Personnage polarisant depuis sa période comme conseiller municipal à Toronto, Doug Ford (à gauche) a été salué par ses partisans comme un défenseur des restrictions budgétaires axées sur le respect de ses promesses et condamné par ses opposants comme un autocrate régressif disposé à ignorer les processus démocratiques pour faire avancer son programme.

Les 100 premiers jours de Doug Ford

TORONTO — Doug Ford a souligné ses 100 premiers jours en tant que premier ministre de l'Ontario avec un rassemblement au coeur de la soi-disant nation Ford, dans le secteur ouest de Toronto, où lui et sa famille se sont mis à la politique.

«Il y a plus de cent jours, nous avions promis de rétablir la responsabilité et la confiance envers le gouvernement», a déclaré le premier ministre à une foule enthousiaste, mardi soir. «Et je suis fier de dire que nous avons livré (nos promesses)», a-t-il ajouté.

Résumant les réalisations de son gouvernement, M. Ford a vanté l'annulation du programme de contrôle des émissions automobiles Drive Clean et de plusieurs projets d'énergie solaire et éolienne, ainsi que l'introduction du «buck-a-beer» (la bière à un dollar).

Rien de tout cela n'aurait été possible sans les électeurs, a-t-il déclaré.

«Nous avons une excellente équipe, une équipe d'étoiles, à Queen's Park», a-t-il affirmé. «Mais nous avons une équipe encore meilleure à l'extérieur de Queen's Park, et ce sont des gens comme vous - des milliers de personnes dans la province qui nous soutiennent.»

M. Ford, qui a officiellement pris les rênes le 30 juin après avoir promis de réduire le gaspillage au gouvernement sans supprimer des emplois ou des services, était l'hôte de l'événement au Woodbine Banquet Hall de sa circonscription, Etobicoke-North.

«Nous célébrons nos 100 jours au pouvoir... 100 jours formidables, nous en avons beaucoup d'autres à venir», a affirmé le premier ministre dans une vidéo publiée sur Twitter afin de promouvoir l'événement.

En processus accéléré

Personnage polarisant depuis sa période comme conseiller municipal à Toronto, M. Ford a été salué par ses partisans comme un défenseur des restrictions budgétaires axées sur le respect de ses promesses et condamné par ses opposants comme un autocrate régressif disposé à ignorer les processus démocratiques pour faire avancer son programme.

«Nous avons vu le gouvernement prendre des décisions assez sérieuses, je pense, qui ont fait reculer notre province», a déclaré la chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) Andrea Horwath la semaine dernière en évaluant les premiers mois du mandat de M. Ford.

Au cours de cette période, M. Ford a concrétisé ou pris des mesures en vue de réaliser plusieurs de ses engagements de campagne clés, convoquant la législature pour une rare séance d'été - et dans un cas, un débat de nuit - afin de faire avancer ses projets.

Ses premières démarches comprenaient le démantèlement de politiques majeures adoptées par le gouvernement libéral précédent, telles qu'un programme d'éducation sexuelle modernisé et le système de plafonnement et d'échange des droits d'émissions de gaz à effet de serre de la province.

Les deux décisions ont suscité de vives oppositions et ont engendré des contestations toujours en cours devant les tribunaux, des détracteurs affirmant que le gouvernement piétine les droits des Ontariens.

Entre-temps, le gouvernement ontarien a lancé sa propre bataille juridique contre le gouvernement fédéral à propos du plan d'Ottawa visant à imposer une tarification du carbone aux provinces qui n'ont pas leur propre système d'ici l'an prochain. M. Ford a recueilli des appuis à sa cause d'autres provinces, s'alliant parfois avec l'opposition plutôt qu'avec le premier ministre en place.

Le premier ministre a récemment annoncé qu'il honorerait sa promesse de mettre fin à l'augmentation prévue du salaire minimum, puis a déclaré qu'il abandonnerait toute la législation qui combinait l'augmentation des salaires avec un certain nombre d'autres réformes du travail, telles que les congés de maladie payés.

M. Ford a également tenu sa promesse électorale de réexaminer les dépenses du gouvernement, instaurant une commission d'enquête qui a conclu que la province faisait face à un déficit de 15 milliards $. Des détracteurs, y compris les partis d'opposition et des groupes de travailleurs, estiment que ce geste de l'administration Ford ouvrira la voie à des compressions.

Cependant, certaines des premières actions du premier ministre ne faisaient pas partie de ses promesses électorales.

Au premier chef, son projet controversé de réduire le conseil municipal de Toronto de 25 à 47 membres à l'approche d'une campagne électorale municipale a sidéré les politiciens et les électeurs, et a suscité une contestation judiciaire ayant initialement déterminé que la loi était inconstitutionnelle.