Jean-François Lisée rappelle que sa formation demeure le meilleur véhicule pour les souverainistes.

Lisée tend une nouvelle perche aux solidaires

Shawinigan — Pour reconquérir la Mauricie et sans doute d’autres régions à travers la province lors du rendez-vous électoral du 1er octobre, le Parti québécois devra convaincre les partisans de Québec solidaire de se rallier à la principale force souverainiste, espère le chef du PQ, Jean-François Lisée.

Réunis en caucus présessionnel à l’Auberge Gouverneur de Shawinigan, les députés péquistes ont passé une bonne partie de la journée de mercredi à commenter les propos de l’ex-chef Pierre-Karl Péladeau, visiblement intéressé à reprendre du service dans un horizon plus ou moins défini. M. Lisée semblait fort bien s’accommoder de cette ombre qui planait au-dessus du caucus. «Ça montre qu’il y a de l’intérêt pour le Parti québécois», se réjouit-il, une semaine après avoir dû digérer les annonces des départs des députés Nicole Léger, Agnès Maltais et Alexandre Cloutier. «Si un homme de la stature de Pierre-Karl peut se faire convaincre par sa fille qu’il doit faire partie de l’équipe du Parti québécois en 2018, je dis que c’est tant mieux.»

Pourtant, l’arrivée du président et chef de la direction de Québecor dans la campagne en 2014, avec son fameux poing en l’air, n’avait finalement pas servi les souverainistes. Cette fois, M. Lisée parle de la «force de l’équipe» comme un avantage. «M. Péladeau a une grande expérience en entreprise, il a bâti des choses, il est déterminé, il est indépendantiste», énumère-t-il. «Je le veux dans mon équipe! Je n’y vois que du positif.»

Brebis égarées
En 2014, les péquistes ont perdu entre 1800 et 3150 votes dans chacun des cinq comtés de la Mauricie par rapport au scrutin de 2012. Avec, en plus, le fardeau de voir le parti passer au troisième rang dans les sondages, comment rapatrier les brebis égarées cet automne?

«Nous voulons réussir l’indépendance dans deux mandats», rappelle M. Lisée. «Voter pour un autre parti, c’est aller dans le sens inverse de celui de faire la souveraineté.»

Le chef péquiste inclut Québec solidaire dans cette équation, puisque selon lui, cette formation ne peut aspirer à former le gouvernement à court terme. Dans la région, même s’il s’agit d’un parti encore assez marginal, il n’en demeure pas moins qu’il s’agit du seul, outre les libéraux, qui a gonflé sa récolte dans toutes les circonscriptions de la Mauricie lors de l’élection de 2014. Le nouvel échec de l’alliance des forces souverainistes, l’an dernier, force M. Lisée à reprendre son bâton du pèlerin. «Je comprends qu’il y a des électeurs qui sont davantage d’accord avec QS qu’avec nous et je respecte ça», commente-t-il. «Mais s’ils votent pour QS et que ça fait passer un député de la CAQ ou du Parti libéral, ils ont le résultat inverse de ce qu’ils veulent. On pense qu’en 2018, si vous voulez défendre des services publics, la qualité des services, c’est le Parti québécois qui va représenter ça et c’est le seul qui peut gouverner.»

«Je ne demande pas (aux membres solidaires) de déchirer leur carte de QS», précise M. Lisée. «Mais à l’élection, le choix est clair. C’est soit le PLQ et la CAQ, qui vont affaiblir l’état et les services, soit le Parti québécois, qui va mettre (l’État et les services) au centre de son action.»

Cette troisième place dans les sondages, une position peu familière pour le PQ, ne complique pas le recrutement de candidats, assure le chef souverainiste.

«Nous avons énormément de propositions», lance-t-il. «Ça ne pose pas problème parce que nous avons des gens qui ont des convictions et qui pensent que c’est le temps de s’engager, de montrer qu’on fait partie de la solution. On ne veut pas laisser une situation où la CAQ ou le Parti libéral vont empirer la situation du Québec.»

«Des gens savent aussi que dans toutes les élections récentes, celui qui était premier dans les sondages huit mois avant l’élection n’a jamais gagné», fait-il remarquer. «On l’a vu avec Justin Trudeau. Les gens savent ça; ils ne sont pas obsédés par les sondages. L’électorat est très volatil. Ça va se décider pendant la campagne électorale avec la meilleure équipe et les meilleures idées.»

Faute de confirmation du retour de M. Péladeau, le chef du PQ a tout de même annoncé mercredi celui de l’ex-député de Vachon, Camil Bouchard, dans son entourage. «C’est lui qui a inspiré le gouvernement du Parti québécois dans la création des centres de la petite enfance, les congés parentaux», rappelle le chef. «Il a annoncé qu’il revenait au PQ pour être mon conseiller sur ces questions jusqu’à l’élection.»