Marie-Louise Tardif dans son bureau de circonscription de Shawinigan.

Les bureaux de comté presque tous en place

TROIS-RIVIÈRES — Alors que tous les élus de la Mauricie sortent à peine d’une formation offerte aux recrues en politique, la très grande majorité des bureaux de circonscription de la région sont accessibles aux citoyens depuis quelques jours.

Le bureau de comté du ministre Jean Boulet est situé au centre-ville de Trois-Rivières. Le nouveau député de Trois-Rivières récupère le bureau occupé par son prédécesseur, Jean-Denis Girard.

«On est ouvert depuis lundi. On garde le même bureau, car c’est plus simple, c’est bien situé et c’est déjà aménagé pour un bureau de circonscription. Le bureau est une référence pour les citoyens qui ne seront pas dépaysés», mentionne Émilie Vallée, attachée politique et responsable des communications au bureau de Jean Boulet.

Même chose pour Marie-Louise Tardif qui s’est installée dans le bureau de comté accueillant auparavant Pierre Giguère à Shawinigan. C’est d’ailleurs ce bureau qu’occupaient Luc Trudel et Claude Pinard lorsqu’ils étaient en politique active.

«On a le choix de changer de bureau, mais ça occasionne souvent des frais. On garde le même bureau dans un objectif d’efficacité et de contrôle des coûts. On est ouvert depuis le 10 octobre», raconte la députée de Laviolette-Saint-Maurice qui ouvrira lundi son bureau de La Tuque, le même que celui utilisé par Julie Boulet.

L’équipe de Sonia LeBel répond au téléphone et accueille les citoyens sur la rue Saint-Laurent, dans le secteur Cap-de-la-Madeleine, dans le bureau de l’ex-député Pierre Michel Auger. Toutefois, il est fort probable que ce séjour soit temporaire: l’équipe reluque un local situé plus près de l’autoroute 40, dans le secteur Cap-de-la-Madeleine, afin de faciliter l’accès aux citoyens de la circonscription qui viennent maintenant d’un peu plus au nord.

Seul Simon Allaire n’a pas encore de bureau, car ce dernier sera dans un immeuble en construction. L’ouverture devrait se faire vers le début du mois de décembre, mais le député de Maskinongé assure que les citoyens peuvent le joindre facilement.

«Je voulais un nouveau local, mais on est opérationnel quand même, explique M. Allaire. Les gens me contactent par Facebook ou en appelant au numéro de l’Assemblée nationale.»

L’ouverture des bureaux de comté se fait en même temps que les nouveaux politiciens apprennent leur métier. Et ils sont nombreux. Sur les 125 circonscriptions québécoises, 67 sont désormais représentées par un élu qui en est à ses premières armes en politique provinciale. Cela représente 53,6 % de l’ensemble de la représentation québécoise.

L’Assemblée nationale a différents programmes de soutien aux députés pour les aider à démarrer leur carrière politique. Autant pour gérer du personnel politique que pour obtenir un téléphone cellulaire, chaque député doit suivre plusieurs règles.

À l’instar des autres nouveaux députés, M. Allaire revient d’une séance de formation à l’Assemblée nationale qui a été offerte en début de semaine. Le député caquiste de Maskinongé était ravi du degré de précision et d’efficacité de la formation.

«On a eu de la formation sur le fonctionnement du Salon bleu: les procédures, le rôle du président et du secrétaire général. Un bloc de formation portait sur l’aspect administratif: mon salaire, les allocations du député, la gestion du bureau de comté. Et nous avons eu une formation entourant tout l’aspect de la sécurité reliée à l’informatique. On nous a remis nos téléphones, tablettes et ordinateurs. On a parlé de codes d’accès. Ça m’a vraiment impressionné, car la formation est rodée au quart de tour.»

Qualifiant la formation de «cours de politique 101 accéléré», Marie-Louise Tardif a été enchantée par l’empressement du personnel de l’Assemblée nationale à répondre aux besoins des députés et par leur qualité d’accueil.

«La première fois que tu arrives là, tu te fais accueillir en te faisant appeler par ton nom. Les gens connaissent ta circonscription. Ça donne un sentiment d’appartenance tout de suite et c’est ce que l’Assemblée nationale veut créer», raconte Mme Tardif, soulignant la qualité de cette formation.

Les députés pouvaient engager des sommes uniquement à partir du 10 octobre. C’est à cette date que la liste des candidats proclamés élus a été reçue par l’Assemblée nationale. De plus, les députés sortants avaient jusqu’au 16 octobre pour vider leur bureau de comté. Les services administratifs récupèrent les équipements informatiques pour ensuite les remplacer.

Cette étape peut s’échelonner sur quelques semaines. C’est sans compter tout le remue-ménage à l’intérieur du Parlement. Étant donné que le bureau de chaque élu est situé à un étage réservé soit au parti qui forme le gouvernement ou à ceux dans l’opposition, il y a de l’action dans les corridors de l’édifice gouvernemental.

Plus de 40 ans

Avec Julie Boulet (2001-2018) et Jean-Pierre Jolivet (1976-2001), la région a longtemps misé sur au moins un député sortant qui se faisait réélire sans interruption. Il faut d’ailleurs remonter jusqu’à l’élection de novembre 1976 pour assister à la réélection d’au moins un député sortant en Mauricie lors d’un scrutin. Yvon Picotte avait été élu dans Maskinongé en octobre 1973 et avait résisté de justesse à la vague péquiste de novembre 1976 pour se faire réélire sans interruption jusqu’à son départ en 1994.

La dernière grande vague de députés sans expérience en politique provinciale a été observée en 1976. Quelque 79 députés amorçaient leur carrière lorsque René Lévesque a été élu à la tête du Québec.