elle s’est montrée ouverte jeudi à faire la lumière sur les impacts que les pesticides peuvent avoir sur la santé et l’environnement.

Incapables de s’entendre sur le mandat précis qu’aurait la commission parlementaire sur les pesticides, les députés des différents partis ont choisi de reporter leur vote après la relâche.

«Tout le monde est d’accord sur le principe. […] Tout le monde est conscient et trouve que c’est important et essentiel de faire ça [étudier l’impact des pesticides], mais ça prend le libellé exact», a indiqué la députée caquiste Marie-Louise Tardif, à la sortie de la rencontre. 

Au cabinet du ministre de l’Agriculture, on veut s’assurer que la commission parlementaire se préoccupe aussi de la viabilité économique des entreprises agricoles et de leur compétitivité. 

«Le but de ce mandat d’initiative n’est pas de faire le procès des agriculteurs qui ont recours aux pesticides, bien au contraire. Notre objectif à tous, c’est de documenter le phénomène afin de mieux les accompagner», commente la solidaire Émilise Lessard-Therrien. 

Le député péquiste Sylvain Roy, qui propose la tenue de cette commission parlementaire, s’est dit déçu de ne pas être arrivé à un accord, mais promet d’être «patient». «Les négociations vont se poursuivre, j’ose espérer que les gens vont mettre de l’eau dans leur vin.»

Proposition refusée

Plus tôt en journée, les députés caquistes ont voté contre la proposition d’inviter à l’Assemblée nationale le lanceur d’alertes Louis Robert, congédié par le ministère de l’Agriculture en janvier, afin qu’il s’explique. C’est le député indépendant Guy Ouellette qui a proposé de l’entendre. Le Parti libéral a même proposé qu’il s’exprime à huis clos, ce qui n’a pas été accepté par la CAQ. 

Ce refus déçoit Richard Perron, président Syndicat des professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ). «Ça aurait été très utile pour la société d’entendre ce qu’il a à dire comme lanceur d’alerte.» La CAQ répète depuis plusieurs semaines qu’elle attend le résultat de l’enquête de la protectrice du citoyen dans ce dossier. 

M. Robert a été congédié après avoir transmis à Radio-Canada des informations sur l’ingérence de compagnies privées dans la recherche publique sur les pesticides. 

Ces derniers jours, M. Robert, appuyé par le SPGQ, a déposé deux griefs auprès du gouvernement. Il demande d’être réintégré en emploi parce qu’il considère son congédiement illégal et abusif. M. Robert exige le remboursement de son salaire et que toutes les traces de ce congédiement soient effacées de son dossier personnel. 

L’agronome envisage également de poursuivre au civil le ministre de l’Agriculture André Lamontagne et le premier ministre François Legault pour diffamation. Les deux hommes politiques ont laissé entendre que M. Robert avait été congédié pour d’autres motifs que celui d’avoir parlé aux médias.

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NON À L'ÉTUDE DES DÉRIVES SECTAIRES

Les élus de l’Assemblée nationale ne se pencheront pas sur les impacts des sectes dans la société. Cet enjeu, cher à l’ex-députée du Parti québécois Agnès Maltais, a été ramené sur la table par son parti jeudi, mais les députés caquistes ont refusé de créer une commission parlementaire sur la «possibilité que des actes illégaux soient commis par des groupes à dérives sectaires». 

Lorsqu’ils étaient dans l’opposition, les caquistes disaient pourtant vouloir lutter contre les sectes. Le chef du PQ Pascal Bérubé a dénoncé un «autre recul de la CAQ». «Tout ce qui était épouvantable dans l’opposition devient acceptable… Je me sens trahie par la CAQ», a pour sa part commenté Manon Boyer sur Twitter. Mme Boyer est la tante d’Éloïse Dupuis, cette jeune mère membre des Témoins de Jéhovah qui est décédée quelques jours après son accouchement parce qu’elle refusait une transfusion sanguine. Rappelons que la ministre de la Justice Sonia Lebel avait accepté d’entendre Mme Boyer à ce sujet l’automne dernier.