Le ministre de l’Immigration David Heurtel a demandé à la Coalition avenir Québec (CAQ) de rendre public le «test d’expulsion» qu’elle compte faire passer aux nouveaux arrivants.

Les libéraux attaquent le test des valeurs de la CAQ

Les libéraux passent à l’attaque et accusent les caquistes de vouloir expulser les nouveaux arrivants qui ne passent pas leur test des valeurs.

Le ministre de l’Immigration David Heurtel a demandé à la Coalition avenir Québec (CAQ) de rendre public le «test d’expulsion» qu’elle compte faire passer aux nouveaux arrivants.

«Ce serait basé sur des valeurs qui n’ont jamais été véritablement définies […] C’est quoi le test pour être Québécois?» a demandé le ministre Heurtel en point de presse, évaluant que la CAQ essaie constamment de «créer de la chicane».

Tout au long de la journée, M. Heurtel comme les autres ministres libéraux ont évité de répéter l’expression nationalisme ethnique au sujet de la CAQ, car celle-ci, prononcée en anglais par le ministre des Finances Carlos Leitão, avait fait grand bruit mercredi. 

Interpellé à trois reprises par le caquiste François Bonnardel à la période des questions, M. Leitão est resté silencieux, laissant M. Heurtel répondre à sa place. 

«Vous ne faites pas ce genre de politique, pas du tout, ça ne vous ressemble pas. Vous devriez faire preuve, M. le ministre, de plus de hauteur. Ayez le courage de vous lever, de répéter en français ce que vous avez dit en anglais», a lancé M. Bonnardel, sans succès. 

Lisée à la défense de la CAQ

Le chef du Parti québécois Jean-François Lisée a aussi demandé à M. Leitão de retirer ses paroles, en donnant en chambre une définition du nationalisme ethnique, qui est basé sur «l’hérédité» et sur «les liens du sang». «Moi, comme le ministre de l’Immigration, je trouve que les politiques de la CAQ en immigration ne sont pas bonnes, mais ce n’est pas du nationalisme ethnique». 

La CAQ a présenté une motion que le Parti québécois et Québec solidaire étaient prêts à appuyer, stipulant «qu’aucune formation politique représentée à l’Assemblée nationale du Québec ne prône le nationalisme ethnique», mais les libéraux l’ont rejetée. 

Le caquiste Benoit Charette est sorti du Salon bleu abasourdi. «Je pense que je n’ai jamais été aussi insulté que ce matin par l’attitude des libéraux», a-t-il soutenu. Selon lui, «il y a un malaise du côté du gouvernement, du Parti libéral, mais on n’ose pas l’assumer». 

M. Charette a soutenu que son parti avait bel et bien l’intention de faire passer un test des valeurs aux nouveaux arrivants, mais que ce test, parce qu’il s’agit «d’un formulaire», ne sera pas rendu public en campagne électorale.

Cette idée de la CAQ de test des valeurs est connue depuis 2015. Un candidat à l’immigration devrait réussir, au bout de trois années au Québec, un cours portant sur les valeurs québécoises, notamment celles inscrites dans la Charte québécoise des droits et libertés. Le test évaluerait également sa maîtrise du français et sa connaissance de l’histoire du Québec.