Julie Boulet et Pierre Giguère veulent continuer à représenter le Parti libéral dans le nouveau comté de Laviolette - Saint-Maurice, mais un seul des deux sera choisi par le premier ministre, Philippe Couillard.

Les militants libéraux dans le néant

Shawinigan — Pendant que leurs adversaires s’activent sur le terrain, les libéraux des comtés de Saint-Maurice et de Laviolette ne savent toujours pas qui de Julie Boulet ou de Pierre Giguère portera la bannière du parti en vue de la prochaine campagne électorale. Cet épais brouillard commence à indisposer sérieusement les militants.

On le sait, le redécoupage de la carte électorale a provoqué une situation inconfortable du côté des libéraux de Saint-Maurice et de Laviolette. La fusion force une lutte intestine entre deux députés qui souhaitent poursuivre leur service à l’Assemblée nationale.

Au cours des derniers mois, les spéculations allaient bon train sur les scénarios possibles. Parce que le redécoupage électoral faisait basculer une importante partie du comté de Laviolette dans celui de Champlain, l’hypothèse que la ministre régionale se présente dans cette circonscription se défendait. Des maires faisaient même circuler cette rumeur.

Le député Pierre-Michel Auger tient toutefois à tuer cette hypothèse dans l’œuf. Voilà pourquoi il organise, dès samedi, son assemblée d’investiture au Centre sportif Alphonse-Desjardins afin d’officialiser sa candidature pour les libéraux dans le comté de Champlain. M. Auger deviendra seulement la 14e candidature confirmée pour ce parti au Québec en vue de l’élection du 1er octobre, mais il tenait à agir rapidement.

«Je vais être honnête, c’est pour éviter que ça jase», confie-t-il. «J’entendais les mêmes rumeurs. C’est très simple, on règle le dossier: Auger sera dans Champlain.»

Reste maintenant à savoir comment, et surtout quand, se réglera la bataille libérale dans le nouveau comté de Laviolette - Saint-Maurice. Pour le moment, les deux députés tentent de faire abstraction des considérations électorales en se concentrant sur les priorités à régler avant la fin du mandat. Mais du côté des militants, ça commence à taper du pied.

«C’est le national qui va nous donner l’orientation», résume Guy Lemieux, président de l’association libérale du comté de Saint-Maurice. «Pour le moment, nous n’avons pas d’écho. Ça crée une situation difficile, parce que les gens du comté veulent savoir qui prendra le leadership.»

En fait, la nouvelle association, qui naîtra de la fusion avec celle de Laviolette, n’est même pas encore constituée. Normalement, on pourrait s’attendre à ce que cette entité joue un rôle dans la désignation du futur candidat, mais personne ne peut encore l’affirmer avec certitude. Tout indique que le chef du parti et premier ministre du Québec, Philippe Couillard, tranchera.

Du côté de Laviolette, Jean Montemiglio, président de l’association libérale, s’apprête à passer le flambeau en raison d’un problème de santé. Il ne constate pas davantage de mouvement dans le processus de fusion.

Dans le contexte actuel, le PLQ peut-il envisager écarter une ministre toujours populaire dans la région, qui n’a jamais perdu depuis l’élection partielle du 1er octobre 2001, afin de favoriser un député qui a été élu avec une majorité de 653 voix en 2014? Mais d’un autre côté, si l’évidence crève les yeux, pourquoi l’exécutif national tarde-t-il tant à confirmer son candidat? Souhaite-t-on gagner du temps pour ne pas que M. Giguère puisse s’organiser comme indépendant?

Car le député de Saint-Maurice garde le même discours: il veut se retrouver sur la ligne de départ lors de la prochaine campagne électorale.

«Je n’ai pas changé d’idée depuis le début», martèle-t-il. «Il y a une date butoir, le 1er octobre et je veux être là.»

De son côté, Julie Boulet ne veut pas avancer si elle possède un plan B. Comme son collègue, elle poursuit son travail en attendant le verdict. «C’est le parti qui dira qui sera le candidat, point à la ligne», émet-elle. «C’est la prérogative du premier ministre, c’est comme ça que ça fonctionne.»

Au Parti libéral, Maxime Roy, responsable des communications, ne peut encore donner aucun indice sur la conclusion de cette délicate réflexion. «Nous sommes toujours en discussion avec les instances et nous annoncerons notre décision au moment opportun», indique-t-il.

Ça bouge
Pendant ce temps, la Coalition avenir Québec, qui profite d’un vent de dos depuis quelques mois, s’apprête à confirmer la candidature de la directrice générale du Parc de l’Île-Melville, Marie-Louis Tardif, dans Laviolette - Saint-Maurice.

Au Parti québécois également, ça bouge. En fin de semaine dernière, le premier comité exécutif de la nouvelle association de Laviolette - Saint-Maurice a été élu. La présidence est maintenant assumée par Richard Perreault. La grande majorité des membres de l’exécutif viennent du comté de Saint-Maurice.

Par contre, le PQ n’a pas encore de candidat à annoncer. L’ex-député Luc Trudel n’a pas nié son intérêt, mais d’autres aspirants auraient levé la main. Le chef, Jean-François Lisée, sera de passage à Shawinigan mercredi et jeudi dans le cadre du caucus présessionnel du parti.

Du côté de Québec solidaire enfin, France Cormier, co-porte-parole pour la Mauricie, assure que des candidats seront désignés dans les quatre comtés de la région. Celui de Laviolette - Saint-Maurice ne sera vraisemblablement pas connu avant la fin du printemps, alors que ceux de Trois-Rivières, Maskinongé et Champlain pourraient être dévoilés d’ici la fin mars.