Différentes études estiment qu’entre 20 et 30 % des cégépiens et des universitaires présentent des symptômes d’anxiété et de dépression, ce qui les pousse parfois à décrocher.

Les jeunes libéraux veulent des examens moins stressants

EXCLUSIF / Pour contrer le fléau de l’anxiété et de la dépression chez les cégépiens et les universitaires, les jeunes libéraux proposent que les examens deviennent moins stressants, sans pour autant niveler par le bas les apprentissages.

Le Soleil a obtenu l’une des 10 propositions qui feront l’objet de débats à Montréal samedi, lors du Congrès des jeunes libéraux. L’aile jeunesse du Parti libéral du Québec (PLQ) propose que le gouvernement développe une Stratégie nationale de prévention et de lutte contre les problèmes de santé mentale dans les milieux collégiaux et universitaires. 

Cette stratégie devrait mettre de l’avant «des méthodes d’évaluation plus flexibles telles que les examens maison, à livre ouvert, et les travaux avec une date de remise flexible», écrit l’aile jeunesse du PLQ dans sa proposition. 

«La façon dont les examens se passent aujourd’hui, où tu es coupé du monde pendant trois heures pour trouver une solution à un problème, c’est une situation qui dans la vie professionnelle n’existe pratiquement pas», juge Stéphane Stril, président de la Commission jeunesse du PLQ. 

Selon lui, la façon de faire actuelle n’est pas adaptée au marché du travail et est une source inutile d’angoisse et d’anxiété de performance pour plusieurs jeunes. «C’est revenu très fréquemment dans les consultations qu’on a menées», indique M. Stril. 

Les jeunes consultés ne veulent toutefois pas apprendre moins. «Oui à la flexibilité des examens, mais jamais au détriment de la qualité de l’enseignement», ajoute le président des jeunes libéraux. 

Différentes études estiment qu’entre 20 et 30 % des cégépiens et des universitaires présentent des symptômes d’anxiété et de dépression, ce qui les pousse parfois à décrocher. M. Stril croit que ce problème existe depuis longtemps, mais que ceux qui en souffrent ne veulent plus être «stigmatisés» ou voir leur problème «banalisé» aujourd’hui. 

Le fait que les jeunes combinent de plus en plus les études avec l’arrivée de jeunes enfants ou un emploi à temps plein augmente également le niveau de stress. Les jeunes libéraux souhaitent que les professeurs soient davantage outillés pour répondre à la problématique et qu’une équipe itinérante de spécialistes en santé mentale se déplace dans les cégeps et universités d’une même région. 

M. Stril pense à une stratégie pour la santé mentale qui aurait le même modèle que la stratégie visant à combattre les violences à caractère sexuel, mise en place l’an dernier par la ministre de l’Enseignement supérieur Hélène David. 

Bannir les véhicules à essence d’ici 2050

TVA Nouvelles a dévoilé lundi une autre proposition des jeunes libéraux, soit de bannir les véhicules à essence des routes québécoises d’ici 2050, soit dans 32 ans. L’objectif est d’avoir effectué un virage complet vers les véhicules électriques d’ici là et d’atteindre l’objectif de zéro émission nette de carbone. 

Le ministre des Transports André Fortin s’est montré ouvert à cette idée mardi, pour laquelle il dit avoir «beaucoup de respect». «On se donne des objectifs ambitieux à court terme. Eux proposent d’aller à plus long terme et s’ils cherchent un allié là-dedans, je pense qu’ils en ont trouvé un», a-t-il commenté. 

Selon M. Fortin, à la vitesse où les Québécois adoptent des véhicules électriques, «il est possible de faire exactement ce qu’ils veulent». 

L’ensemble des 10 propositions qui seront débattues au Congrès des jeunes libéraux samedi sera dévoilé en conférence de presse mercredi, à Québec.