Le député conservateur Maxime Bernier

Maxime Bernier à nouveau sur Twitter pour se défendre

OTTAWA — Désavoué par son chef mercredi soir, Maxime Bernier s'en remettait à Twitter jeudi matin pour se défendre.

Dans une série de trois gazouillis dans les deux langues officielles, le député conservateur assure qu'il ne fait pas de la «politique identitaire».

«Faire de la politique identitaire signifie cibler des groupes spécifiques sur la base de leur origine ethnique, religion, langue, sexualité ou autres caractéristiques, au lieu de leur parler en tant que Canadiens intéressés au bien-être de la société entière», a écrit le député dans le premier de ses trois messages.

«La politique identitaire est devenue omniprésente et est pratiquée par tous les partis qui tentent ainsi d'acheter des votes. Le débat politique a dégénéré en un conflit entre différentes façons de racoler des groupes spécifiques au lieu de faire appel à nos intérêts communs», a-t-il dénoncé.

«J'ai dit à plusieurs reprises que la politique identitaire est réductrice, source de division et destructrice de notre cohésion sociale. Je fais LE CONTRAIRE en me concentrant sur des solutions politiques qui concernent TOUS les Canadiens. Et je continuerai à le faire», a-t-il conclu.

La controverse a commencé en début de semaine à cause d'une autre série de messages sur Twitter. Le député de Beauce s'en prenait à ceux qui veulent que la société canadienne affiche de plus en plus de diversité. Puis, mardi, il critiquait la décision de baptiser un parc à Winnipeg du nom d'un fondateur du Pakistan, alors que la Ville de Victoria a enlevé une statue de John A. Macdonald.

Les libéraux se sont empressés de réclamer qu'Andrew Scheer expulse le député de son caucus.

«Aucun rôle officiel»

Le chef conservateur a plutôt choisi d'émettre un communiqué en soirée mercredi pour rappeler que M. Bernier n'a aucun rôle officiel et «ne parle pas au nom du Parti conservateur du Canada sur quelque question que ce soit».

«Personnellement, je ne suis pas d'accord avec les politiciens de gauche et de droite qui ont recours à la politique pour diviser les Canadiens. Je ne ferai pas ce genre de politique» a tenu à préciser M. Scheer.

Le chef n'a rien dit de ce qui attend le député comme sanction, si une sanction est possible. Son bureau plus tôt dans la journée de mercredi soulignait qu'en vertu de la Loi sur le Parlement du Canada, ce sont les députés du caucus, à hauteur de 20 pour cent, qui doivent demander l'expulsion d'un député et approuver cette proposition lors d'un scrutin secret.

M. Bernier a raté de peu la chefferie du Parti conservateur en mai 2017, cédant la victoire à M. Scheer qui, au 13ième tour, a obtenu moins d'un pour cent d'avance. Au printemps, le chef a retiré au député son rôle dans son cabinet fantôme parce qu'il s'entêtait à critiquer publiquement la gestion de l'offre.