Quelques jours après avoir tranché en faveur de Julie Boulet dans Laviolette-Saint-Maurice, le premier ministre Philippe Couillard s’était présenté en février à Shawinigan à ses côtés, en présence du député Pierre Giguère.

«Mon équipe est prête», dit Pierre Giguère

SHAWINIGAN — Alors que la ministre régionale Julie Boulet refusait encore jeudi de commenter les rumeurs de son départ en vue des prochaines élections, le député de Saint-Maurice, Pierre Giguère, se dit prêt à prendre la relève en cas de besoin pour représenter les libéraux dans le nouveau comté de Laviolette-Saint-Maurice.

«On est prêt, pas juste moi, mon équipe est prête. Quelques heures et l’équipe est mise en place. Moi, j’ai la passion encore et je suis prêt. On va attendre les rumeurs. Je n’ai pas l’information formelle qu’elle quitte», a-t-il confié au Nouvelliste.

Depuis quelques jours, les rumeurs se veulent persistantes sur le fait que la députée de Laviolette soit en réflexion sur son avenir politique. Entre autres, on évoque ce malaise de voir son frère, Me Jean Boulet, se présenter pour la CAQ dans Trois-Rivières et le redécoupage de la carte électorale qui lui serait défavorable. C’est sans compter que l’appui des libéraux de l’actuel comté de Saint-Maurice, représenté par Pierre Giguère, serait loin de lui être acquis. Et à tout cela s’ajoutent la perspective peu emballante d’un séjour dans l’opposition et sa récente sortie envers la candidate caquiste dans Champlain, Sonia LeBel. Les deux femmes avaient croisé le fer à la commission Charbonneau.

Interrogé à savoir s’il n’était pas vexé de représenter un plan B dans Laviolette-Saint-Maurice, Pierre Giguère souligne qu’il livrerait la bataille «oui, pour les libéraux», mais d’abord et avant tout «pour les membres et les citoyens du comté».

«Si j’avais voulu me présenter ailleurs, j’en avais l’opportunité. Ça ne m’intéressait pas. J’ai toujours gardé le même langage. C’est là, dans le comté où je suis. Il n’est pas question que j’aille ailleurs. J’adore faire le travail que je fais. En région, je trouve ça trop important le lien qu’on a avec nos citoyens, nos organismes, nos entreprises», explique-t-il.

Et quand on lui demande s’il est amer de ne pas avoir été choisi par Philippe Couillard pour être candidat dans la nouvelle circonscription, il fait remarquer qu’il travaille encore à l’Assemblée nationale sous l’égide du premier ministre du Québec.


« On est prêt, pas juste moi, mon équipe est prête. Quelques heures et l’équipe est mise en place. On va attendre les rumeurs »
Pierre Giguère

«Peu importe ce qui se passe, j’ai dit que j’ai été élu libéral et que je vais finir mon mandat. Et j’ai dit ça à partir de la première journée que je vais continuer et que mon équipe était pour continuer à travailler jusqu’au 1er octobre», insiste M. Giguère.

Même si son association de comté n’existe plus, les militants libéraux, eux, sont toujours là pour lui. «Il faut attendre en tout respect pour voir si madame décide de continuer ou pas. Si elle décide de continuer, c’est son affaire. Ça, c’est bien important», affirme-t-il.

Dans l’éventualité qu’il succède à Julie Boulet pour porter les couleurs du PLQ dans Laviolette-Saint-Maurice, celui-ci mise sur sa connaissance de Shawinigan pour remporter la victoire, «travaillant déjà, par exemple, avec les organismes communautaires qui sont basés majoritairement à Shawinigan». Et la conquête de La Tuque ne l’inquiète pas.

«Mon père a fait affaire pendant des années avec des agriculteurs de La Croche et La Tuque. Et j’étais encore la semaine passée avec un producteur qui est venu à Québec, un ancien politicien de La Tuque. On a quand même des racines là-bas», soutient celui qui fera connaître sa décision après le 15 juin si jamais Julie Boulet devait solliciter un nouveau mandat. «Je suis encore dans l’équipe», martèle-t-il.

Pour sa part, la candidate de la CAQ dans Laviolette-Saint-Maurice, Marie-Louise Tardif, se dit prête à affronter l’une ou l’autre.


« Il n’y a pas de fumée sans feu »
Richard Perreault

«Je m’implique en politique pour défendre des idées, pour un programme auquel je crois, peu importe l’adversaire que je vais avoir. Cela n’aura pas d’impact sur le type de campagne que je vais mener», prétend celle qui doute que Julie Boulet, «une force pour le Parti libéral», ait peur de quiconque. «Elle est plus combative que ça», croit-elle.

Du côté du Parti québécois, le choix d’une candidature avance à un point tel que l’une des personnes intéressées a déjà rencontré les hautes instances de la formation politique.


« Je m’implique en politique pour défendre des idées, pour un programme auquel je crois, peu importe l’adversaire que je vais avoir »
Marie-Louise Tardif

«Je suis très confiant parce que les châteaux-forts de Julie sont partis dans Champlain et qu’il y a eu cette dispute susceptible de laisser certains libéraux sur la touche avec Pierre. Julie est forte à La Tuque, c’est mitigé à Grand-Mère et ça va être une belle bataille à Shawinigan», fait savoir le président de l’association du nouveau comté, Richard Perreault.

Selon lui, «il n’y a pas de fumée sans feu» par rapport aux rumeurs concernant Julie Boulet. «J’en avais déjà entendu parler. Avec nos candidats en vue, ça va faire une belle bataille avec Marie-Louise et Julie... si c’est Julie», conclut-il.