Le ministre François Blais était entouré lors de sa rencontre avec les médias du député de Saint-Maurice, Pierre Giguère, du député de Champlain, Pierre Michel Auger, ainsi que du député de Trois-Rivières, Jean-Denis Girard.

Pénurie de main-d’œuvre: Québec cherche des solutions

Trois-Rivières — Une cinquantaine d’acteurs du milieu de l’emploi et de représentants d’entreprises de la Mauricie et du Centre-du-Québec étaient réunis lundi après-midi pour une rencontre de consultation menée par le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais.

Alors que l’économie de la région montre des signes encourageants, il semble que plusieurs entreprises aient beaucoup de difficultés à recruter de la main-d’œuvre. 

«L’économie du Québec se comporte très bien. Le taux de chômage est au plus bas, le taux d’assistance sociale est au plus bas, les salaires augmentent, mais il y a un danger, c’est une pénurie de main-d’œuvre que l’on retrouve dans toutes les régions du Québec», affirme d’emblée le ministre libéral. 

C’est en effet pour trouver des solutions à cette pénurie de main-d’œuvre que le ministre Blais a entrepris une tournée des régions du Québec pour rencontrer des acteurs du milieu de l’emploi. Après l’Estrie en matinée, il était à Trois-Rivières en après-midi. Il s’agit, selon le ministre, d’une tournée organisée dans le cadre de l’élaboration de la stratégie nationale de la main-d’œuvre qui doit être présentée le printemps prochain. Cette stratégie touchera plusieurs aspects, dont l’éducation, la famille, Emploi-Québec et l’immigration. 

«Il faut améliorer la situation. Ça commence à coûter très cher à certaines entreprises. Il y en a qui doivent fermer des quarts de travail ou ont refusé des contrats qu’elles auraient pu prendre en raison d’un manque de main-d’œuvre», soutient le ministre Blais. 

«Les entreprises sont très inquiètes de la situation.»

Est-ce qu’il s’agit d’un problème de formation ou des programmes d’éducation? Pas nécessairement, répond le ministre Blais. Cette pénurie de main-d’œuvre, note le ministre, ne concerne pas des emplois qui demandent des travailleurs qualifiés.

 «On ne parle pas de main-d’œuvre extrêmement qualifiée. On parle même de main-d’œuvre non qualifiée pour des travaux de journalier ou de manœuvre. On en a beaucoup besoin au Québec présentement, notamment dans la restauration, et on ne les trouve pas», explique le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale. «Oui c’est un enjeu d’éducation, car on peut toujours s’assurer que l’éducation soit plus liée au besoin du marché du travail, mais il y a aussi des besoins de main-d’œuvre.»

Le ministre François Blais avait quelques pistes de solutions à proposer à sa sortie de la rencontre avec des acteurs du milieu de l’emploi dans la région. Il évoque notamment la possibilité de favoriser l’arrivée sur le marché du travail de certaines catégories de travailleurs. 

«Aller chercher des personnes qui sont plus éloignées de l’emploi, comme des personnes sur l’aide sociale, dans certaines communautés autochtones, des femmes et des immigrants», ajoute M. Blais. 

«Des intervenants de La Tuque nous ont parlé de la communauté atikamekw de Wemotaci où il y a beaucoup de jeunes. Il y a un potentiel et un bassin de main-d’œuvre à exploiter dans les prochaines années.»

La région a également un problème de rétention de sa jeunesse. Selon l’Institut de la statistique du Québec, la Mauricie et le Centre-du-Québec ont des taux de migration interrégionale négatifs en 2014-15 chez les 15-24 ans. Durant cette période, ces deux régions ont vu partir respectivement 130 et 139 jeunes de cette tranche d’âge. Les jeunes des régions du Québec quittent essentiellement pour les grands centres que sont Québec et Montréal. 

«Il y a différentes façons notamment pour les collègues et les universités de s’y prendre. C’est clair qu’ils doivent collaborer davantage avec les entreprises, car ils ont tout à gagner, parce qu’ils peuvent mettre en place des programmes pertinents pour le marché du travail et offrir rapidement aux étudiants des stages en milieu de travail et ensuite des emplois», estime le ministre François Blais.