Le président français Emmanuel Macron a accueilli le premier ministre François Legault à l’Élysée, lundi.

Mission à Paris: Legault promet des retombées tangibles et importantes

PARIS — François Legault s’engage à réussir là où d’autres ont échoué avant lui, en voulant stimuler la relation d’affaires entre le Québec et la France.

En mission à Paris depuis dimanche, le premier ministre du Québec ne s’est pas montré habité par le doute: les choses vont bientôt changer, a-t-il assuré lundi, car les échanges commerciaux entre les deux États, voire avec les autres pays d’Europe, vont connaître une croissance appréciable.

Des résultats tangibles seraient même visibles «dans les prochains mois», a prédit le premier ministre, qui s’est montré fort optimiste, lors d’une mêlée de presse, dans la cour intérieure du Sénat, peu après sa rencontre avec le président Emmanuel Macron, qu’il a décrit comme un «dealmaker».

Le ton est donné: M. Legault veut donner désormais à la relation France-Québec un accent plus économique que politique.

«Regardez bien les résultats: il va y avoir des augmentations importantes de nos exportations vers la France» et idéalement vers d’autres pays européens, a commenté M. Legault, réaffirmant sa détermination à miser sur la diversification des marchés, alors qu’on observe une montée certaine du protectionnisme aux États-Unis, de loin le principal marché des exportateurs québécois.

Actuellement, 70 pour cent des exportations québécoises prennent la route des États-Unis.

La valeur totale de nos exportations vers la France (sixième partenaire commercial du Québec) en une année, soit 1,6 milliard $, équivaut à celle atteinte avec les États-Unis en seulement trois jours.

M. Legault a donc donné à son ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, le mandat de doubler la valeur de nos exportations vers l’Hexagone dans les prochaines années, tout en faisant de la France un tremplin vers d’autres destinations européennes.

«Urgence d’agir»

Comme ses prédécesseurs, il a aussi prévu lorgner du côté de la Chine. M. Legault devrait, en principe, y diriger une mission dès cet automne. Mais la situation très tendue entre le Canada et la Chine pourrait toutefois refroidir ses ardeurs. Il va donc réévaluer la situation dans les prochains mois.

Quoi qu’il en soit, il y a, dit-il, «urgence d’agir» afin de diversifier nos marchés d’exportations.

M. Legault, qui a multiplié les rencontres ces derniers jours avec les dirigeants de certaines des plus grandes entreprises françaises dont L’Oréal, le géant des cosmétiques, et le Groupe Fleury Michon, du secteur agricole, est cependant demeuré vague sur de potentiels investissements à venir au Québec ou encore sur d’éventuels nouveaux débouchés pour les PME exportatrices du Québec.

Il y a «certaines industries, certaines entreprises, qu’on va inciter à travailler ensemble» des deux côtés de l’Atlantique, s’est contenté de dire M. Legault.

Le président français Emmanuel Macron n’a pas donné de point de presse aux médias québécois, mais il a fait une déclaration en marge de sa rencontre à l’Élysée avec le premier ministre Legault.

Il a souligné les liens historiques privilégiés entre la France et le Québec, et indiqué que la rencontre avait lieu le jour du 71e anniversaire du drapeau du Québec.

M. Macron a déclaré que le Québec et la France avaient des objectifs communs sur la scène internationale, dont la lutte aux changements climatiques et le développement de l’intelligence artificielle.

«Je suis le seul chef d’État en Amérique du Nord à représenter une majorité francophone et donc j’ai une responsabilité de protéger et de promouvoir le français», a déclaré alors le premier ministre Legault, de son côté, à son deuxième jour de mission à Paris.

Il a ajouté que le Québec avait besoin de la France pour mener à bien cette tâche de promouvoir le français.

Le premier ministre Legault avait aussi rencontré plus tôt son homologue français Édouard Philippe, et a pu s’entretenir avec le président du Sénat et celui de l’Assemblée nationale, le tout entouré à chaque étape de tout le faste et le protocole réservés aux dignitaires de haut rang.

Mardi, adoptant une approche toujours centrée sur l’économie d’abord, M. Legault se rend à la Bourse de Paris, où 350 gens d’affaires convergeront pour participer à un dîner-conférence, au cours duquel il va vanter les mérites du Québec comme place d’affaires.