La nouvelle élue libérale Marwah Rizqy croit que les Québécois n’ont pas voté «par amour pour la CAQ», mais ont voulu envoyer un message pour «que nous, on aille, au Parti libéral, se ressourcer» et «recommencer à faire rêver les gens».

Parti libéral: une longue réflexion s'amorce

C’est le visage long que la plupart des candidats élus et défaits du Parti libéral du Québec (PLQ) sont arrivés à leur caucus à Québec jeudi. Ils ont l’intention de faire une analyse profonde des résultats de l’élection avant de reconstruire le parti.

«Notre message n’a pas passé, tout simplement», a commenté le député Jean Rousselle. La ministre défaite Véronyque Tremblay croit avoir perdu son siège dans Chauveau en raison de la «vague, du tsunami» caquiste. Ça a été «un raz-de-marée à la grandeur du Québec.»

Certains candidats croient que la ligne selon laquelle le PLQ gouvernait le Québec depuis trop longtemps a collé. «Ils [les électeurs] voulaient entendre un autre message que le mien. Les gens m’ont dit : “On t’aime bien, mais on est dus pour passer à autre chose”», raconte la ministre défaite Lucie Charlebois.

La nouvelle élue Marwah Rizqy croit que les Québécois n’ont pas voté «par amour pour la CAQ [Coalition avenir Québec]», mais ont voulu envoyer un message pour «que nous, on aille, au Parti libéral, se ressourcer» et «recommencer à faire rêver les gens».  

Contact avec les francophones

Pour certains, le PLQ a perdu le contact avec les francophones, lui dont les élus se retrouvent maintenant en grande majorité sur l’île de Montréal. «Il faut reconnecter avec les Québécois francophones, partout dans les régions du Québec», croit le ministre défait Luc Fortin.

Pour Sébastien Proulx, l’un des seuls élus libéraux de tout l’Est-du-Québec, la répartition géographique des sièges de son parti est parlante. «Ça veut dire quelque chose, c’est vrai. […] On va se poser des questions, on va trouver des façons de se relancer.»

D’autres candidats, comme Pierre Moreau, n’ont pas senti cette déconnexion avec les électeurs francophones.

Après cette grande rencontre, les 32 élus libéraux se réuniront entre eux à l’Assemblée nationale, vendredi, pour élire leur chef intérimaire, qui agira à titre de chef de l’opposition en attendant le résultat d’une course officielle à la chefferie.

Les noms de Pierre Arcand, de Gaétan Barrette, de Christine St-Pierre et de Marc Tanguay ont circulé comme de possibles choix.

Les libéraux rencontrés jeudi n’ont pas voulu s’avancer sur leur préférence, sauf Marwah Rizqy et Lise Thériault, qui appuient Christine St-Pierre. Mme Rizqy aimerait également qu’une femme soit chef du parti aux prochaines élections.

Le député Guy Ouellette brillait par son absence. Lors de la campagne électorale, il a été révélé qu’il avait refilé des courriels compromettants à la CAQ il y a quelques années. Le sort que lui réserve le caucus libéral devrait plutôt être discuté vendredi.