L’ex-député bloquiste Paul Crête souhaite que la réflexion entamée par le Parti québécois «mène à un parti indépendantiste renouvelé qui fera une proposition aux Québécois auxquels ils pourront adhérer assez rapidement».

Paul Crête ferait de la souveraineté une promesse électorale

L’ancien député du Bloc québécois Paul Crête estime que le parti indépendantiste «qui ira à la prochaine élection» doit «absolument» prendre l’engagement de réaliser la souveraineté «dans le mandat qu’il obtiendrait de la population».

M. Crête a fait part de sa vision sur l’avenir du mouvement indépendantiste en entrevue au Soleil, quelques jours après la publication d’un «plan d’action» par le conseil exécutif national du Parti québécois (PQ) énonçant les avenues à explorer pour sa reconstruction.

S’assurer de la réforme du mode de scrutin — pour passer à un mode proportionnel —, représente également une des conditions à une nouvelle victoire du mouvement souverainiste, «parce que ça, c’est la meilleure façon de permettre l’expression de toutes les tendances à l’intérieur du mouvement souverainiste», dit-il. Une façon de rassembler les forces indépendantistes au lieu de les diviser.

«Si on adopte un régime électoral avec une proportionnelle, les frustrations des partis indépendantistes à s’opposer l’un à l’autre vont être beaucoup moins présentes, parce qu’avec une proportionnelle chacun va pouvoir exprimer ses opinions, va avoir un certain nombre de députés en conséquence», explique M. Crête. Ce rassemblement deviendra en fin de compte le gouvernement indépendantiste, ajoute-t-il.

Avec les jeunes

Celui qui a représenté la circonscription de Montmagny–L’Islet–Kamouraska–Rivière-du-Loup sur la scène fédérale pense que l’indépendance, qu’il ne croit pas morte, passe par une réflexion dans le but d’interpeller toutes les générations, notamment les jeunes.

Il faut que ces derniers aient le goût de participer au processus et que le tout se déroule dans un cadre compréhensible, dit-il, faisant notamment référence à la démarche qu’avait entreprise Paul St-Pierre-Plamondon, il y a quelques années, pour renouveler le PQ et qui n’a jamais abouti. «Il faut tirer profit de cette expérience-là pour s’assurer que ce qu’on va mettre de l’avant va permettre à toutes les idées de s’exprimer que ce soit sur le projet de Québec qu’on veut indépendant ou que ce soit sur quelle sorte de position on prendra», poursuit M. Crête.

Une expertise

Sans se risquer à dire si le PQ était toujours le meilleur véhicule pour accéder à l’indépendance du Québec, Paul Crête se contente d’affirmer que «le Parti québécois a une expertise là-dedans. Il a eu des succès et des échecs, maintenant il fait une réflexion et moi je souhaite que cette réflexion-là mène à un parti indépendantiste renouvelé qui fera une proposition aux Québécois auxquels ils pourront adhérer assez rapidement».

Le 1er octobre a marqué, selon lui, la fin de la vague électoraliste du Parti québécois et pense qu’il faut tirer des leçons de cette «grosse volée» avec beaucoup de modestie.

Catherine Fournier

À l’instar de Catherine Fournier, celui qui termine un mandat de président de circonscription dans Jean-Lesage et qui a l’intention de continuer à militer pour l’indépendance, déclare qu’«il faut sortir de la culture du Messie» jugeant que la solution aux problèmes du PQ réside dans une position collective.

Rappelons que la députée de Marie-Victorin a quitté les rangs péquistes avec fracas la semaine dernière estimant qu’«à force de perdre, le Parti québécois est devenu perdant». Elle siège depuis comme indépendante à l’Assemblée nationale et souhaite «donner un nouveau souffle» au mouvement souverainiste sans créer de nouveau parti.