De gauche à droite: le député Jean-Denis Girard, la ministre Christine St-Pierre, le recteur Daniel McMahon et le directeur du Bureau de l'international et du recrutement de l'UQTR, Sylvain Benoit.

Nouvelle politique internationale en 2017

La ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Christine St-Pierre, était de passage à l'Université du Québec à Trois-Rivières, mardi, à titre d'invitée d'honneur de la cinquième édition de la Journée internationale de la Francophonie dont les festivités s'étendent, en Mauricie, du 19 au 26 mars.
La ministre a profité de son passage pour dresser un bilan des réalisations de son ministère devant une salle comble composée de membres de la communauté universitaire, de dignitaires et de représentants des milieux de l'éducation et du développement socioéconomique de la région.
«Ce ministère des Relations internationales et de la Francophonie est, à mon avis, peu connu des Québécois et j'ai bien l'intention, au cours de la prochaine année, de bien faire connaître l'importance du rayonnement du Québec à l'international», a indiqué la ministre.
«Depuis plus de 50 ans, le gouvernement du Québec agit sur la scène internationale», dit-elle. «Au fil des ans, le Québec a toujours considéré que la recherche de prospérité et la valorisation de notre société passent inévitablement par le développement de liens avec des partenaires internationaux», a indiqué Mme St-Pierre en précisant que le caractère distinct du Québec amène le gouvernement à jouer un rôle sur la scène internationale «dans le respect de la politique étrangère canadienne, bien sûr.»
L'année 2017 revêt une importance toute particulière, indique la ministre, «puisque nous lancerons une nouvelle politique internationale, la quatrième dans l'existence de ce ministère. Cette politique guidera notre diplomatie au cours de la prochaine décennie», dit-elle. «Il est essentiel de repenser régulièrement notre vision des relations internationales parce que les intérêts du Québec évoluent au fil du changement sur la scène internationale.»
La ministre estime que le Québec doit exercer une influence qui se situe au-delà de son PIB ou de sa démographie. «L'intérêt fondamental du Québec est d'être membre à part entière d'une grande organisation multilatérale et c'est au sein de l'Organisation internationale de la Francophonie que nous voulons agir en ayant notre propre voix. C'est la seule organisation internationale où nous siégeons comme tous les autres gouvernements», précise-t-elle.
En appartenant à la Francophonie, le Québec a accès à 83 autres États et gouvernements membres, ce qui représente plus du tiers des pays membres des Nations unies. «Au Sommet de Madagascar, nous avons obtenu plus d'une douzaine d'entretiens bilatéraux avec des chefs d'État ainsi que des ministres», illustre-t-elle.
«La Francophonie économique, c'est une langue partagée, un marché et une démographie croissants, des richesses naturelles considérables, des capacités de recherche et de formation, des réseaux de travail et de solidarité, des modèles diversifiés de partenariats, une main-d'oeuvre qualifiée, une expertise reconnue dans plusieurs secteurs et une volonté politique», résume la ministre St-Pierre.
La Francophonie a aussi une stratégie économique. Elle «vise à concilier croissance économique et lutte contre la pauvreté et les inégalités, sauvegarde de l'environnement et préservation du patrimoine culturel», dit-elle. «Le Québec y voit un intérêt.»
«Il y a un fort arrimage entre notre offre et les besoins», indique-t-elle, «infrastructures, énergie, télécommunications, habitation, assainissement des eaux, traitement de déchets» font partie de cet éventail d'intérêts, énumère Mme St-Pierre.
La Francophonie est importante pour la Mauricie où «le français est parlé sans interruption depuis 1634», a fait valoir de son côté le recteur de l'UQTR, Daniel McMahon, au moment de présenter la ministre aux invités. «Aujourd'hui, le français est une réalité planétaire alors qu'il existe 6800 langues parlées dans le monde», dit-il, le français est la deuxième langue prise comme langue étrangère, la troisième langue des affaires et la cinquième langue la plus parlée sur la planète», rappelle-t-il.