Le premier ministre François Legault a rappelé qu’il s’efforcera dans son mandat de créer de la richesse, d’améliorer la qualité des emplois des Québécois pour qu’ils gagnent des revenus plus élevés, pour ainsi combler l’écart économique avec les autres provinces et se libérer de la péréquation.

Moins de péréquation au Québec pour être moins haï, dit Legault

Si le Québec veut être moins haï au Canada, il devra peut-être s’affranchir de la péréquation, laisse entendre le premier ministre François Legault.

Il a ainsi commenté mercredi les résultats d’un sondage Angus Reid mené auprès de 4000 répondants dans tout le pays.

On y apprend notamment que le Québec est désigné comme la province la moins proche ou la plus hostile par 81 % des répondants d’Alberta, 74 % de ceux de Saskatchewan, 57 % des Manitobains et 56 % des Ontariens.

Toujours selon ce sondage, au moins 6 répondants sur 10, peu importe la province d’origine, jugent que le Québec retire davantage de la fédération qu’il ne donne. En Alberta, ils seraient 83 % à penser ainsi.

Au dire de M. Legault, ces données sont à interpréter en fonction du contexte tendu des événements des dernières semaines.

En conférence de presse mercredi matin, en marge du caucus de ses députés, il a rappelé qu’il s’était opposé récemment au passage d’un oléoduc au Québec, à l’encontre de la volonté de tous ses homologues des autres provinces, «de façon unanime».

Mais de surcroît, M. Legault a également soulevé le fait que le Québec reçoit 13 milliards $ par an en péréquation, ce qui en fait le bénéficiaire le plus important, pour ce qui est de la somme totale.

«Ça nous met dans une position de vulnérabilité», a-t-il déclaré, en ajoutant qu’il n’avait pas honte et qu’il n’allait pas demander de changement à la formule de péréquation.

Le premier ministre a rappelé qu’il s’efforcera dans son mandat de créer de la richesse, d’améliorer la qualité des emplois des Québécois pour qu’ils gagnent des revenus plus élevés, pour ainsi combler l’écart économique avec les autres provinces et se libérer de la péréquation.

Peut-être qu’ainsi le Québec gagnera la sympathie de ses voisins, a-t-il évoqué.

«Ça pourrait nous mettre dans une meilleure position pour négocier avec le reste du Canada et peut-être se faire plus aimer», a opiné M. Legault.  

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CLAUSE GRAND-PÈRE DANS LE PROJET DE LOI SUR LA LAÏCITÉ : LEGAULT TRANCHERA

C’est François Legault qui décidera s’il faudra respecter ou non le droit acquis des employés de l’État à qui on demandera d’enlever leur signe religieux.

Le premier ministre a fait savoir mercredi qu’il aura le dernier mot dans ce débat épineux.

Les 75 élus de la Coalition avenir Québec sont justement réunis à Gatineau mercredi et jeudi pour discuter notamment du futur projet de loi sur la laïcité, qui interdira aux employés de l’État en position d’autorité de porter un signe religieux, soit les policiers, procureurs, gardiens de prison, mais aussi les enseignants et éducatrices en garderie.

Or le gouvernement n’a pas encore décidé s’il protégera les droits acquis des employés actuels avec une clause grand-père. «Je vais écouter le caucus et je vais trancher», a fait savoir M. Legault, mercredi matin.

En mêlée de presse, certains élus ont indiqué qu’ils étaient plutôt contre l’ajout d’une clause grand-père, mais la plupart d’entre eux refusaient d’exprimer leur opinion. «Il faut faire très attention avec ça, une clause grand-père, cela implique plein d’éléments», a dit le ministre de la Faune, Pierre Dufour.

Il faut opter pour le «bien général» de la population et éviter les exceptions, même si des jeunes devront peut-être renoncer à leur rêve de carrière, a laissé entendre la députée d’Iberville, Claire Samson.

«Dites-vous que chaque fois qu’on fait une loi, il y a un rêve quelque part qui est brisé», a-t-elle dit.

Il y a des bons arguments pour et contre, a évoqué M. Legault, qui veut savoir ce que pense la population en consultant ses élus.

«Je comprends que certaines personnes sont racistes et veulent interdire tous les signes religieux au Québec, ce n’est pas le cas, a dit M. Legault en anglais. On a choisi un compromis qui est beaucoup plus facile que ce qu’on voit en France.»

Le premier ministre s’est targué d’être ouvert aux partis d’opposition, nommément le Parti québécois, qui propose de respecter le droit acquis et de convoquer une rencontre de tous les chefs de parti pour discuter de laïcité.

Il a suggéré qu’il pourrait pencher pour la reconnaissance d’un droit acquis si le projet de loi peut ainsi faire l’objet d’un consensus et être accepté plus facilement.